SUMATRA
Un Malais écrit de Tepakis (Priaman) au Journal de Sumatra au sujet de l'éruption volcanique :
« A partir de dimanche après-midi, jusqu'à lundi,
nous entendîmes ici un bruit comme celui d'un violent bombardement; on aurait dit qu'il se livrait devant Padang, entre deux flottes, un combat dans lequel chacun des deux partis remportait alternativement des succès, car les détonations semblaient venir tantôt de la mer et tantôt de l'intérieur, d'Oedjoeng Karang et de Ajir Mas. Non loin de Tepakis, des bruits souterrains se faisaient entendre et l'on voyait delà fumée sortir de terre.
Lundi matin, des colonnes de fumée sortaient du Berapi ; l'après-midi, des mouvements de flux et de reflux extraordinaires se sont produits à plusieurs reprises.
Une lettre, adressée d'Atjeh au Handelsllad de Batavia, rapporte ce qui suit :
« Le 3 septembre, le gouverneur Laging Tobias recevait une dépêche de Tinang, par le steamer Devonhurst, lui annonçant que le tremblement de terre qui avait eu lieu dans la nuit du 26 au 27 août avait causé de terribles dévastations dans le détroit de la Sonde. Cette dépêche nous expliqua pourquoi, dans la soirée du 26 août, il nous avait semblé entendre à plusieurs reprises, à Kotta-Radjah et plus à Test, des coups de canon; beaucoup croyaient qu'on était aux prises avec l'ennemi, soit à Lambaroe, soit à Anagaloeng, soit à Glekarnbing.
Le commandant de la province, le colonel Demmeni, étant persuadé que l'ennemi dirigeait une attaque sérieuse contre nos possessions et que les nôtres avaient dû recourir à l'artillerie pour se défendre, envoya une forte colonne pour les dégager.
La colonne apprit avec surprise qu'aucune attaque n'ayant eu lieu, on n'avait pas eu à tirer un seul coup de canon.
Les mêmes détonations avaient été entendues dans nos possessions de l'est. Nous avons donc entendu, à une distance de 300 heures, distinctement, les dernières détonations provenant de l'éruption du Krakatau, qui, peut-être, a été la plus terrible de ce siècle.