DOM CHARLES, PRINCE D'ESPAIGNE
fust faict accroyre , et qu'il eust mis le père en curatelle. Aucuns l'ont soupçonne de la religion, tant de Luther que de Calvin y et qu'il s'entendoit avec les protestansy qui luy promettoient l'Empire et les Pays- Bas^ car il avoit de l'ambition tout ce qu'il luy falloit. Le père , très habile prince , le prévint par le moyen de Ruy Gomez, qui lui rëvéloit tout; en quoy il* fut très digne de louange, et point ingrat à l'cnclroict de son premier maistre, qui estoit le roy d'Espaigne.
Je me suis laisse dire qu'il s'estoit faict un livre en Espàigne (voire imprimé) de ses natrettez, bizarreries, de ses traictz et humeurs , là où il y en a de toutes façons, et de quoy à passer le temps en les lisant. Il avoit eu pour précepteur M. BossulusV François, qu'on a veu despuis en France, l'un des sçavans et bien disans de son temps , et qui parloit aussi elloquamment plusieurs langues; de meschante vie pourtant, dont il luy en pouvoyt faire de bonnes leçons.
On dict aussi que luy s'estant descouvert de quelque chose d'importance à dom Juan , qu'il' le révéla au roy d'Espaigne, dont il* l'en ayma d'advantage tous*