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C. Cavodr. — De Yillamarima

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trois ou quatre projets...; mais aucun n'est praticable sans poser le casas bellL., » — Et encore : « Je ne puis entrer ici dans beaucoup de détails; mais je vous assure que je n'ai pas à me plaindre de l'empereur. La France voulait la paix : il a dû la faire, et invoquer pour cela le concours de l'Autriche. [1 ne pouvait donc pas traiter cette puissance en ennemie, et même, jusqu'à un certain point, il était obligé de la traiter en alliée. En cet état de choses, il ne pouvait pas employer les menaces dans la question italienne : les exhortations étaient seules possibles. Elles ont été faites-, elles n'ont abouti à rien. Le comte Buol a été inébranlable dans les grandes comme dans les petites choses. Cette ténacité, qui tourne au malheur de l'Italie pour le moment, lui sera avantageuse plus tard... »

A son départ pour Turin , le comte de Cavour laissait le comte Buol « épouvanté des manifestations de l'opinion en notre faveur ; » lord Clarendon et le comte Orloff avaient dit en propres termes que l'état de l'Italie était intolérable, et il n'y avait pas jusqu'aux plénipotentiaires prussiens qui n'eussent dit du mal de l'Autriche. La diplomatie avait échoué devant l'obstination de l'Autriche à poursuivre son système d'oppression et de violence en Italie; mais il nous restait la ressource d'un effort suprême à main armée.

Le 7 mai , à la Chambre, le député Buffa adressa au président du Conseil des interpellations sur ce qu'il avait fait à Paris pour l'Italie. 11 demanda des éclaircissements sur le traité de Paris, et particulièrement sur ce qui s'était passé dans la conférence du 8 avril. Il exprima l'espoir que les reproches adressés par le comte Walewski à la presse de Belgique n'avaient pas été étendus à la presse piémontaise; enfin il témoigna le désir de connaître l'opinion du congrès sur les usurpations de l'Autriche, et particulièrement sur les fortifications de Plaisance. Après la réponse du comte de Cavour, que nous reproduisons, M. Buffa reprit la parole pour le remercier d'avoir défendu hautement la cause de

l'Italie devant les grandes puissances, de n'avoir pas amoindri les questions et suivi une politique égoïste en insistant pour des compensations territoriales, et il finit en faisant ressortir le contraste que présentait Tagitalion, l'état de trouble des provinces italiennes possédées ou occupées par TAutriche, en regard de la prospérité et de la tranquillité dont

N jouissait le Piémont.

Les deux champions ordinaires des fractions extrêmes de la Chambre, M..Solaro délia Margarita et M. Brofferio, furent naturellement d'un avis diamétralement opposé à celui de M. Buffa. Quoique s'inspirant de principes contraires, ils tombèrent d'accord pour déclarer que la guerre de Crimée avait été stérile, et que deux mille soldats et 80 millions

. avaient été sacrifiés en vain. Le comte de Cavour, ainsi qu'il en avait pris l'habitude, ne fit qu'une seule réponse aux deux chefs de la gauche et de la droite. Après un brillant discours de M. Mamiani qui fut vivement applaudi, et les observations présentées par MM. Sappa, Cadorna, Moja et Revel en faveur du ministère, la Chambre adopta à l'unanimité l'ordre du jour suivant : « La Chambre , après avoir entendu les explications du président du Conseil , approuve la politique nationale du gouvernement du Roi et la conduite des plénipotentiaires sardes au congrès de Paris, et en exprimant l'espoir que le gouvernement persévérera avec fermeté dans la même politique, passe à Tordre du jour. »

séance de la Chambre des dépatés da 6 mai 1836.

Messieurs, pour mieux répondre aux interpellations qui me sont failes et pour satisfaire à la juste impatience

a»4 OBUVRK PARLEMENTAIRE

qijie la (L2baflQJi>Fe et le pays ressenteRt d'être FMMseignés ÈW ee qui s'est passé a« eoRgrès de Paris, je vous ei[poserai sommairenient ce que les plénipotentiaires sardes ont fait dans cette circonstance.

La Chambre sentira que je ne puis entrer dans des détails bien minutieux» et qu'une certaine réserve m'est commandée soit par les convenances diplomatiques , soit par l'état de suspension où se trouvent encore plusieurs des questions traitées à Paris.

J'ai d'abord un mot à dire sur la position faite aux plénipotentiaires de la Sardaigne. Quand le gouvernement du Roi signa un traité d'alliance avec l'Angleterre et la France, il ne jugea pas à propos de faire établir d'une façon définitive et précise quelle place serait faite à la Sardaigne dans le congrès qui pourrait avoir à débattre les conditions de la paix ; il se contenta de stipuler que la paix ne pourrait être faite sans le concours de la Sardaigne, et il réserva la question de sa situation particulière pour l'époque où l'on parlerait de paix ; il pensait en effet et il pense encore que pour les individus comme pour les nations, la considération et l'influence dépendent de la conduite qu'ils tiennent et de la renommée qu'ils se font» bien plutôt que de stipulations conventionnelles quelconques.

Cette attente ne fut trompée ni dans les camps, ni dans le congrès. Quoique notre général en chef n'ait point eu de rang assigné d'avance, vous savez. Messieurs, quelle influence a exercée, et quel nom s'est fait l'homme que nous devons regarder aujourd'hui comme une gloire nationale. (Bien!)

DU €01fTB D8 CAVOUR. 335

LoBgtraips avant le commeaeement des confërenees^ le gouveraemeiit eut à s'oecuper, en voie préparatoire» de la part que la Sardaigne aurait à prendre à ces négociations. S*il y eut d'abord quelque incertitude à cet égard, les doutes cessèrent quand nous représentâmes quelle fidélité, quelle énergie nous avions mises à tenir nos engagements; nous fûmes admis au congrès sans aucune réserve, et sans qu'aucune des puissances admises également s'y opposât d'une façon sérieuse.

La mission des plénipotentiaires sardes avait un double objet. Ils devaient d'abord concourir avec nos alliés à la conclusion de la paix avec la Russie, à la consolidation de l'empire ottoman; ils devaient, en second lieu, faire tous leurs efforts pour attirer l'attention de nos alliés et de l'Europe sur la situation de l'Italie, et chercher des soulagements aux maux qui affligent ce pays.

Sur le premier chef, leur tâche ne fut pas difficile; la cause de l'Occident , la cause de l'empire ottoman était fortement soutenue par les hommes d'État qui représentaient, au congrès, la France et l'Angleterre. D'ailleurs, l'esprit de conciliation et la loyauté déployés par les plénipotentiaires de la Russie aplanissaient les difficultés; je me plais à rendre justice à ces sentiments de la Russie, témoignés d'une façon toute particulière envers notre pays ; et j'en tire un bon augure pour la reprise des anciennes relations, pour le renouvellement des liens d'amitié qui unissent depuis des siècles la maison de Savoie à celle des Romanoff.

Je ne crois pas qu'il soit difficile de prouver que le but de la guerre a élé atteint. La simple lecture du traité vous

convaincra que tout péril d'usurpation de la part de la Russie a été écarté. Je ne m'arrêterai pas non plus à vous démontrer que tout le possible a été fait pour les chrétiens du territoire ottoman, et qu*on a restauré cet empire autant que le permettait l'état des choses.

Sans exagérer les conséquences du traité, les avantages que nous en devons attendre, je me' crois pourtant en droit d'affirmer que la neutralisation de la Mer Noire, et la libre navigation du Danube assurée jusque dans la partie de ce fleuve qui pénètre en Allemagne, exerceront une influence notable sur nos échanges.

Un autre résultat, — celui-ci avantageux pour le monde entier, mais surtout pour nous, — est la consécration d'un nouveau droit maritime sur les neutres, assurés désormais, en temps de guerre, contre les excès des puissances plus fortes qu'eux. C'est là une réforme précieuse pour les nations commerçantes dont les marines n'ont pas de quoi lutter avec les marines de premier ordre ; c'est, de plus, grâce à l'adhésion de l'Angleterre, la suppression de l'une des principales causes de conflit entre les puissances qui sont à la tête de la civilisation.

Mais nous devons songer surtout aux avantages moraux que le traité, les conférences nous ont valus. Je tiens que ce n'est point chose médiocre pour nous d'avoir été appelés à prendre part à des négociations, à des résolutions d'un intérêt européen. C'est la première fois depuis longtemps, depuis le traité d'Utrecht peutêtre, qu'une puissance de second ordre est appelée à concourir avec celles de premier ordre à débattre des questions européennes ; c'est une dérogation importante

aux maximes posées par le congrès de Yienne contre les petites puissances ; c'est, en un mot, un fait dont profiteront toutes les nations qui se trouvent dans la même situation que nous, et dont il résulte pour notre pays un accroissement de considération que la sagesse du gouvernement et du peuple saura lui conserver.

Avant de passer aux affaires générales de Tltalie, je dois répondre aux explications qui m'ont été demandées sur les observations faites par le premier plénipotentiaire français touchant la presse belge.

Ce plénipotentiaire jugea à propo» d'appeler rattention •du congrès sur les excès commis par la presse belge contre le gouvernement français et spécialement contre son chef. Le plénipotentiaire de la Grande-Bretagne prit la parole aussitôt après, et tout en faisant les plus amples réserves pour la liberté de la presse , qu'il déclara être l'un des points fondamentaux de la constitution anglaise, il n'hésita pas à blâmer hautement les excès en question. J'ai cru devoir m'associer à ces déclarations du ministre anglais; si les protocoles n'en font pas mention, c'est que les protocoles ne sont pas des procès-verbaux ; mais on le voit dans le résumé du comte Walewski, où il est dit que plusieurs plénipotentiaires firent leurs réserves en faveur de la liberté de la presse. Ces plénipotentiaires sont ceux de l'Angleterre et dé la Sardaigne. (Mouvement.)

Cette réserve m'a paru suffisante ; je n'ai cru ni opportun ni utile de prononcer un discours sur la liberté de la presse au milieu du congrès de Paris ; cela n'eût servi de rien à la presse , et eût pu nuire grandement à la cause de l'Italie , qui fixait en ce moment l'attention du

congrès ; quelques-uns des plénipotentiaires n'auraient même pas detàandé mieux que de détourner cette attention de la question italienne vers la question de la presse. Mais eussé-je pris la parole, je n'aurais rien dit de plus que ce qu'a dit le plénipotentiaire anglais, et sur plusieurs points j'aurais été d'accord avec le plénipotentiaire de la France. Ce dernier, en effet, n'attaqua pas le moins du monde la liberté de la presse, n'en dénonça point les excès relatifs à la politique intérieure, et ne dit mot des exagérations de tel ou tel journal ; il se borna à faire remarquer au congrès l'existence de journaux dont le principal , sinon l'unique but , était non de s'occuper

des affaires de la Belgique, mais de combattre le gouvernement français dans la personne de son chef, et de le combattre non point par des raisonnements, mais par l'injure efla calomnie; il observa ensuite que de bonnes relations pouvaient difficilement subsister entre deux pays quand il se passe dans l'un d'eux de tels abus.

Or, si j'avais eu à manifester une opinion sur ce point, je n'aurais pu que répéter ce que j'ai dit il y a cinq ans dans cette enceinte. J'ai dit, et j'aurais répété au congrès que si la liberté de la presse, poussée jusqu'à ses extrêmes' limites, est à peu près sans inconvénient tant au'il ne s'agit que des affaires intérieures d'un pays, elle ne peut avoir que beaucoup d'inconvénients et très-peu d'avantages par rapport aux affaires extérieures. Si donc un jeu du sort me transportait dans l'enceinte de la Chambre belge, tout en allant m'asseoir à la gauche, vu l'état actuel de ce pays , et tout près de mon ami Frère-Orban, je n'en dénoncerais pas moins à l'Assemblée ces faits regret-

taMe^f convaîneu de rendre ainsi un trè»-gra»d service à la cause de la liberté.

J'aborde, Messieurs, la question italienne. (Vive attenilion).

Je vous ai dit que les plénipotentiaires de la Sardaigne avaient pour mission d'appeler Tatteution de TEurope sur la situation anormale et malheureuse de Tltalie, et de chercher à y apporter remède. Dans Tétat de choses créé par la paix , nul de vous certainement n'a imaginé qu'il fût possible d'obtenir des circonscriptions territoriales meilleures. Peut-être, si la guerre sa fût prolongée et par conséquent étendue davantage^ le programme des puissances, en s'étendant aussi, aurait-il pu admettre des améliorations de ce genre; mais la diplomatie n'ayant plus, du moment où les épées rentrent aux fourreaux ^ qu'à régulariser les résultats de la guerre^ il n*y avait, je le répète, rien à espérer de semblable. Les grandes solutions ne sont pas déterminées par la plume. Messieurs; la diplomatie est impuissante à changer l'état des nations ; elle ne fait que sanctionner les faits accomplis et leur donner un caractère légal.

Toutefois, même au point de vue diplomatique et en parlant des traités en vigueur, la question italienne pouvait être portée, sinon devant le congrès, du moins devant les puissances qui le composaient. L'état actuel de l'Italie, en effet, n*est pas conforme aux traités. Les prin-^ cipes établis dans le traité de Vienne et dans les traités qui l'ont suivi sont ouvertement violés; l'équilibre politiiiue primitivement institué est rompu depuis longtemps. Les plénipotentiaires de la Sardaigne crurent devoir ap-

peler Tattention ^e la France et de TAngleterre sur cet état de choses et les inviter à le prendre en sérieuse considération.

Ils ne rencontrèrent pas d'obstacles sur ce terrain ; aussitôt qu'ils eurent formulé leurs griefs, ils reçurent de nos alliés des témoignages d'une haute faveur et d'un intérêt sincère pour les affaires d'Italie ; les représentants de la France et de l'Angleterre, reconnaissant la situation anormale où se trouve le pays par suite de l'occupation d'une grande partie de ses provinces par une puissance étrangère, manifestèrent le désir de voir cette occupation cesser et les choses revenir à un état régulier.

On nous faisait seulement cette objection : — En admettant que l'occupation de l'Italie centrale cesse, quelles seront les conséquences de l'évacuation, toutes choses demeurant ce qu'elles sont aujourd'hui? — Les plénipotentiaires de la Sardaigne répondirent que si des mesures préalables n'étaient prises, ces conséquences pourraient être des plus graves, des plus dangereuses, telles, enfin, qu'ils se garderaient de conseiller l'évacuation; mais ils ajoutèrent qu'à leurs yeux celle-ci deviendrait possible au moyen de précautions convenables.

Invités à formuler leur opinion sur ce chef, ils crurent devoir dresser non pas un mémorandum^ mais un mémoire destiné à être remis, sous forme de note verbale, à la France et à l'Angleterre *.

L'accueil fait à cette note fut très-favorable. L'Angle-

i. C'eftt la note du 27 mars, citéo plus haut.

DU COMTE DE CAVOUR. 34i

terre adhéra complètement à ce qu'elle contenait. Quant à la France, guidée par des considérations particulières dont je parlerai dans un instant, elle reconnut la situation, admit la proposition en principe, mais crut devoir faire d'amples réserves sur l'application que nous en avions suggérée.

D'accord sur l'utilité immense qu'il y aurait à faire cesser l'occupation étrangère dans les provinces du centre de Tltalie, et sur la nécessité de faire précéder de mesures spéciales l'évacuation désirée, les gouvernements français et anglais décidèrent que la question serait soumise aU congrès de Paris; et elle le fut, comme vous savez , dans la séance du 8 avril.

Le langage du plénipotentiaire de la France ne fut pas en tout semblable à celui du plénipotentiaire anglais; mais il est à cela une raison dont vous saurez sans doute tenir compte.

Pour le gouvernement français, le pape n'est pas seulement le chef temporel d'un État de trois millions d'habitants ; il est encore le chef religieux de trente-trois millions de Français, ce qui impose à ce gouvernement des égards particuliers envers la cour de Rome. Il ne faut donc pas s'étonner de ses précautions à l'égard de la question romaine. Si l'on y prend bien garde, si l'on tient compte des contre-coups que peut avoir en France chaque mouvement fait à Rome, je crois qu'on ne ressentira pas en Italie une moins'grande reconnaissance envers le gouvernement de la France qu'enyers celui de l'Angleterre.

Pour l'Angleterre, la question était beaucoup plus

simple ; les affaires de Rome n'ont rien pour elle que de politique; aussi le plénipotentiaire anglais les traita avec la liberté, la largeur que réclament des discussions d'une telle portée. Je dois même proclamer hautement ici que cet illustre homme d*État, que je suis fieV de pouvoir nommer mon ami, montra tant de sympathie pour l'Italie, et un désir si i;rand d'alléger ses maux, qu'il mérita la reconnaissance non-seulement des plénipotentiaires et celle du Piémont , mais celle de toute l'Italie. (Approbation.)

Les plénipotentiaires de l'Autriche opposèrent à la France et à l'Angleterre une question préalable, une fin de non-recevoir , Ils dirent, — et avec raison, diplomatiquement parlant, — que leur gouvernement, n'ayant pas été prévenu que cette question serait traitée au congrès, ne leur avait donné ni instructions ni pouvoirs sur cet objet. Cependant, entraînés par l'importance de la question, ils entrèrent dans quelques détails et maintinr^t avec grande énergie la doctrine de l'intervention. Ils soutinrent cette thèse, qu'un gouv^nement peut intervenir dans les affaires intérieures d'un autre gouvernement quand celui-ci l'en requiert. La thèse ne fut pas admise par la France et fut hautement repoussée par l'Angleterre. Là se borna la discussion relative à l'intervention.

Nous ne pouvons pas dire que nous ayons obtenu des résultats positifs. Je liens néanmoins pour très-important ce fait, que la France et l'Angleterre ont proclamé la nécessité de mettre un terme à l'occupation de l'Italie centrale, et que la France a manifesté l'intention de

pœiiëre tontes les mesures propres à atteindre ce but.

Il était difficile d'introduire les affaires d'Italie sur le terrain diplomatique, de soumettre aux délibérations du congrès des questions nouvelles ; il sembla cependant à la Sardaigne, de même qu'à ses alliés, que l'on pouvait, à Toccasion de Ja paciGcation de l'Europe, adresser à quelques-uns des gouvernements de l'Italie des conseils de modération et de clémence. Je ne redirai pas les paroles prononcées dans ce sens avec une entière spontanéité par les premiers plénipotentiaires de la France et de TAbgleterre; qu'on sache seulement que leur langage, sympathique envers nos compatriotes, fut digne des applaudissements de tous les bons Italiens.

Si les plénipotentiaires des autres puissances ne voulurent pas s'associer à ces conseils, ce fut par des raisons de convenance; mais je crois pouvoir dire sans indiscrétion qu'aucun d'eux, officiellement ou officieusement, ne contesta la valeur des représentations de la France ei de la Grahde-Bretagne. Sur ce point encore, le coagrès n'en est venu à aucun acte définitif; mais il est permis de prévoir que les conseils dont nous parlons, quoique n'ayant pas reçu la sanction d'un vote du congrès, ont acquis assez de valeur et d'autorité par l'adhésion de la France et de l'Angleterre pour pouvoir amener les résultats que nous nous en promettons.

L'honorable Buffa ayant spécialement insisté sur l'extension des forUlications de Plaisance et sur la menace qu'elle constitue contre le Piémont^ j'ajouterai que les plénipotentiaires sardes en ont également fait un objet de réclamations- et ont même communiqué aux représen-

tants des puissances alliées un plan des travaux exécutés depuis quelques années par les Autrichiens hors de leurs frontières. L'augmentation des fortifications de Plaisance fait partie du système que suit l'Autriche pour étendre son influence en Italie, système dénoncé par les plénipotentiaires de la Sardaigne aux puissances alliées. L'honorable Buffa peut voir, dans la note* consignée aux puissances alliées avant notre départ de Paris, comment ce fait a été signalé et quelles protestations y ont été opposées par nous.

Tels sont, Messieurs, les résultats des négociations auxquelles nous avons pris part Vous reconnaîtrez, je l'espère, qu'en ce qui concerne la question d'Orient, nous avons obtenu des avantages commerciaux considérablesy et surtout un avantage moral de premier ordre par suite de la place élevée qui nous a été faite dans le concert européen. En ce qui regarde la question d'Italie, on n'est pas arrivé, il est vrai, à des résultats bien positifs; mais on a gagné,, je crois, deux choses : en premier lieu, la situation malheureuse et irrégulière de l'Italie a été dénoncée à l'Europe non par des démagogues (on rit), par des révolutionnaires exaltés, des journalistes passionnés, mais par les représentants des premières puissances de TEurope, par les hommes d'État qui gouvernent les plus grandes nations, par des personnages éminents, habitués à consulter la raison bien plutôt qu'à suivre les mouvements du cœur. En second lieu, ces mêmes puissances ont déclaré qu'il était de l'intérêt

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