‹ Œuvre de Stewart DugaldChapitre 50 sur 68 · Après le coup d'oeil que nous venons de · texte numérisé non relu

Après le coup d'oeil que nous venons de

jeter sur les principes de la religion naturelle , nous n'avons pas à nous étendre beaucoup sur les devoirs envers Dieu. Comme créatures raisonnables et morales , capables de reconnaître l'existence d'une cause toute -puissante, et d'éprouver pour elle des sentiments de dévotion, ce nous est un devoir d'appliquer nos facultés à l'étude de la sagesse , du pouvoir et de la bonté qu'il a déployés avec tant d'évidence dans ses ouvrages : et l'accomplissement de ce premier devoir nous conduit à tous les autres , et développe en nous le sentiment de l'obligation religieuse. Ceux qui nourrissent des idées justes sur ce sujet, le plus important de tous , admettront comme des propositions évidentes par elles-mêmes , les conséquences pratiques suivantes , qui comprennent quelques-uns des principaux effets , produits par la religion sur notre conduite.

339. Premièrement , si Dieu possède une excellence morale infinie , nous devons sentir pour lui , à un degré infini, toutes ces affections d'amour , de reconnaissance et de confiance qu'excite en nous le mérite imparfait de nos semblables ; car nous ne pouvons nous former quelque faible notion de la nature divine qu'en élevant à la plus haute perfection tout ce qu'il y a de bienveillant et d'aimable dans l'homme. On peut donc considérer avec raison comme le premier élément de la moralité , le soin d'entretenir en tious pour l'Être suprême un amour et un respect habituels. Et la vertu d'un homme dont l'aine est

étrangère à ces sentiments de piété , n'est ni complète, ni surtout conséquente à elle-même.

340. Secondement , bien qu'on ne puisse avec vérité considérer la religion comme l'unique fondement de la moralité , cependant , lorsque nous sommes convaincus que Dieu est infiniment bon , et qu'il est l'ami, le protecteur de la vertu, nous trouvons dans cette croyance les plus puissants encouragements àla pratique de toutes les parties du devoir. Elle nous conduit à regarder la conscience comme le vicaire de Dieu , et à considérer ses suggestions comme les commandements de cet Etre dont nous avons reçu l'existence , et dont le grand objet , dans le gouvernement du monde , est de conduire toute la création à la perfection et au bonheur.

341. Troisièmement, la considération de notre bonheur après cette vie ( considération qui constitue , comme nous le verrons plus tard, une obligation morale) doit concourir avec les motifs dont nous avons déjà parlé , à déterminer en nous les vertueuses résolutions. Les perceptions morales , que nous tenons de Dieu , et plus particulièrement le sentiment de mérite et de démérite, peuvent être régardés comme des indications claires de récompenses et de punitions futures, tenues en réserve par sa justice , et qu'il ne manquera point de départir en temps convenable. La religion est donc une espèce de loi souveraine confirmée par les plus imposantes sanctions , et qui enveloppe dans sa dépendance nos pensées comme

nos actions. Chez les hommes des classes inférieures, incapables de spéculations abstraites , et dont les sentiments moraux ne peuvent avoir reçu beaucoup de culture , il est certain que , si quelque chose garantit de leur part l'accomplissement des devoirs sociaux, c'est avant tout cette perspective religieuse qui intéresse leurs craintes et leurs espérances.

342. Ajoutons enfin que le sentiment religieux, lorsqu'il est sincère , entraîne nécessairement après soi une résignation complète à la volonté de Dieu : il nous apprend , en effet , que tous les événements , quelque affligeants qu'ils puissent être, ont une fin que nous sommes incapables de concevoir mais qui est bonne , et qu'ils contribueront sans aucun doute à la perfection et au bonheur de notre nature.

SECTION II

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