DEUXIÈME VOYAGE
DU CONTROLEUR J. YAN 0LDENR0RGH
Sur le vapeur de l'État HA V1K.
Du 22 septembre au 11 novembre 18792.
Ce voyage avait d'abord pour but de visiter les îles Adi, Aidoema et Lakahia, situées devant la côte Kowiai, qui n'avaient pas été visitées depuis longtemps par un navire
\. Koloniaal verslag de 1880.
2. Koloniaal verslag de 1880. — Rapport du contrôleur J. van Oldenborsh.
de l'Etat. Le contrôleur devait y établir plusieurs écussons néerlandais1 et ensuite longer les côtes ouest et sud de la Nouvelle-Guinée jusqu'au lil°L. E, limite des possessions néerlandaises. Puis il devait revenir sur la côte nord pour y visiter la baie de Humboldt.
Comme il est facile de le comprendre, ce trop vaste programme ne put être rempli, mais néanmoins cette expédition rapporta de précieux documents pour la géographie et pour l'ethnographie.
Le Havik se rendit d'abord à Amboine pour y prendre un pilote célèbre qui, depuis 1836, avait servi à bord de beaucoup de navires de guerre néerlandais.
A Lilinta, le Radja-Moeda et le major furent embarqués, le Havik devant visiter les dépendances de Misool sur la côte ouest de la Nouvelle-Guinée. Le 1er et le 2 octobre on resta à Atti-Atti, àRoembatti et à Pattipi; le soir du second jour on arriva dans labaic de Kapauer.
La noix de muscade est très abondante dans cette région, mais les habitants ne savent pas bien l'exploiter. Les indigènes do cette côte sont assez civilisés, ils sont musulmans et on trouve déjà à Kapauer et aux îles Karas quelques mosquées.
Celte visite du Ilavik ne fournit aucun renseignement nouveau sur cette contrée. Le 5 octobre, le vapeur arrivait devant Adi.
1. On sail que les Néerlandais n'uni aucun établissement en Nouvelle-Guinée, de sorte que, n'occupant pas réellement celte contrée, ils sont obligés, pour constater leurs droits, de faire établir par toutes 1rs expéditions, sur lous les points importants de la cote, des poteaux portant un écusson aux armes des Pays-Bas,
Le 5, il se dirigea vers les îles Aroes pour compléter son chargement de charbon.
Le 9, il était devant Namatotte, il toucha ensuite à Aidoema et à Lakahia. La suite du voyage du Havik est très importante, car ce navire visita la côte sud (si peu connue) de la Nouvelle-Guinée, qui s'étend de Kowiai jusqu'au détroit de la Princesse-Marianne. Cette région n'avait pas été visitée par les Européens depuis 1835.
Le 1J octobre, le Havik jeta l'ancre devant un kampong situé par 130° 33' de long-. E, et par 4° 40' lat. S, non loin d'Oetanata (13Gn 10' 5" long. 0, et 4° 32' 20" lat. S). A l'approche des Européens, tous les indigènes se sauvèrenl dans les bois. On attacha cependant un écusson néerlandais à un gros arbre en plaçant tout autour de petits miroirs, des couteaux, des mouchoirs, etc. Pendant tout le temps que les Hollandais restèrent à terre, les indigènes les considérèrent du haut des branches où ils étaient perchés; on essaya de leur faire comprendre qiùm ne leur voulait pas de mal, mais pas un ne descendit. L'interprète leur parla de loin pour leur faire entendre qu'ils pouvaient emporter les préseuls, niais qu'ils ne devaient pas touchera l' écusson. Ils parurent avoir compris, car ils répondirent à ce discours par une espèce de hourra formidable. L'interprète crut saisir qu'ils appelaient leur village : AVakara. Lorsque les Hollandais furent de retour à bord, les indigènes descendirent de leurs arbres en se dirigeant vers l'écusson qu'ils ne cherchèrent pas à enlever. Les plus courageux emportèrent les présents qu'on avait laissés.
Ce pauvre village se compose d'une dizaine de misé-
rablos huttes dans Lesquelles van Oldenborgh no trouva que quelques pots en terre. Tous les indigènes avaient la chevelure crépue si caractéristique des Papouas. D'après les observations faites de loin par le contrôleur, il paraîtrait que les hommes portenl le tijdako, et que les femmes n'ont qu'une petite ceinture d'écorce d'arbres. Il ne put voir aucun ornement de bras, d'oreille, de poitrine ou de nez.
Ce kampong était déjà connu de nom, car on le trouve cité sous la forme Akaradans le voyage du Triton en 1828', quoique ce navire n'y ail pas été. Du récit de cette expédition, il résulterait que Akara se trouve à l'ouest de Oetanata, ce qui n'est pas d'accord avec les observations faites à bord du Havik. Mais ceci peut s'expliquer facilement si l'on songe que les renseignements obtenus en 1828 étaient à peine compréhensibles pour les interprètes. Les Papouas de Wakara n'avaient jamais vu d'Européens.
Le 13 octobre, le Havik entrait dans le détroit de la Princesse-Marianne. Des traces laissées par des hommes ne furent trouvées qu'en un seul endroit : c'étaient des
empreintes de pieds visibles sur le sable.
Sur ces entrefaites, la provision de charbon ayant beaucoup diminué et le berri-berri ayant éclaté à boni. le Havik fut obligé de se rendre à Dobo pour y embarquer du combustible ; le 21 octobre il était à Amboine,
t. Modéra. — Reis //""/ d< Zuid-Westkust van Nieuw-Guinea, p. 73 et 81. — S. Muller. — Reizen in der Indischen Archipel lro partie, p. 46.
d'où il repartait pour la côte nord de la Nouvelle-Guinée. Il visita Salawatti, DoreietKorrido. Cette dernière partie du voyage ne fournit aucun renseignement nouveau.