‹ Œuvres, 1884-1888Chapitre 13 sur 65 · Valentyn, t. T, p. 172. — De Jonge, t. I, p · texte numérisé non relu

Valentyn, t. T, p. 172. — De Jonge, t. I, p

montrer qu'il n'en est rien et que ces voyages furent le résultat d'un plan médité depuis longtemps et suivi avec beaucoup de persévérance.

En effet, les Hollandais, préoccupés de ces Indes dont leurs navires avaient si souvent transporté les produits des ports espagnols dans les autres ports de l'Europe, cherchèrent à recueillir tous les documents qui pouvaient les guider sur la route des Indes. Ces recherches étaient difficiles et dangereuses, car les Espagnols et les Portugais punissaient de mort quiconque aurait vendu des cartes aux étrangers.

Néanmoins, le 17 avril 1592, le libraire Cornelis Glaesz, d'Amsterdam, vint déclarer aux Etats-Généraux qu'il avait réussi à se procurer à ses frais, par l'entremise du savant Peter Plancius, vingt-cinq cartes marines se rapportant aux Indes, à la Chine et à l'Afrique. C'était le cosmographe Bartolomeo de Lasso, chef de la navigation en Espagne, qui les avait envoyées à Plancius.

Les Etats-Généraux donnèrent l'ordre de les faire imprimer : ils prescrivirent en même temps de construire une grande carte du globe qui devait servir de base aux futures découvertes. On voit facilement de quelle importance était cette communication faite six mois avant le retour de Linschoten. C'est à ce moment que les marchands d'Amsterdam envoyèrent à Lisbonne les deux frères Houtman pour compléter les documents de Plancius, et, au besoin, les vérifier. Linschoten qui rentra dans sa patrie en septembre 1595 ajouta de nouveaux renseignements à ceux déjà obtenus par ce moyen.

On voit par là que Houtman, loin d'avoir été le promoteur de l'expédition, ne fut, en réalité, que l'agent des commerçants d'Amsterdam. On sait du reste maintenant qu'il n'était que le « Chef du commerce » et que la flotte fut conduite par l'habile pilote Pieter Dircksz. Keyser, qui mourut dans le détroit de la Sonde. Il ne reste donc à Houtman que le mérite d'être revenu en vie, et comme on oublie vite les morts, c'est lui que l'histoire désigne comme ayant conduit la première flotte néerlandaise aux Indes1.

Maintenant que nous avons rétabli ce point d'histoire sous son jour véritable, revenons à l'expédition ellemême.

Quatre navires furent équipés pour l'expédition ; c'étaient: le Mauriti us, la Eollandia, l'Amsterdam et le Duifken.

Cette petite escadre devait suivre la route ordinaire des Portugais. Ces navires, les premiers qui aient été aux Indes sous pavillon néerlandais étaient très petits en comparaison des galions espagnols, mais l'expérience avait démontré qu'ils possédaient de grands avantages à la mer, en particulier au point de vue de la rapidité de la marche. Ils étaient armés d'un grand nombre de canons qui leur avaient été fournis par les villes de Hollande. Les provisions et les armes étaient abondantes. Toutes les précautions contre les accidents de mer étaient prises ainsi qu'en témoigne un passage de van Meteren : «...ivoîiderlicken welwaren (les navires) loe-

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