‹ Œuvre complètesChapitre 55 sur 267 · De 1568 à · texte numérisé non relu

De 1568 à

84 w GRANDS CAPITAINES ESTRANGERS.

veu, on y voyoit tousjours battre le tabourin pour y amasser gens, tousjours remuer et embarquer gens de guerre contre ie Turc, sinon despuis huict ou neuf ans, que, se voyant M. d*Alancon sur ses bras fort rudement, il fut contrainctde faire latrefve avec le Grand- Seigneur^, qui luy couste bon, car il n'y a année qu'il n'en donne de pention à la Porte du Grand-Seigneur, aux vigiers, aux baschas et autres, plus de huict à neuf cens miir escus, comme je tiens de bon lieu.

[Voylà" comment, à son très grand regret, il a esté contrainct de composer avec les infidelles, ayant ceste bonne obligation à toute la chrestienté, à ceux de Flandres*, vers lesquelz il luy a fallu tourner ses armes, qu'il a mené l'espace de vingt cinq ans ou plus, ordinairement et sans relasche, desquelz longtemps a qu'il en eust eu la totalle raison sans les menées de la France et d'Angleterre, encor que ceste guerre luy a espuisé ses thrésors plus que toutes les guerres qu'il a faict contre les infidelles et autres, et surtout] ceste grand' armée qu'il dressa il y a deux ans* contre l'Angleterre, qui a esté la plus belle que l'on aye veu de longtemps en ceste grand mer Océane de deçà ; et ce, pour tirer de captivité ceste pauvre royned'Escosse', de

i . Elle tut signée pour un an en 1 S82 et renouvelée trois fois pour le même laps de temps; en 1587, elle fut conclue pour deux ans.

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