‹ Œuvre parlementaire du comte de CavourChapitre 65 sur 69 · Cest nommer Alexandre Manzoni · texte numérisé non relu

Cest nommer Alexandre Manzoni

642 GEUVRE PARLEMENTAIRE

d'avance à finir iha carrière sur les bancs de Topposition. (Hilarité.)

Je suis profondément convaincu de la vérité de ce que j'ai eu rhonneur de vous exposer, des avantages immense$ que doit trouver l'Église à accepter les principes sur lesquels nous voulons établir un accord définitif. J'ai la ferme espérance que cette conviction ira se répandant peu à peu dans le monde catholique : cette discussion publique et les manifestations du sentiment national n'y contribueront pas peu. Déjà ce qui a été dit dans l'autre Chambre a puissamment opéré dans ce sens : l'Europe a été étonnée lorsqu'elle a vu que de tous les bancs de l'Assemblée s'élevaient des paroles de conciliation, des paroles respectueuses envers le chef de l'Église ; et ce qui doit l'avoir frappée le plus, c'est que celles de ces paroles qui manifestaient les sentiments les plus catholiques, des sentiments trop catholiques même à mon gré, partaient de l'extrême gauche. (Sensation.)

Si vous vous associez à cette imposante manifestation , si vous donnez à la politique du gouvernement le poids de votre vote, vous faciliterez de beaucoup notre tâche. Lorsque ce corps éminent, qui compte parmi ses membres les premières illustrations de l'Italie, et à qui appartient la garde des bases de notre édifice social , aura déclaré lui aussi la nécessité d'une conciliation fondée sur l'application large des principes de liberté, il aura fait beaucoup pour la grande œuvre. Ef bientôt, en voyant que nous marchons fermes et résolus dans notre voie, sans nous laisser égarer par des impatiences déraisonnables , sans céder au doute ni au danger, bientôt, je l'espère, la

partie d'élite de la société catholique se convaincra de la loyauté de nos intentions; elle se convaincra que la solution proposée par nous est la seule qui puisse assurer rinDuence légitime de TËglise en Italie et dans le monde entier, et nous entendrons s'élever de tous les points du monde catholique des voix qui s*écrieront :

(( Saint-père, acceptez le pacte que l'Italie devenue (( libre vous offre, acceptez le pacte qui doit consacrer la « liberté de l'Église, accroître l'éclat du siège où la Pro- « vidence vous a placé, augmenter l'influence de l'Église, « — et en même tem[fs couronner l'œuvre de la régéné- « ration de l'Italie et assurer la paix de la nation , de « cette nation qui après tout, au milieu de tant de mal- « heurs et de tant d'épreuves , est encore celle qui est c( restée la plus fidèle au véritable esprit du catholi- « cisme. » (Applaudissements prolongés. )

Page 1