DE L'ATTENTION
■41. En nous occupant des perceptions acquises de la vue , nous avons remarqué qu'une suite de pensées pouvait traverser l'esprit sans laisser aucune trace dans la mémoire , et plusieurs faits prouvent que les organes de nos sens peuvent être affectés d'impressions aussitôt oubliées qu'éprouvées. On attribue , dans de pareils cas , ce défaut de mémoire
à un manque d'attention ; en sorte que c'est un principe qui semble suffisamment établi par l'expérience commune , qu'un certain acte de l'esprit est nécessaire pour fixer dans la mémoire les pensées et les impressions dont nous avons conscience. Cet acte est une de nos opérations intellectuelles les plus simples ; et cependant ceux qui ont écrit sur les matières psychologiques en ont à peine tenu compte. -42. Ce fait général étant induit de faits particuliers , et par-là même établi d'une manière certaine , nous avons le droit, d'après les règles d'une saine philosophie , de nous en servir comme d'un principe pour l'explication d'autres phénomènes. Il en est beaucoup et de fort curieux que l'on rapporte à d'autres causes , et qui se résolvent dans ce principe avec autant de facilité que d'évidence.
SECTION IV