‹ Œuvres, 1884-1888Chapitre 14 sur 65 · De Jonge, t. I, p · texte numérisé non relu

De Jonge, t. I, p

gherusl, dubbel masten, anckers ende cabels. ende drie dubbel seylen* . »

Le Mauritius était un navire de 400 tonneaux, armé de vingt canons et de douze pierriers. Son équipage était de quatre-vingt-deux hommes. Il était commandé par Jan Janszoon Molenaar et avait à son bord Gornelis Houtman.

La Eollandia avait à peu près le même tonnage et le même armement. Son équipage comprenait quatre-vingtsept hommes.

Elle était commandée par Jan Dignuszoon et avait à son bord Gerrit van Beuningen.

V Amsterdam était un navire de 200 tonneaux, armé de seize canons et de dix pierriers. Il avait un équipage de cinquante-neuf hommes et était commandé par Jan Jacobszoon Schellinger. A son bord se trouvait Reinier van Hel.

Le Duifken était un petit yacht de 300 tonneaux, armé de huit canons et de deux pierriers. Son équipage était de vingt hommes. Il obéissait aux ordres de Simon Lambertszoon Man.

La flotte comptait en tout deux cent cinquante hommes et cent pièces de canon.

Le 2 avril 1595, la petite escadre quitta la rade du Texel. Ce voyage présentait de nombreuses difficultés, car tous les endroits devant lesquels on devait passer étaient au pouvoir des ennemis.

I. « Les navires étaient merveilleusement équipés; ils avaient de quoi changer une fois les mâts, les ancres, les câbles, et trois fois les voiles. »

L'escadre doubla le cap de Bonne-Espérance et arriva le 2 septembre à l'île de Madagascar où elle fut reçue d'une manière hostile par les indigènes. Après un séjour de trois mois, on remit à la voile le 14 décembre. On ne put aller bien loin cette fois, car de violents orages poussèrent les navires sur l'île Sainte- Marie; ils furent obligés de se réfugier dans la baie de Anton Gil sur la côte nord-est de Madagascar. La première chose qu'on fit fut de se procurer des vivres frais. Deux chaloupes ayant été jetées à la côte par un orage, les indigènes les brisèrent en morceaux; les Néerlandais qui étaient descendus à terre pour les réclamer furent salués par une grêle de pierres à laquelle ils répondirent par des coups de mousquet : ils tuèrent ainsi de nombreux indigènes.

L'escadre quitta enfin l'île le 12 février; elle traversa tout l'Océan indien et arriva le 11 juin, après une traversée de cinq mois, à Sumatra. Quelques chaloupes furent envoyées à terre pour y obtenir des fruits par voie d'échanges, et aussi pour essayer d'amener quelques indigènes à bord du Mauritius. Un de ceux-ci consentit à se rendre à bord de ce navire pour le conduire à Bantam : on y arriva le 12; la réception fut très amicale. Les habitants de Bantam essayèrent d'obtenir le concours des Hollandais pour la guerre qu'ils faisaient aux habitants de Palembang. Les Néerlandais refusèrent, en disant qu'ils étaient venus pour faire du commerce et non pour batailler.

La jalousie des Portugais fut éveillée en voyant d'autres Européens venir s'établir dans des régions qu'ils

considéraient comme leur appartenant. Le sultan de Bantam fut tellement excité par eux qu'il essaya à plusieurs reprises de se rendre maître des navires; mais ses entreprises ne réussirent pas. Houtman, qui s'était hasardé imprudemment dans sa capitale, fut fait prisonnier et ne fut relâché qu'après avoir payé une forte rançon. Les navires suivirent ensuite la côte nord de Java; ils s'arrêtèrent à Jakatra d'où tous les habitants effrayés s'étaient sauvés dans l'intérieur. Ils embarquèrent là des vivres frais. Ils arrivèrent le 17 novembre à Krawang; ils passèrent le 29 devant Karimon Djawa, et, le 2 décembre, devant la ville de Toeban; ils jetèrent l'ancre dans le voisinage de cette dernière localité en un endroit appelé Sidayo. Les indigènes se conduisirent d'abord comme s'ils voulaient commercer amicalement avec les Hollandais, de sorte que plusieurs d'entre eux se rendirent sur le rivage où on leur montra des tas de clous de girofle, en leur proposant de les acheter. Le o décembre , cinq grandes « praos » pleines de monde se dirigèrent du côté des navires; trois allèrent vers l'Amsterdam et les autres vers les chaloupes. Les trois premières praos avaient à leur bord un certain nombre de tètes de bétail et le Sebandar, qui monta de suite sur V Amsterdam pour les y faire hisser. Pendant qu'une partie de l'équipage était occupée à cette besogne et que l'autre regardait les nouveaux arrivants, sans songer ta mal, une foule d'indigènes se précipita subitement à bord. Verhel demanda au Sebandar ce que cela voulait dire; celui-ci, en guise de réponse, tira son poignard et le lui enfonça dans la poitrine. A ce signal,

tous les indigènes se précipitèrent sur les Néerlandais surpris et sans armes qui se tenaient sur le pont; tous furent tués ou grièvement blessés; parmi les premiers se trouvait le commandant du navire, van Schellinger. Les Hollandais qui étaient dans l'entrepont se défendirent si courageusement qu'ils rejetèrent les assaillants par-dessus bord. Les indigènes qui montaient les praos dirigées contre les chaloupes, s'apercevant que les leurs étaient obligés de quitter précipitamment V Amsterdam, n'osèrent pas les attaquer et se retournèrent vers ce vaisseau.

Pendant ce temps, les Hollandais des autres navires avaient compris ce qui se passait en entendant les coups de feu et en voyant les Javanais sauter par-dessus bord. Ils mirent leurs chaloupes à la mer pour poursuivre les praos en fuite. Les équipages de ces chaloupes ouvrirent un feu violent sur celles-ci, puis ils les abordèrent et tuèrent à coups de sabre tous ceux qui s'y trouvaient, ainsi que ceux qui cherchaient à se sauver à la nage ; peu échappèrent. Lorsque les indigènes qui étaient restés à terre virent cette déroute de leurs compatriotes, ils firent sortir treize grandes praos pour soutenir leur retraite, mais elles furent si vivement canonnées par l'artillerie des navires qu'elles furent bientôt forcées de regagner la côte. Les chaloupes, après avoir fait quelques prisonniers, se dirigèrent vers l'Amsterdam sur le pont duquel gisait un grand nombre de cadavres, aussi bien Javanais que Hollandais. Parmi ceux-ci se trouvait celui d'un enfant de dix à onze ans, petit neveu du commandant Schellinger, qui avait été tué dès le début de Fat-

taquc. Lorsque les matelots virent que ce pauvre petit garçon avait encore reçu treize coups de poignard après sa mort, ils devinrent si furieux qu'ils tuèrent tous les prisonniers.

Les Hollandais avaient eu le temps d'apprendre par ceux-ci que les indigènes qui venaient de les attaquer les suivaient depuis Bantam; qu'ils étaient venus avec eux a Jakatra, et qu'ils avaient même essayé de les surprendre en se servant d'une jonque soi-disant chargée de noix de muscade; qu'ils les avaient suivis à Djapara et étaient arrivés, la veille de l'attaque, à Sidayo. Les deux jonques qu'on avait aperçues des navires ce jour-là, le long' de la côte, étaient envoyées pour les espionner, et même, si l'occasion s'en était présentée, pour les attaquer.

Dans ce combat, les Javanais perdirent environ 158 hommes, et les Hollandais, 12.

Comme on vit qu'il n'y avait pas moyen de lier de relations commerciales en cet endroit après cet événement, la flotte partit pour Madoera, où elle jeta l'ancre devant la petite ville do Arosbaya. Ici se produisit un fait regrettable causé par un excès de prudence. Au moment où les navires arrivaient, trois praos se dirigèrent vers eux. Dans la première se trouvait un interprète envoyé par le chef religieux pour demander si le roi et le Sinan-cheriffa pouvaient venir à bord de V Amsterdam en apportant quelques chèvres, du riz et d'autres vivres frais. Le pilote du navire qui avait été blessé dans la bataille devant Sidayo le reçut assez rudement et le força à quitter le bord immédiatement, en lui disant

— fâ —

qu'il ne fallait pas que le roi vînt sur l'Amsterdam ni sur le yacht , mais qu'il devait aller sur le Mauritius. L'interprète n'ayant, sans doute, pas répété exactement ce qu'on lui avait dit, les praos, dans l'une desquelles se trouvaient le chef spirituel et le roi, se dirigèrent néanmoins vers l'Amsterdam.

Une des praos avait une espèce de pont sur lequel on pouvait facilement distinguer une grande masse d'indigènes;' effrayé à cette vue et craignant une nouvelle attaque, l'équipag"c de V Amsterdam, sans attendre les ordres, tira trois coups de canon sur cette embarcation. Un tumulte effroyable s'y produisit, les hommes furent précipités les uns sur les autres, beaucoup furent tués. Les quatre navires, ayant mis leurs chaloupes à la mer, attaquèrent les praos avec tant de violence que c'est à peine si vingt et un indigènes échappèrent au massacre. Parmi les tués on trouva le roi et le chef spirituel.

Chacun des prisonniers fut interrogé séparément. Quelques-uns déclarèrent qu'ils avaient eu l'intention d'attaquer le navire si l'occasion leur avait paru favorable.

D'autres firent remarquer au contraire que, s'ils avaient eu cette pensée, ils n'auraient pas emmené leurs femmes et leurs enfants. Après cette enquête, tous les prisonniers furent mis en liberté, sauf l'interprète. Le petit-fils du roi, enfant de six à sept ans, se mit à pleurer lorsqu'il se vit séparé de ce dernier, et, voyant que Houtman était un chef, il se jeta à ses genoux en le priant de laisser l'interprète retourner à terre avec lui. Il adressa cette prière d'une façon si touchante que chacun se sentit ému, et on lui accorda ce qu'il demandait. Cependant le con-

scil des navires se montra très mécontent de l'événement, quoique les armes laissées par les indigènes, haches, lances, poignards, etc., ne permissent pas de supposer qu'ils étaient animés de bonnes intentions.

Voyant qu'il n'y avait là rien à faire, on partit le 9 décembre en se dirigeant vers Lombok, où on arriva le 14. Les navires en repartirent aussitôt, mais ils furent obligés par des vents contraires d'y revenir le 23.

Ce jour-là, Jean Molenaar mourut subitement; on crut qu'il avait été empoisonné. On soupçonna Houtman d'avoir eu recours au poison pour se débarrasser de Molenaar, avec lequel il ne pouvait plus vivre en paix depuis longtemps déjà. Houtman fut mis aux fers par son équipage, mais il fut rendu à la liberté trois jours après, faute de preuves; cependant un soupçon plana toujours sur lui.

Le 1er janvier 1597, l'Amsterdam fut brûlé. On fut amené à ce sacrifice parce que ce navire faisait eau de toutes parts, et qu'on n'avait plus assez d'hommes pour l'équiper.

Le 12, les trois autres navires levèrent l'ancre, et, le 22, ils arrivaient à Balemboang, dans le détroit de Bali. Ils en repartaient le 27 en se dirigeant sur File de ce nom. Ils touchèrent d'abord à un point que nous ne pouvons fixer; puis ils jetèrent l'ancre dans la baie de Padang. Les Hollandais eurent des difficultés avec le roi.

Celui-ci avait fait prisonniers plusieurs matelots, et il ne voulut les relâcher qu'au bout de quelques jours. Le 26 février, les navires quittaient de nouveau l'île pour

se diriger vers la mère-patrie. Le 24 avril, ils étaient devant la Terre de Natal (Afrique); le 7 mai, ils doublaient le cap de Bonne-Espérance et le 25 ils arrivaient à la hauteur de Sainte-Hélène. Le 10 août, les Hollandais purent saluer les côtes de la Hollande. Ce jour-là, cependant, ils furent assaillis par un violent orage qui força les navires à jeter l'ancre devant Petten. Le lendemain le Mauritius et le yacht Duifken entraient au Tcxel. La Hollandia n'avait pas pu lever l'ancre, et le soir elle fut assaillie de nouveau par un ouragan si violent qu'on fut obligé de couper les mâts et qu'elle fut même sur le point de sombrer. Elle fut cependant sauvée par quelques pilotes qui, le 14 août 1597, la faisaient entrer au Texei*.

Ainsi se termina le premier voyage des Hollandais aux Indes-Orientales. Il fallut toute la science nautique et la froide intrépidité de ces marins néerlandais pour mener à bonne fin cette expédition qui devait être le point de départ delà grandeur commerciale et coloniale des Pays- Bas. Au point de vue géographique, il fut démontré pour la première fois que Java était bien une île.

Quant au commerce, on vient de voir que ce voyage, qui avait duré deux ans et quatre mois, ne fut pas très

i. Valentyn, t. I, p. 172-174. —Van der Aa, t. I, p. 19-26. — De Jonge, t. I, p. 98-99 ; t. II, p. 187-202. — Tiele, p. 202-210.

A consulter : 1° Verhael vande Reyse by Hollandtsche Schepen gedatn naer Oost Indien... Middelborgh, Barenl Langenes, 1597. — 2° Journael Vande Reyse der Hollandtsche Schepen ghedaen in Oost Indien... Middelburgh, Barenl Langenes, 1398. — 3° De Jonge, 1. I, p. 200-216. (De eerste uitrusting naar Oost-lndië.) — T. II, p. 287-372. (Journal de Frank van der Does.)

heureux et qu'on rapporta peu de denrées précieuses. Mais si les résultats immédiats furent peu considérables, les renseignements recueillis et le traité conclu avec le prince de Bantam permirent d'expédier d'autres flottes de commerce qui, elles, rapporteraient de plus gros bénéfices. En un mot, cette expédition avait tracé le chemin au commerce hollandais.

C'était bien le sentiment de l'époque, et de Jonge l'exprime exactement lorsqu'il dit :

Nu ivas de baan gebroken en aan Spanjes Koninr/, aan geheelEuropawas beivezen, dat het Heine volk van Noord- Nederland zijne vlag kon en dur/de vertoonen tôt aan het uiteinde der aarde en dat het, voor zijnen kolonialcn handel, Lissabon kon ontberen'.

En janvier 1598, une nouvelle compagnie s'était fondée à Amsterdam pour envoyer des vaisseaux dans les Indes; elle se nommait : Nieuwe Compagnie voor de vaart on Oost-lndie. Quelques temps après elle se fondait avec l'ancienne et prenait le nom de Oude Compagnie'.

C'est cette société qui, dans cette même année 1598, équipa une nouvelle flotte de huit navires. Elle était commandée par Jacob Gornelisz. van Neck, qui avait avec lui Wybrand van Warwijck et Jacob van Heemskerck.

I. «. Maintenant le chemin était tracé, et il était démonlré au roi dKspagne et à toute l'Europe que le petit peuple des Pays-Bas du Nord pouvait et osait montrer son drapeau jusqu'aux extrémités de la terre et qu'il n'avait plus besoin de Lisbonne pour son commerce colonial. »

. De Jonge, t. I. p. 101-102.

Les navires s'appelaient : Mauritius, navire amiral, Amsterdam, Eollandia, Zeelandia, Geldria, Utrecht, Vriesland, Overijssel.

Cette flotte quitta le Texel le 1er mai 1598. Le 24 juillet elle était à la hauteur du cap de Bonne-Espérance ; une tempête qui survint peu de temps après dispersa les navires. Le Mauritius avec l'amiral vanNeck, la Eollandia et le yacht Overijssel restèrent ensemhle ; mais ils furent obligés de relâcher à Sainte-Marie sur la côte ouest de Madagascar; ils n'y restèrent que cinq jours. Le 25 novembre ils arrivaient à Bantam. La traversée n'avait duré que six mois et vingt-cinq jours; c'était un beau résultat pour cette époque. Van Neck fut reçu très amicalement par les habitants de Bantam, tout fiers de s'être débarrassés des Portugais. A la fin de décembre les navires étaient chargés des productions de l'île.

Vers celte époque, les cinq autres navires arrivèrent; ils avaient essayé de relâcher à Madagascar, mais la tempête les en avait repoussés et les avait jetés sur l'ilc « Do Cerne » qu'ils avaient appelée île « Mauritius ». Van Neck acheta encore des produits indigènes pour charger le Vriesland et avec ces quatre navires il repartit pour la Hollande où il arriva le 19 juillet 1599. Il rapportait une si riche cargaison que l'on put dire que « depuis que la Hollande était Hollande, jamais on n'avait vu de navires aussi richement chargés ».

Avant de quitter les Indes, van Neck avait laissé à Wybrand van Warwijck le commandement des quatre autres navires '.Amsterdam, Zeelandia, Geldria et Utrecht en le chargeant de faire une expédition vers les Iles des

Epices, situées plus à l'est. Dans ce but Warwijk quitta Bantam, le 8 janvier 1599; il toucha aux ports de Jakatra, Toeban, Joertan et à Grisse, qui avait à cette époque un commerce important avec les Moluques. Il fut reçu amicalement partout et dans ces villes il prit des pilotes pour continuer son voyage. Le 3 mars, l'escadre jetait l'ancre dans la rade de Hitoe, à Amboinc. Les négociations furent bientôt engagées, mais on s'aperçut rapidement qu'il n'existait pas dans cette île assez de produits pour charger un navire. On résolut donc de se séparer ; Warwijck avec deux navires, Amsterdam et Utrecht, se dirigea sur Ternate. Il fit alliance avec le sultan de cette île qui était alors en guerre avec les Espagnols ; cependant il ne put compléter sa cargaison. Avant de partir, il fonda un comptoir de commerce à la le te duquel il plaça Frank van der Does : c'est le premier que les Hollandais aient établi dans cette région. Il toucha ensuite à Bantam pour compléter la charge de ses navires, et le 21 janvier 1G00 il repartit pour la Hollande où il arrivait en septembre de la même année.

Jacob van Hcemskerck, qui s'était séparé de Warwijck avec le Geldria et le Zeelandia le 8 mai 1599, s'était dirigé vers Banda. Là il chargea ses navires et fonda deux comptoirs de commerce. Le 5 juillet il quittait l'île et le 9 août il était devant Bantam dont le souverain lui remettait une lettre pour le comte Maurice. Il arrivait à Amsterdam le 19 mai 1600. Ce voyage est le premier que les Hollandais firent aux Moluques. Le succès en est dû en grande partie à Hcemskerck dont l'intelligence et la fermeté menèrent à bonne fin cette entre-

prise. C'est lui, qui répondit un jour aux marchands trop prudents : « Où nous aventurons notre vie, les messieurs de la compagnie peuvent bien aventurer leurs navires et leurs cargaisons. »

Du reste, Jacob van Heemskerck et Jacob van Neck furent les premiers dont les entreprises clans les Indes eurent un bon résultat et, comme tels, ils doivent être considérés, bien plus que Houtman, comme les fondateurs du commerce néerlandais dans l'archipel indien1.

Le retour en Hollande des navires de la première expédition de Houtman avait excité l'émulation. Deux sociétés s'étaient fondées aussitôt simultanément en Zélande pour envoyer des navires aux Indes. L'une, à la tète de laquelle se trouvait Adriaan Hendriksz. ten Haeff avait son siégea Middelbourg; l'autre, sous la direction de l'infatigable Balthazar de Moucheron avait été fondée à Veere*.

Cette dernière compagnie fit équiper deux navires de Leuiv et de Leeuwin, dont le commandement fut confié à Cornelis Houtman. La force des deux équipages réunis était de deux cent vingt-trois hommes.

Ils quittèrent Flessingue le 15 mars 1598, six semaines avant le départ de van Neck. Cependant ils n'atteignirent les Indes que sept mois après celui-ci.

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