‹ Œuvre parlementaire du comte de CavourChapitre 37 sur 69 · EN JANVIER 1857, SUR LES FORTIFICATIONS D'ALEXANDRIF · texte numérisé non relu

EN JANVIER 1857, SUR LES FORTIFICATIONS D'ALEXANDRIF

ET SUR LA TRANSLATION J)E LA MARIKt MILITAIRE A LA SPEZIA.

Nous réunissons dans une seule notice les faits relatifs /)

aux trois discours principaux prononcés par M. de Cavour ^

en 1857. Dans leur ensemble, en effet, ces discours caractérisent d'une manière bien marquée la période de vaste préparation qui a précédé le mouvement italien de 1859.

Le comte de Cavour était revenu du congrès de Paris avec une conviction dont il avait hardiment fait part à ses concitoyens. « La diplomatie, avait-il dit sans détour, est à elle seule impuissante à résoudre la question italienne. L'état de nos rapports avec, TAutriche ne s*est pas amélioré : au contraire, les deux gouvernements de Vienne et de Turin ont sur toute chose. des vues si contraires, ils suivent une ligne de conduite si opposée, qu'un choc peut s'ensuivre d'un moment à l'autre. » Des déclarations aussi formelles n'avaient pas manqué de donner lieu à des critiques très-vives. On s'était étonné qu'un ministre des affaires étrangères, et le ministre d'un aussi petit État, osât braver

de la sorte une puissance de premier ordre qui paraissait solidement appuyée en Europe, et qui avait pour elle des traités fondés sur tout un système d'équilibre général, le système de 1815. Tant de témérité semblait toucher à la folie. Le peuple italien pourtant avait dès lors une telle confiance dans le ministre piémontais, que dans toute la péninsule on donna à ses paroles une portée extraordinaire. On comprit instinctivement que si le comte de Cavour ailirmait que la guerre était inévitable, c'est qu'il la croyait faisable de la part du Piémont, et qu'il se préparait à la faire. Dès ce moment commença la conspiration générale du peuple italien avec le grand ministre. Rien de visible, aucun avantage ostensible, matériel, n'était résulté du congrès de Paris pour une province quelconque de Dtalie; toutes cependant s'entendaient pour des démonstrations significatives en l'honneur de Victor-Emmanuel et des hommes qui s'étaient voués, comme le roi, à la cause commune; une épée fut offerte au commandant du corps d'expédition sarde en Crimée, une médaille fut frappée pour le représentant piémontais au congrès de Paris, et le comte de Cavour reçut des Toscans soq buste avec cette inscription :

A QUEI CHE L4 DIFESE A YISO APKRTO*

Peu à peu il s'opéra autour du trône du roi de Sardaigne j une fusion de toutes les nuances du parti national. Les î émigrés qui de tous les côtés de l'Italie, depuis 1819, avaient afflué à Gênes et à Turin, y avaient provoqué un courant d'idées tout nouveau. L'idée de la grande patrie, de la mère commune, s'était dégagée des préjugés municipaux. Le parti national se rangeait sous la direction d'hommes conservateurs et libéraux, formés par l'expérience, c'est-àdire par les malheurs publics; des hommes de sens, que

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