I. Massimo d'Azftglio
DU COMTE UE CAVOUIt. 101
légal, mais aussi dans leurs rapports avec l’état de clioses existant, avec la nature des abus et l’influence ite ces abus sur le pays. Dans celte conviction, le ministère a étudié la question relativement, soit aux affaires de l'intérieur, soit aux affaires étrangères.
En ce qui concerne la politique intérieure, il a acquis la certitude que les abus et les excès de la presse n’avaient point causé d’inconvénients assez graves pour donner lieu à une répression plus efficace. Ce fait est tout naturel : dans une situation normale, celle où un peuple, parvenu à un certain degré de civilisation, n’est pas agité par des passions extraordinaires et ne se trouve pas à la merci d’événements exceptionnels, les excès de la presse n’ont pas grande influence.
Je crois d’ailleurs que la répression, quand elle dépasse certaines limites, entraîne des conséquences contraires à celles qu’on en attend. Les erreurs de la presse, ses excès, je parle toujours de ce qui regarde les affaires de l’intérieur, trouvent comme un antidote dans l’expérience de chaque jour, dans le bon sens des populations, qui jugent par elles-mêmes si les appréciations de la presse sont exactes ou inexactes, justes ou injustes, raisonnables ou exagérées; chacun de ses égarements lui fait perdre une partie de son crédit; quand un homme est attaqué tous les jours par la presse et que tous les jours les faits démentent ces accusations, la presse perd beaucoup de son pouvoir sur les réputations. Ainsi, dans les temps difficiles que nous avons traversés, la presse, partageant l’agitation générale, s’est montrée sévère, souvent même injuste envers les hommes qui ont passé au