‹ Œuvre complètesChapitre 74 sur 267 · Dop Louis de Zuniga et de Requesens. \6yez 1. 1, p. Ii · texte numérisé non relu

Dop Louis de Zuniga et de Requesens. \6yez 1. 1, p. Ii

du jour se trouve en pleine mer; la chrestienne, faisant grand force contre le vent qui estoit contraire, de mesmes apparoist à ]a poincte du jour. La turquesque venoit à pleine voille, ayant le vent en poupe. Soudain' dom Jouan fit mettre toute son armée en battaille le plus tost qu'il peut, et la rangea en quatre battailles ou bandes : Tune estoit de la main droicte, menée par le seigneur Jehan André Doria, avec cinquante gallères et deux grandes galléasses : à la gauche, estoit conduicte l'autre par le seigneur Justinian Barbarico, général des gallères vénitiennes, avec cinquante gallères aussi et deux galléasses ; et au milieu des deux, dom Juan mit toute sa battaille, qui estoit de soixante-dix gallères, et à son arrière-garde venoit le marquis de Sancta-Crux, avec trente gallères et deux galléasses, à la teste de la battaille'; ainsi en ce bel ordre marcha en grand braverie vers lennemy. Estant encor à quatre milles loing, il fit tirer une canonnade à Tennemy par bravade* et comm' à coup perdu, comme luy faisant signe par là qu'il estoit préparé à la battaille, .et alloit droict à luy, et luy monstroyt de quoy ; et outre fît monter le caro à Tarbre*, et la

i . La plus grande |)artie de ce qui suit, jusqu'à l'alinéa commençant par VOuchaly donna grand peiae aux nostreSy (p. H 7) est tiré textuellement de V Autre véritable discours,

2. La relation ajoute : « Et deux autres à sa corne gauche, et en ce bel ordre....

3. « L'amiral turc interrompit le silence par un coup de canon à poudre, comme salut et invitation au commandant des confédérés de le reconnaître de la même manière. Don Juan répondit par un boulet de gros calibre. » De Hammer, traduction Dochez, liv. XXXVI.

4. Le caro ou carreau y pavillon carré que Ton arborait à Farbre (au mki) de la galère qui portait ramiral.

flamme a la peoo*, tous signalz de battaille. Et voyant . toute son armée en si bel ordre, descendict en une frégatte, et alla par toute l'armée, visitant et animant un chascun à bien faire et à mettre toute son espérance en Dieu, monstrant un crucifBx qu'il avoit en la main (ce disent aucuns), qui favoriseroit leur bonne cause , prononçant ces parolles de si bonne et généreuse grâce qu'il n'y avoit nul qui ne l'admirast de sa résolution et courage , et qui ne se confbrmast du tout en luy , et ne luy monstrast un visage très assuré, et envie très grande de bien combattre. Soudain après cela s'en retourna en sa réalle ; car les armées (celle du Turc estant en un très bel ordre de croissant) s'approchoient de voilles et de rames les unes des autres. A son costé droict estoit, tout contre sa réalle, la généralle du pape, sur laquelle estoit M. Anthoine Collonmo, lieutenant de Sa Saincteté, et à son costé la capitainesse de Savoye, commandée pai* M. de ligny*, un fort honneste et brave seigneur, digne de sa charge, que j'avois veu à Malte, et qui m'offrit beaucoup de courtoisie, par le commandement que luy en avoit faict madame de Savoye'; et dans ceste gallère de Savoye estoit le duc d'Urbin*. De son costé gauche estoit la généralle des Vénitiens , et à son costé estoit la capitainesse de Gênes , en laquelle estoit le prince de Parme*. Les deux dernières, qui

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