‹ Œuvre parlementaire du conte de Cavour;Chapitre 7 sur 80 · ta: général Daborinida · texte numérisé non relu

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SUR LE PROJET DE LOI POUR L’AliOLITlON DE LA JURIDICTION ECCLÉSIASTIQUE ET DU DROIT D ASILE.

Le comte de Cavour ne joua pas un rôle important dans les événements de 18/|9. Regardé comme trop modéré par le parti démocratique qui triompha aux élections de janvier 18/|9, il fut, à cette époque, exclu de la Chambre par les électeurs de Turin , et ne redevint député qu’aux élections générales du mois de décemlTre de la même année, lorsque la Chambre qui refusait d’approuver les conditions de la paix avec l’Autriche eut été dissoute par le Roi.

C’est dans la discussion sur les juridictions ecclésiastiques, en mars 1850, que la ligure de l’homme d’Ktat commence à se dessiner. La thèse qu’il soutint à ce propos donna sujet de l’accuser d’avoir changé de parti, et cette accusation fut répétée plusieurs bus contre lui dans le cours de sa carrière. La vérité est que le comte de Cavour s’était trouvé, en 181(8 et 18fi9, en désaccord, sur des questions relatives à la guerre, avec des hommes qui partageaient du reste ses idées sur les réformes que le Piémont aurait h accomplir en temps de paix. Le comte de Cavour faisait partie de la droite pendant la crise de 18è8, parce que la droite cherchait alors à con-

tenir, à modérer les impatiences et les témérités du parti avancé; il se sépara de la droite après Novare, parce qu’elle voulait empêcher jusqu’à ces progrès élémentaires sans lesquels la Constitution ne pouvait être qu’une lettre morte. « En 1848 et 1849, disait-il plus tard à la Chambre, bien que je ne fusse pas de l’avis de mon honorable ami Rattazzi sur la question de la guerre, nous étions d’accord sur beaucoup d’autres points : la liberté de la presse et la loi électorale, par exemple. Après la paix , il ne s’est plus agi que de questions intérieures : rien ne nous séparait plus. Lorsque le ministre d’Azeglio, dont j’étais le chaud partisan, eut dissous la Chambre et fait un nouvel appel aux électeurs, le résultat des nouvelles élections donna au cabinet une majorité considérable. En ma qualité de journaliste, j’étais un peu au fait de ce qui se passait derrière le rideau de la scène politique ; je vis que le danger le plus grand , pour le ministère et pour le pays, était que le pouvoir cherchât à abuser en quelque manière de cette majorité pour faire un pas en arrière. A peine les élections furent-elles achevées, qu’il parut dans le Risorgimcnto que je dirigeais un article qui commençait par ces mots : « Ne touchez pas à la presse! » Cette attitude énergiquement libérale prise dans le journalisme, le comte de Cavour la prit également à la Chambre, notamment dans la discussion du projet dont il s’agit ici.

Le projet de loi pour l’abolition des juridictions ecclésiastiques et du droit d’asile , présenté par le comte Siccardi , répondait aux justes réclamations de l’opinion publique. L’égalité devant la loi et l'abolition des tribunaux exceptionnels, prononcées en principe par le Statut, impliquaient nécessairement cette réforme. De longues négociations avec le pape, continuées avec persévérance, n’avaient abouti à rien. Aussi la proposition du comte Siccardi fut-elle accueillie généralement avec une extrême faveur.

La discussion de ce projet s’ouvrit à la Chambre le 6 mars.

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Le garde des sceaux le recommanda d’abord à l’Assemblée, en exposant que le for ecclésiastique était incompatible avec le principe de l’inaliénabilité de l’administration de la justice civile et pénale de la part de l’État. La droite répondit aux démonstrations faciles des orateurs de la majorité par des dissertations sur le droit canonique , sur le droit international appliqué aux concordats; elle dit qu’en touchant au clergé , l’on risquait de soulever une agitation catholique , surtout dans les campagnes. La Chambre eut la douleur d’entendre le comte César Balbo se prononcer à cette occasion contre le gouvernement, qui se contentait pourtant de bien peu en fait de réformes ecclésiastiques : son irrésolution, ses craintes hors de propos affligèrent ses concitoyens, accoutumés à vénérer en lui l’un des (ils aînés de l’Italie nouvelle.

Dans son discours, le comte de Cavour s’éleva à une hauteur où n’atteignirent pas les adversaires du projet. Ceux-ci réunirent, dans la votation, 26 voix contre 130.

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