‹ Œuvre complètesChapitre 64 sur 267 · DOM CHARLES, PRINCE DESPAIGNE · texte numérisé non relu

DOM CHARLES, PRINCE DESPAIGNE

soit par injustice, soit par intollérance de suppérieur^ comme Ton dict y ou par les mauvais advis et persuasion des serviteurs que Ton tient près de soy; et «s'il vous plaisty disoit-il, si les Napolitains de tout « temps sont estez subjectz aux mutations et rebel- « lions, que ne feroyenl-ilz avec luy? De plus, il s'en ff ayderoit des moyens et richesses qui sont là , et sur « tout de ses gallères , qui luy viendroient faire la « guerre jusques dans toute FEspaigne ; car qui est le « plus fort sur la mer vers l'Italie, il est quasi maistre tf d'Espaigncf mesmes qu'il s'accosteroit plustot des w forces et gallères d'Alger et du Levant plustot qu'il a ne fist tous les maux du monde à luy et en tous ses tf pays. » Pour le regard de l'envoyer à Oran , aussitost il fairoit confédération avec les roys de Faix^ de Marocque , et de tous les Mores , pour entrer en Espaigne et la ravager aussi bien que jamais firent les Sarrazins. Parquoy il conclud sur ses raisons que le meilleur estoit le faire mourir ; dont un matin on le trouva en la prison estouffé d'un linge, non, dict-on, sans atvoir advant desbagoulé contre son père mill' injures et exécrations, mallédictions et villainies, lorsqu'on luy anonça sa mort , et l'avoir adjoumé devant Dieu à y comparestre un jour pour sa cruauté.

Ceux qui l'ont veu et cogneu disent qu'il estoit fort natre', estrange, et qui avoit plusieurs humeurs bigarrées*. Il se faschoitfort de demeurer oysif en Espaigne, et mesmes quand il ouyst parler le conte d'Aigue-

i . Fa/x, Fez.

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