‹ Œuvre de Stewart DugaldChapitre 31 sur 68 · III. Du désir d'estime · texte numérisé non relu

III. Du désir d'estime

126. Ce principe se manifeste de bonne heure chez les enfants : long-temps avant qu'ils aient pu réfléchir aux avantages de la bonne opinion des autres , et même avant qu'ils aient acquis l'usage de la parole on les voit sensiblement mortifiés par la moindre marque de négligence ou de mépris. Le désir d'estime semble donc être un principe primitif de notre nature , ou , en d'autres termes , un de ces principes qui ne peuvent se résoudre ni dans la raison, ni dans l'expérience , ni dans aucun autre fait plus général qu'eux. La puissante influence qu'il exerce sur l'aine vient à l'appui de cette induction : influence si énergique , qu'aucun autre principe actif ne peut la balancer. Même l'amour de la vie cède tous les jours au désir de l'estime , et d'une estime qui , ne s'attachant qu'à notre mémoire , ne

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peut exciter en nous aucune considération intéressée. Il est difficile de concevoir comment l'association des idées pourrait former par-delà les principes de notre constitution un principe secondaire plus fort qu'eux tous sans exception.

127. De même que la faim et la soif, sans être intéressées , sont cependant immédiatement utiles à notre conservation , de même le désir d'estime , sans être un principe social ou bienveillant , contribue cependant d'une manière directe au bonheur de la société.

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