‹ Œuvres, 1884-1888Chapitre 47 sur 65 · Berigten der Utr. Zending., [884, p. I07--joi · texte numérisé non relu

Berigten der Utr. Zending., [884, p. I07--joi

s'était pas enfuie. Les habitants de ce kampong appelé Pauwi s'apprivoisèrent assez facilement et ils consentirent même à venir à bord pour se faire photographier. Ces gens ont le même aspect que ceux des îles de la baie du Geelwink, ils ont des parangs qu'ils vont chercher à Koeroedoe en passant par une crique qui aboutit en face de cette île; ils déclarèrent qu'elle n'est pas navigable pour un aussi grand bateau que le Havik. Dans la journée, on passa devant le kampong Mawa, mais il était abandonné. Le 22 juillet, on continua le voyage après avoir passé la nuit près de l'île Morris. A mesure qu'on avançait, le pays devenait montagneux, le tleuve se rétrécissant légèrement, mais on ne trouva jamais moins de six brasses de profondeur. Le courant devint de plus en plus fort et 1rs courbes augmentèrent. Vers trois heures de l'après-midi, on passait à l'ouest d'une île, quand soudain la sonde ne signala plus que deux brasses et demie. En faisant machine en arrière pour chercher la passe, le Havik donna sur un banc de sable, le courant le coucha bientôt sur le flanc. A cet endroit, la rivière, large de i à 500 mètres, avait une vitesse de quatre milles et demi. D'après les rives, on pouvait juger que les eaux étaient basses, mais comme la nuit qui commençait pouvait être mauvaise, on se décida à débarquer les vivres el les provisions le lendemain matin. La nuit suivante fut passée au bivac. Heureusement, dans la journée du '1\ juillet, les eaux s' étant un peu élevées, le Havik parvint ;i se dégager et vint jeter l'ancre devant la pointe nord de l'île qui porte actuellement son nom. Le lendemain malin, on cloua sur un gros arbre un écussondaté

comme preuve qu'un représentant du gouvernement des Indes néerlandaises était venu jusqu'à ce point situé par 138°2'8"Lg\E et 2°20'Lat.S. Comme pendant les trois jours passés près de l'île Havik on s'était convaincu qu'il était impossible de continuer à remonter le Qeuve, on se décida au retour. Il ne s'effectua du reste pas sans difficultés à cause de la violence extrême du courant. C'est à peine si deux ancres étaient suffisantes pour tenir le navire.

Dans l'après-midi du 20, on vit quelques indigènes près du kampong de Koekocndoeri. ils appartenaient à la tribu des Oedambcssoes. La région où le Havik s'est ensablé s'appellerait Keresi. Le lendemain malin, le Ham'A: jeta l'ancre devant le kampong Mawa qui élail désert au moment où le navire remontait le lleuve. Celle fois-ci, toute la population s'y trouvait. Le docteur van Péc put photographier quelques individus, mais les femmes se sauvaient toujours quand on les approchait. Le soir, on arrivait devant Pauwi dont les habitants étaient de vieilles connaissances. Ils apprirent à l'étatmajor du Havikqrxily avait quelques kampongs dans les environs qui portaient les noms de Mapi,Kabomi, Rferaboei et Woromborpi; comme la carte de la Nouvelle-Guinée de Melvillvan Carnebee porte plusieurs kampongs de noms analogues à ceux-ci, on peut en conclure que les habitants de cette région sont en relation depuis plus d'un demi-siècle avec les Meforais et autres tribus du nord de la grande baie du Geelvink.

Après avoir passé la nuit devant Pauwi, on partit le 28 juillet et on arriva dans l'après-midi à l'embouchure

en passant devant le kampong de Teba. Les indigènes appellent l'Amberno « Mamberan », c'est-à-dire grande rivière. Quoique l'Amberno soit navigable sur plus de 60 milles pour les navires de baute mer, il n'est pas le fleuve imposant qu'on avait supposé jusqu'ici. Il n'a qu'une embouchure (c'est le résident qui parle), mais certainement il doit perdre beaucoup d'eau dans les marais qui bordent son cours inférieur. Les ouvertures du rivage que l'on voit sur la baie du lieelvink entre le 1°,20' et le 3°, 30' Lat. S. ne sont, a l'exception de l'Aibaran et du Kei, que des canaux de communication entre la mer et les lagunes situées plus à l'intérieur ; devant celles-ci la mer a sa couleur naturelle, ce qui n'est pas le cas devant les rivières un peu importantes. La rivière Kei semble peu considérable et elle a un volume d'eau peu notable, car un kampong est construit en travers sur son courant, ce qui n'aurait pas lieu si elle était sujette à de fortes crues. Les indigènes prétendent que l'on peut gagner l'Amberno en remontant en bateau la rivière Kei. Les lagunes paraissent plus habitées que les rives de l'Amberno ce qui s'explique si l'on songe que, dans ce pavs où les tribus sont toujours en guerre, il faut se construire des villages aquatiques qui soient, autant que possible, à l'abri des atteintes de l'ennemi, ce qui est plus facile sur une lagune que sur le fort courant de l'Amberno. Après avoir quitté ce fleuve, le Havik toucha tout d'abord à Ansoes et à Dorci pour y prendre du charbon et le 5 août 1884 il jetait l'ancre devant Ternate.

En résumé, pendant son premier voyage de 1883, le

résident visita non seulement Jamma, mais il explora aussi les embouchures des deux rivières qui se jettent dans la baie de Walckenaer; plus à l'est, il lova la baie de Mattcrer qui n'avait jamais été visitée par un navire du Gouvernement ; mais, ce qu'il y a de plus important dans ce voyage, ce sont les relations nouées avec les populations habitant ces régions.

Au cours de son deuxième voyage, le résilient Morris en remontant le fleuve Amberno a fait une découverte bien plus importante que toutes celles que ses compatriotes avaient faites depuis le commencement du siècle. Jusqu'à un certain point, c'est le pendant du voyage de d'Albcrtis sur la rivière Fly; de même que la Neva, le Havik dut rebrousser chemin parce qu'il n'avait plus assez d'eau sous sa quille ; cependant le résident ne pénétra que d'un degré dans l'intérieur, tandis que d'Albertis en franchit 3 1/2. Mais, il est vrai de dire que van Braam Morris rencontra le terrain montagneux bien plus tôt que d'Albertis.car tout le cours inférieur du Fly est situé dans une région marécageuse analogue à celles qui se trouvent autour des embouchures des fleuves de Bornéo.

l'ai1 ces voyages, les Néerlandais ont montré qu'ils avaient la ferme intention d'explorer la moitié de la Nouvelle-Guinée qui leur appartient en la faisant entrer en même temps de plus en plus dans le courant de la civilisation. Tout récemment, la Société de Géographie d'Amsterdam a résolu d'envoyer une expédition pour explorer scientifiquement celte région. Celle activité est d'autant plus nécessaire que le gouvernement allemand

vient de signifier officiellement à la Hollande la prise de possession de la côte nord de la Nouvelle-Guinée située à l'egt du 141° de longitude est.

Dans notre précédent travail nous avions annoncé la création d'un service trimestriel de bateaux à vapeur partant alternativement de Boetonet de Ampenan (Lombok) en touchant à la Nouvelle-Guinée; depuis, il a été décidé que le point de départ et d'arrivée serait Macassar et que la ligne ne desservirait plus que les localités situées dans la résidence d'Amboine, les bateaux s'arrètant, en allant et en revenant, à chaque station.

Paris, le US février 1885.

Versailles. — Imp. E. Aubert. 6, avenue de Sceaux.

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