‹ OEuvre parlementaire du comte de Cavour; traduite et annotéeChapitre 37 sur 69 · C'est la note du 27 mars, citeo plus liant · texte numérisé non relu

C'est la note du 27 mars, citeo plus liant

lerre adhéra complètement à ce qu'elle contenait. Quant à la France, guidée par des considérations particulières dont je parlerai dans un instant, elle reconnut la situation, admit la proposition en principe, mais crut devoir faire d'amples réserves sur l'application que nous en avions suggérée.

D'accord sur l'utilité immense qu'il y aurait à faire cesser l'occupation étrangère dans les provinces du centre de l'Italie, et sur la nécessité de faire précéder de mesures spéciales l'évacuation désirée, les gouvernements français et anglais décidèrent que la question serait soumise au congrès de Paris; et elle le fut, comme vous savez, dans la séance du 8 avril.

Le langage du plénipotentiaire de la France ne fut pas en tout semblable à celui du plénipotentiaire anglais; mais il est à cela une raison dont vous saurez sans doute tenir compte.

P(!ur le gouvernement français, le pape n'est pas seulement le chef temporel d'un État de trois millions d'habitants; il est encore le chef religieux de trente-trois millions de Français, ce qui impose à ce gouvernement des égards particuliers envers la cour de Rome. Il ne faut donc pas s'étonner de ses précautions à l'égard de la question lomaine. Si l'on y prend bien garde, si l'on tient compte des contre-coups que peut avoir en France chaque mouvement fait à Rome, je crois qu'on ne ressentira pas en Italie une moins grande reconnaissance envers le gouvernement de la France qu'envers celui de l'Angleterre.

Pour l'Angleterre, la question était beaucoui) plus

simple; les affaires de Rome n'ont rien pour elle que de politique; aussi le plénipotentiaire anglais les traita avec la liberté, la largeur que réclament des discussions d'une telle portée. Je dois môme proclamer hautement ici que cet illustre homme d'État, que je suis fier de pouvoir nommer mon ami, montra tant de sympathie pour l'Italie,- et un désir si grand d'alléger ses maux, qu'il mérita la reconnaissance non-seulement des plénipotentiaires et celle du Piémont, mais celle de toute l'Italie. (Approbation.)

Les plénipotentiaires de l'Autriche opposèrent à la France et à l'Angleterre une question préalable, une fin de non-recevoir. Ils dirent, — et avec raison, diplomatiquement parlant, — que leur gouvernement, n'ayant pas été prévenu que cette question serait traitée au congrès, ne leur avait donné ni instructions ni pouvoirs sur cet objet. Cependant, entraînés par l'importance de la question, ils entrèrent dans quelques détails et maintinrent avec grande énergie la doctrine de l'intervention. Ils soutinrent cette thèse, qu'un gouvernement peut intervenir dans les affaires intérieures d'un autre gouvernement quand celui-ci l'en requiert. La thèse ne fut pas admise par la France et fut hautement repoussée par l'Angleterre. Là se borna la discussion relative à l'intervention.

Nous ne pouvons pas dire que nous ayons obtenu des résultats positifs. Je tiens néanmoins pour très-important ce fait, que la France et l'Angleterre ont proclamé la nécessité de mettre un terme à l'occupation de l'Italie centrale , et que la France a manifesté l'intention de

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prendre toutes les mesures propies à atteindre ce but.

Il était diflicile d'introduire les affaires d'Italie sur le terrain diplomatique, de soumettre aux délibérations du congrès des questions nouvelles; il sembla cependant à la Sardaigne, de même qu'à ses alliés, que l'on pouvait, à l'occasion de la pacification de l'Europe, adresser à quelques-uns des gouvernements de l'Italie des conseils de modération et de clémence. Je ne redirai pas les paroles prononcées dans ce sens avec une entière spontanéité pxir les premiers plénipotentiaires de la France et de l'Angleterre; qu'on sache seulement que leur langage, sympathique envers nos compatriotes, fut digne des applaudissements de tous les bons Italiens.

Si les plénipotentiaires des autres puissances ne voulurent pas s'associer à ces conseils, ce fut par des raisons de convenance; mais je crois pouvoir dire sans indiscrétion qu'aucun d'eux, officiellement ou officieusement, ne contesta la valeur des représentations de la France et de la Grande-Bretagne. Sur ce point encore, le congrès n'en est venu à aucun acte définitif; mais il est permis de prévoir que les conseils dont nous parlons, <luoique n'ayant pas reçu la sanction d'un vote du cougrès, ont acquis assez de valeur et d'autorité par l'adhésion de la France et de l'Angleterre pour pouvoir amener les résultats que nous nous en promettons.

L'honorable Buffa ayant spécialement insisté sur l'extension des fortifications de Plaisance et sur la menace qu'elle constitue contre le Piémont, j'ajouterai que les plénipotentiaii-es sardes en ont également fait un objet de réclamations et ont même communiciuc'; aux représen-

tanls des puissances alliées un plan des travaux exécutés depuis quelques années par les Autrichiens hors de leurs frontières. L'augmentation des fortifications de Plaisance fait partie du système que suit l'Autriche pour étendre son influence en Italie, système dénoncé par les plénipotentiaires de la Sardaigne aux puissances alliées. L'honorable Buffa peut voir, dans la note' consignée aux puissances alliées avant notre départ de Paris, comment ce fait a été signalé et quelles protestations y ont été opposées par nous.

Tels sont. Messieurs, les résultats des négociations auxquelles nous avons pris part. Vous reconnaîtrez, je l'espère, qu'en ce qui concerne la question d'Orient, nous avons obtenu des avantages commerciaux considérables, et surtout un avantage moral de premier ordre par suite de la place élevée qui nous a été faite dans le concert européen. En ce qui regarde la question d'Italie, on n'est pas arrivé, il est vrai, à des résultats bien positifs; mais on a gagné, je crois, deux choses : en premier lieu, la situation malheureuse et irrégulière de l'Italie a été dénoncée à l'Europe non par des démagogues (on rit), par des révolutionnaires exaltés, des journalistes passionnés, mais par les représentants des premières puissances de l'Europe, par les hommes d'État qui gouvernent les plus grandes nations, par des personnages éminents, habitués à consulter la raison bien plutôt qu'à suivre les mouvements du cœur. En second lieu, ces mêmes puissances ont déclaré qu'il était de l'intérêt

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