‹ Œuvre parlementaire du conte de Cavour;Chapitre 59 sur 80 · SUR UN EMPRUNT DE 40 MILLIONS · texte numérisé non relu

SUR UN EMPRUNT DE 40 MILLIONS

Le discours qu’on va lire ne touche qu’indirectement aux questions politiques ; maison y pourra trouver un aperçu delà façon dont le comte de Cavour traitait les affaires intérieures, les choses de l'administration : tous les discours où il les exposait en détail n'ayant pu trouver place ici, il a paru utile de le suivre dans la dernière revue rétrospective qu’il lit des progrès réalisés dans le royaume de Sardaigne, au moment où les destinées de l’Italie étaient près de s’accomplir. Sa méthode toute positive, toute pratique se dévoile particulièrement dans ces appréciations rapides et précises. Il s’était initié aux moindres détails relatifs aux hommes et aux choses, contrôlant les théories par l’observation exacte des faits. Les notions détaillées qu’il avait sur les besoins de chaque localité n’auraieht pas été possibles à acquérir, s’il se fût agi d’un grand fitat; mais dans ce petit Piémont, que le comte de Cavour connaissait presque aussi bien que ses propres terres, le ministre avait fini par se trouver presque identifié avec le pays. On était surpris , en causant avec l'homme d'Ktat déjà mêlé aux plus grandes affaires de l’Europe, de le voir souvent mieux informé de celles d'une petite ville de province que les hommes qui l’habitaient, il y prenait même une sorte de plaisir malin quand il avait affaire aux

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députés de l’opposiiinn. L'allocution suivante, débitée presque familièrement et parfois modifiée par besoin de répondre à un geste, à une interruption insaisissable pour les sténographes, fait comprendre ce qu’étaient los conversations particulières qu’il avait souvent avec les représentants, et d'où ceux-ci sortaient toujours saisis du charme de cet esprit si compréhensif.

II serait superflu d’entrer dans de longs détails sur la situation financière du Piémont en 1858'. Il suffit de remarquer que la gestion des finances n’a pas été la partie la moins rude de la tâche que le comte de Cavour s’était imposée. « On me propose , disait-il en 1851, l’exemple de Sully : je crois que la mission d’un ministre des finances en Piémont, à ce moment , est bien plus difficile que n'était celle de Sully. La forme du gouvernement'rendait alors les opérations plus faciles, et l’héritage qu'il a recueilli n’était peut-être pas si lourd que celui que j’ai dû accepter.»

Avant le Statut, le Piémont avait de fort bonnes finances. Il ne possédait ni réseaux de chemins de fer, ni écoles élémentaires en nombre suffisant ; il manquait de tout ce qui peut donner une impulsion vigoureuse à l’activité morale et industrielle d’un peuple; en revanche, il payait peu d’impôts : quelques millions dormaient dans les caisses de l'État;

t. Voici les chiffres totaux des budgets du Pit'mont de ISIS à 1X.‘>8 :

ANNCIS.

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