‹ Œuvre parlementaire du comte de CavourChapitre 51 sur 69 · La séparation de la Savoie · texte numérisé non relu

La séparation de la Savoie

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jaloux, de la dignité nationale viendrait, au milieu des difficultés actuelles, soulever si m§il à propos une question aussi irritante. Quelle que soit la politique du ministèi-e, fùt-elle fallacieuse comme il le croit, et dùt-elle conduire le pays à sa ruine, est-ce au moment où va sonner Theare de la lutte quMl convient de soulever des questions faites pour diviser les esprits, pour rendre moins efficace devant Tennemi la résistance commune?

Que rhonorable marquis de Beauregard me permette de lui exprimer la douleur profonde que m'ont causée ses paroles... Je comprends le sentiment qui les a dictées, je partage Témotion qui Tagitait; mais je le sup- . plie de ne plus soulever d'aussi tristes questions, qui ne peuvent avoir qu'une influence déplorable sur les généreux enfants des Alpes au nom desquels il a pris la parole. Certes , ces populations, auxquelles tant de liens m'unissent, ont bien montré leur excellent esprit; mais si vous jetez au milieu d'elles des paroles de défiance et de découragement, si vous leur dites que leurs sacrifices peuvent leur être funestes, que résoudront-elles? Oui, en évoquant ce débat, vous faites un mal immense à la patrie commune, parce que vous pouvez être cause que ces populations, une fois appelées à combattre, deviennent moins dignes de leur renommée.

Costa. (En français.) Je proteste contre Tinterprétation donnée par M. le ministre à mes paroles.

Le Président du conseil ( avec vivacité et en français ; . Messieurs, je suis sûr que, dans cette circonstance, la Savoie ne parle point par votre organe ( MM. Costa et do Vivy se lèvent pour protester), et lorsqu'il sera temps ilc

le prouver, la Savoie ne viendra pas soulever des questions aussi irritantes ; elle pensera à l'ennemi, elle remplira son devoir, elle n*oubliera rien pour être digne de son ancienne réputation ; elle ne viendra pas, comme on voudrait le faire croire, marchander son appui. (Bravo!) Non ! elle est trop généreuse pour refuser au Piémont toute Tefflcacitéfle son concours! (Très-bien!) »

(Il reprend en italien.) J'avais voulu éviter cette discussion, je ne l'avais pas provoquée. Si dans la chaleur du discours il m'est échappé des paroles qui aient pu paraître personnelles à quelques membres de cette Chambre, je les retire. (Non! non! Bravo!)

Je crois, Messieurs, vous avoir prouvé que nous ne provoquons point, que nous ne tentons rien de hasardeux, que nous ne défions personne. Mais nous ne changeons pas de politique, et nous voulons encore moins baisser la voix quand l'Autriche nous menace et accumule les armes et les soldats sur nos frontières.

Cette politique, franchement et loyalement proclamée, sera sanctionnée par le Parlement et approuvée de tous les hommes de cœur de l'Europe. Votre vote montrera que, quelles que soient nos discussions intérieures, nous sommes unanimes dans nos résolutions quand il s'agit de défendre la sûreté, l'indépendance, l'honneur de la nation. (Longs applaudissements.)

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