La paix signée à Cateau-Gambrésis en avril
4. Cercamp-snr-Cancbe, abbaye de Bernardins, près de Frètent (Pas -de-Calais) .
5. Tout ce qui suit jusqu^à la fin de Falinéa a été bifle sui* le ms. 3262 et remplacé par cette phrase : « Je inVn rapporte à tant
Flandre par les moyens du prince d'Orange et du conte Ludovic son frère', advant le massacre de la Sainct Bartliellemy, et puis amprès aussi lors que Ton donna deux cent mîirescus au seigneur conte Ludovic de Nanzau par la distribution et les mains du mareschal de Raiz, qui en retint cinquante mille pour luy, pour faire sa barbe, et n'en donna que cent cinquante mille; qui fut cause de la mort et perte dudict pauvre conte, qui fut grand dommage, car c'estoit un vaillant et généreux prince; puis par les hautes menées et exécutions de feu M. d'Âllançon, qui prindrent terriblement fœu celles là, mais pourtant comm' un fœu de paille furent aussi tost évaporées, pour de grandes fautes que j'espère de dire un joiu*. Quelz attentatz se sont faictz sur Gênes, il y a dix ans', lors qu'elle estoit en révolte, et combien y fit de voyages et de tours Fregouse'! De sorte qu'il ne tint qu'à peu, et non à mauvaise voulon té de nous autres, qu'elle ne fust françoise, non pas Gènes seulement, mais Naples et plusieurs autres places de l'Italie qui estoient prestes à branler et se révolter, voire la pluspart des potentatz, par nostre solicita tion et manigances sourdes. Mais à tout il y fut pourveu sagement par la grand' providence
d'entreprises qui se sont faictes sur la France, desquelles je pois bien sçavoir quelqu'une , le tout s^estant tramé du règne du roy Charles JX et du roy Henry IIL >
i . Voyez plus loin les notices qui leur sont consacrées.
2. fantôme, qui a écrit cette notice à trois ou quatre époques, sans prendre la peine de changer les dates qu'il avait mises d'abord , veut probablement parler ici des troubles qui éclatèrent à Gènes en 1îi74«
3».Galeas Frém^y comte de Muret, qui servit en France sous Cha^fc IX et H^ III.
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de ce^and roy, lequel pourtant ne s'en esmeut autrement à nous vouloir faire la guerre, ençpr qu'on luy en eust donné assez d'occasions. J'en peux bien sçavoir quelques choses, estans venues tant du roy Charles neufviesme que du roy Henry troisiesme.
Sur quoy je fairay un petit conte, par forme de digression : qu'un peu devant les tujnultes de Flandres, le conte d'Aiguemont*, les prévoyant, prit la poste et s'en alla en Espaigne trouver le roy son maistre pour luy annoncer les orages et tempestes qu'il en voyoit Venir*. Il passa à Paris, où il se tint un conseil estroit de luy et de deux grandz personnages françoisque je ne nommeray point, fors un qui estoit huguenot, M. l'admirai. L'autre • n'estoit pas de ceste religion (ce disoit-il) ; mais il les favorisoit du tout souhz maîa, ne s'osant déclarer manifestement, par plusieurs raisons que je dirois l)ien. Ces trois firent là un bon symboUe, et y taillarent bien de la ]>esoigne, que l'on a bien sceu despuis et veu esclore aucunes, et le tout tendant la plus grande part à rompre la paix entre la France et l'Espaigne. Tant y a que le dict d'Aiguemont, après ceste belle consultation , s'en alla en Espaigne , où il fust bien venu et receu de son maistre, auquel il anonça tout ce qui estoit advenu en Flandres et ce qui devoit advenir, comme prophette, ou plus-
i . Egmont. Voyez sa Vie plus loin.
2. Il arriva à Madrid au commencement de mars 156Si. Voyes Strada, livre IV.
3. C'est probablement le connétable Anne de Montmorency que Brantôme associe à cet incroyable projet d'alliance entre Philippe II et les Huguenots. Il n'est guère besoin de dire qa^l n'a sans doute fait ici que l'ecueiilir quelques propos de cour«
DOM PHILLIPE, ROY D ESPAIONE. VJ
lost comme principal conseiller et négociateur de tout. Le roy ^'Espaigne trouva ces évènemens fort estranges, et demanda audict conte les remèdes et son ad\ds pour y pourvoir ; qui luy fit responce qu'il n'en scavoit de plus propre que de faire la guerre en France comm' auparadvanty et que jamais il n'y fit plus beau ny bon, et que desjà il luy promettoit plusieurs villes aux frontières, aussi seures que s'il les tenoit en la main ; car il avoit parlé à ses deux marcbans qui luy aydoient à la li\Taison en partie de la marchandise. Ce qu'entendant, le roy d'Espaigne le renvoya bien loing et lui disct : Conde^ no me hablays mas destOy porque yo quiero mas presto perde r la Flandes que de quebrantar tan vellacamente la fe dada, de mi al rey christianOj mi querido hermanojr tan moço. « Conte, ne me parlez plus de cela; car j'aymerois mieux perdre toute la Flandre que de rompre si villainement la foy que j'ay donnée au roy très chrestien, mon bon frère, et tant jemie qu'il est. »
Jamais ce grand prince ne refTusa marché que celuy là. Cas estrangel En telle responce donc si magnanime du roy d'(£spaigne pouvons-nous recognoistre s'il nous a esté si cruel ennemy comme l'on a tant crié en France par la bouche et la voix de plusieurs, non de tous. Et si l'on me met au devant pourquoy il a tant entretenu de pensionnaires en France, et donné pensions, je le croy et l'advoue, et en nommerois plusieurs et des »plus hautz hupez, si je voulois; mais il les faut blasmer ceux là, car il n'appartient à aucun subject, sans congé du prince,4)rendre pension d'un estranger. Mais il faut louer le roy d'Espaigne ; car ce n'a jamais estp à mauvaise intention qu'il «itretenoit ses pensionnaires, pour
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^ liiy ayder à faire la guerre contre leur maistre, mais pour luy persuader tousjours à ne la faire point et le tenir en ceste bonne hiuneur de paix. En quoy certes telz conseillers ont bien faict et sont à louer, si ce n'est qu*ilz n'en dévoient tirer d'argent pour si sainct office, et que la loy le defiend comme j'ay dict.
U'auciuis, plus remuans et plus passionnez, pourtant ont tenu qu'il eust mieux vallu faire ceste guerre que la nostre civille : je m'en raporte de cela aux meilleurs discoureurs. Possible, y eussions-nous gaigné, possible non : tesmoingt ceste dernière guerre déclarée contre luy, dont on maudist en France ses conseillers; car nous y avions perdu Cambray, Callays, Ardres, Dorlan, Le Castellet, La Cappelle et Amians, et en eussions bien perdu d'autres sans sa mort et sans la paix*.
Cecy ne faict rien à nostre propos pour ast' heure, encor que j'en aurois grand envie d'en parler ; ce sera un' autre fois.
Mais' pour tourner encor aux tentations que l'on a donné au roy d'Espaigne de nous tourmenter et nous persécuter en guerre, quelle charge de conscience est-ce à la France, après la victoire de ceste tant fameuse battaille d'Elepantho, que le Turc n'en pouvoit plus et ne bat toit que d'un' aesle et prest à perdre
i. Le ms. ^694 (f"* 89-90) portait d'abord et en perdrons bien ttautresy ce qui indique que ce passage avait été écrit pendant la guerre déclarée à l'Espagne par Henri IV, le 17 janvier 4595, et terminée par la paix de Vervins, le 1 mai 1598^ plus dét quatre mois avant la mort de Philippe II (13 septenabre).
2. Les quarante-neuf lignes qui suivent jusqu'à (p. 89^ ligne 5). • De f puis la paix faicie^ sont biffées dans le ms. 3262.
Constaiitinople, aller rompre le cours de cesie victoire* par le voyage qui se fit en Flandres, où fut pris Montz et Valanciennes par M. le comte Ludovic, M. de La Noue, Genlys, Le Poyet, Rouvray et Villandray', avecques un' infinité d'autres honnestes et vaillans hommes; et puis par nostre embarquement que nous estions prestz à faire de Brouage sans la Sainct-Barthélemy, où nous y menions douze mill' hommes de guerre des bons de la France? Il ne faut doubter, sans ces deux empeschemens et allarmes, que le Turc n'eust perdu la plus grand part des terres et isles du Levant. Et pourtant le roy d'Espaigne se tint coy, et ne voulut rendre la pareille, car il ne manquoit nullement de moyens. Je ne veux point parler des traverses que nous luy avons faict vers le Portugal, vers la Tercère, Sainct-Michel et autres lieux, et de terre et sur mer de par delà ; car, pour en parler sainement, nous avions tous les droictz du monde de le traverser de ce costé là, d'autant que ledict royaiune de juste droict appartenoit à la reyne mère de nostre roy',
i . Voyez Tarticle de don Jaan d'Aatriche.
2. François de La Noue, dit Bras-de-fer^ célèbre capitaine cal* vinîste, né près de Nantes en 1531, blessé morteliement au siège de Lamballe et mort à Moncontour le 4 août 1591 . Brantôme en parle longuement ailleurs. — Jean d*B[angest, seigneur de Genlis, mort en prison à Anvers, en 1572. — Poyet, capitaine huguenot, qui s'empara le 13 octobre 1573 de Sainte-Gertrude. —Rouvray, autre capitaine huguenot, sur lequel on peut consulter d'Aubigné, tome I, col. 219, 408, 459. de Tédit. de 1626. — Villandray est probablement ce Villandry qui faillit payer de sa vie une plaisanterie fort indécente à Tégard de Charles IX. Voyez d'Aubigné, îbid., année 157), tome II, col. 528.
3. Catherine de Médicis, qui prétendait avoir des droits sur le irone de Portugal, les avait cédés à dom Antonio, prieur de Crato»
dont ailleurs nous en parlerons. En ceste querelle, ce roy 8*est si bien deffendu, qu'il nous a battuàlaroutte de M. d'Estrozze, et chassé de ce que nous avions pris en ces parts de delà, et s'est rendu paisible roy de Portugal sans venir nullement sur le nostre. Il est vray qu'on dira qu a la fin il a fort favorisé la Ligue : je le croy ; car on l'avoit tant picqué et picotté, qu a la fin il fallut bien qu'il ruast, estant si sensible et généreux qu'il estoit; encorne se désempara-il jamais de l'amitié de nostre roy. M. Forget* y envoyé (aujourd'huy secrettaire des commandemens et grand homme d'estat) le sçait bien, et M. de l'Onglée', agent vers le roi d'Espaigne pour lors, et s'y tenoit tousjours près de luy comme son ambassadeur, sur la fin, n'advouant jamais qu'il soubstint la Ligue contre luy sinon pour faire la guerre à ceux de la religion, et l'exterminer pour remettre la cathoUique romaine en son entier, comme eir avoit esté d'autres fois; aussi qu'il est fort dévot et bien zellé à sa religion, sans aucune faiotise, ne cou-
au secours duquel elle envoya une expédition aux Açores (1582), où fut battu et périt Philippe Strozzi^ et qui se termina par la capitulation des Français enfermés dans l'île de Tercère, le 4 août
i. Pierre Forget, seigneur de Fresnes, intenclant général des bâtiments de la couronne, mort en 1610.
2. Dans la liste des chevaliers de Malte, du prieuré d'Aquitaine, figurent Antoine et Guillaume de la Motte-Longlée , reçus chevaliers Tun en 1556, l'autre en 1560. Peut-être l'un des deux est-il celui que mentionne Brantôme et dont j'ignore. le prénom; je puis dire seulement que de 1583 ai 587, et peut être avant ou après, il fut c résident en Espagne pour le service du roi. > On trouve la copie de plusieurs lettres à lui adressées» à ces dates, par Henri in et Catherine de Médicis dans le manuscrit 3321 du fonds français à la Bibliothèque impériale, ^ 117 à 126.
vrant ses ambitions soubz le voyle de religion ou piété, comme faisoit Ferdinand, son bon prédécesseur, roy d'Axragon, comme j'ay dict cy devant*; mais il a tout • faict pour l'amour de Dieu, n'ayant despuis la paix faicte en France*, jamais laissé couller une seulle année qu'il n'aye faict un armement, soit par mer ou par terre, contre les Turcz et infidelles, ou fust pour faire quelque belle journée, qu'ilz suppellent Jornada , qui se prend non tant seullement pour quelque battaille que pour quelque siège, entreprise, ou autre expédiction grande et signallée, comme sont estez le voyage et bataille des Gerbes, les guerres d'Orân ', le voyage et prise de Belys et Pignon de Belys, où j'eus cet honneur^ de m'y trouver, les deux secours de Malte, faictz et arrivez à propos, la guerre contre les Mores en Grenade', et battaille gaignée, et eux subjuguez et chassez du tout, ceste mémorable et incomparable journée d'Elepantho^ le voyage de la Goullette et sa perte, mais ce n'a esté sa faute ; bref, force autre armemens de mer, pour aller en cours et pour nettoyer les mers, où il se faisoit toujours de fort beaux actes et grandes prises et grandz services pour la chrestienté ; car c'estoit chose infaillible cpi'à tous les printemps, en Itallie et en Espaigne, comme j'ay