‹ Œuvre parlementaire du comte de CavourChapitre 35 sur 69 · Le concordat autrichien · texte numérisé non relu

Le concordat autrichien

nu COMTE DE CAVOUR. 35r

semblable dans d'autres États italiens, cofnment supposer, comment espérer qu'on la trouvera disposée à des accords raisonnables? Le moment ne saurait être plus mal choisi pour de telles négociations. (Rires d'approbation.)

D*un autre côté, ajoutai-je avec une franchise égale, — car je crois la franchise toujours bonne, que l'entretien soit diplomatique ou familier, — l'opinion publique dans nos contrées n'est pas non plus dans des dispositions favorables. En effet, en demandant d'une part ù la cour de Rome de renoncer à d'anciens privilèges , de consentir aux réfonnes nécessaires pour que les rapports de l'État avec TÉglise soient mis en harmonie avec les principes fondamentaux de nos lois civiles, il faudrait d'autre part, à mon avis» faire à l'Église quelques concessions, lui accorder plus de latitude dans ses relations avec l'État, l'admettre enfin à la jouissance de la liberté. Eh bien! ces concessions , l'opinion publique n'est pas disposée à les faire (hilarité) ; et voulez-vous savoir pourquoi, disais-je toujours à mes interlocuteurs; voulezvous le savoir? le voici. La situation des États romains est déplorable, — et je dois dire que ces messieurs ne le niaient pas (hilarité), car ils sont libéraux en même temps que catholiques; — cette situation inspire aux populations des sentiments peu favorables au souverain temporel de ces États, et ces sentiments à leur tour font tort à la personne de ce prince, qui est en même temps souverain-pontife .

MoJA. La souveraineté temporelle doit cesser. Cavodk. Mais, répliquaient-ils, vous devez distinguer

en lui le caractère religieux du caractère politique. — Vous avez parfaitement raison, je les distingue en ettei avec vous, avec tous les hommes instruits, avec les philosophes ; mais la multitude ne peut pas se pénétrer de cette distinction ; de là, contre le souverain, une irritation qui nuit à l'influence que devrait exercer le pontife ; de là un état de Topinion bien autre quMl ne faudrait pour que nous pussions en venir à un accord sérieux, car, répétai-je encore, nous devrions faire dans ce cas des concessions à TËglise.

Force nous est donc d'attendre, d'un côté, que le souvenir du concordat autrichien se sôit affaibli (on rit), et de l'autre, que la situation des États romains se soit améliorée. (Rires et approbation.)

Je ne sais si ces raisons ont convaincu mes interlocuteurs; ce que Je sais, c'est qu'elles ont coupé court à la discussion.

Je vous parlais tout à l'heure de l'approbation que bon nombre d'hommes d'État ont donnée à notre conduite envers Rome : je puis assurer que beaucoup d'entre eux, qui nous blâmaient jadis, sont aujourd'hui complètement de notre avis. Je vais vous en dire la raison. La raison n'en est pas dans notre mérite personnel, dans nos discours, nos mémoires, nos écrits, mais dans le concordat autrichien. (Bravol) Le concordat autrichien a été la défense la plus éloquente de notre système. (On rit.)

Ceci m'amène à une conclusion qui pour un moment me rapprochera de l'honorable comte Solaro délia Margarita (hilarité) ; c'est que si la conclusion de ce concor-

fiai me parait fort regrettable au point de vue religieux, je me joins au comte Solaro délia Margarita polir y applaudir vivement au point de vue politique. (Hilarité prolongée.)

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