‹ Œuvres, 1884-1888Chapitre 64 sur 65 · HO · texte numérisé non relu

HO

L'arête est moins nette et on voit quelquefois dos

sonfmets arrondis. Au Nord les contreforts de la chaîne principale sont perpendiculaires à la côte; au Sud, au contraire, ils lui sont presque parallèles et beaucoup plus courts, et se masquent mutuellement.

Au Nord de ce point les contreforts ont une direction variant entre le Nord et le Nord-Est; plus au Sud, entre l'Estou Sud-Est. En continuant sa route, le Samoa passa devant l'île Dot; c'est une jolie petite île boisée, qui dans sa partie Sud-Ouest présente deux rochers dénudés. Au Sud. on découvre des golfes, paraissant peu profonds. A environ Kl milles au Sud de la pointe Parsee, commence une plaine étendue. L'ile Solitary, qui se trouve dans eetle région, paraît être réunie au rivage par un récif; cependant il se pourrait qu'il y eût un passage. Dans cet endroit il doit y avoir une longue vallée s'étendant an Nord-Ouest, car la région plate qui forme un angle saillant, au milieu de laquelle se trouve une colline haute de 50 mètres, reçoit les alluvions d'un grand ûeuve.

Ce dernier doit venir de- montagnes, car ses eaux ne sont pas brunes. L'île Solitary ressemble à une île de corail; on y voit un village entouré de cocotiers.

Après avoir dépassé la pointe orientale de l'île, on découvrit, au Sud du cap de la terre ferme situé vis-à-vis de 1 île. une embouchure de ileuve; plus loin au Sud on en aperçut une autre. Le Samoa mouilla à la tombée de la nuit près de cette dernière rivière, par 17 brasses de fond à environ 300 mètres de son embouchure et près d'un village; 30 brasses de chaîne furent tilée>.

Le relèvement do l'île Solitary est N. 1/4N.-E. et le cap qui ferme le golfe au S.-E. 1/4 N.-E. ; par suite ce port est à l'abri des vents dominants.

Le matin suivant von Schleinitz explora la rivière près de laquelle était ancré le Samoa, et il envoya le pilote Fossgreen reconnaître l'embouchure qui se trouve plus au Nord, afin de se rendre compte si on pouvait y pénétrer en bateau. Von Schleinitz remonta la rivière pendant 3 milles; il y a peu d'eau sur la barre qui existe à son embouchure. La direction générale do son cours est d'abord occidentale, puis elle se dirige vers le Nord. Dans sa partie inférieure, elle a une largeur de 20 à 30 mètres, et ses rives sont couvertes de palétuviers; plus haut sa largeur n'est plus que de 6 à 8 mètres et on commence à voir des palmiers à sago.

Le courant est insignifiant, la profondeur est de 0n\ 60 à l'embouchure; plus loin elle augmente jusqu'à tm. 40 pour diminuer très rapidement; au delà on fut arrêté par des troncs d'arbres. Von Schleinitz suppose que cette rivière communique par un bras peu profond et étroit avec le liras principal qui doit avoir son embouchure en quelque endroit de celte côte liasse dont Le sol n'est pas constitué par des dépôts boueux mais bien par des sables quartzeux.

D'après le rapport du pilote, L'embouchure du lleuve situé au Nord du golfe na que 10 mètres de large, el le ressac empêche d'y pénétrer. Il esl possible que le Qeuve ait encore une autre embouchure plus au Nord, qui ail échappé à L'état-major du Samoa, f^a formation des vallées et les dépôts d'alluvion font supposer qu'il existe

un grand cours d'eau dans cette région. Une exploration ultérieure pourra seule Le constater.

A 10 heures et demie, le Samoa quittait lu baie. La pointe suivante, cap Moltke, est entourée d'un récif d'un demi-mille de long, qui s'étend surtout vers le Sud.

Dans le golfe situé derrière celte pointe, on voit au Nord un rivage sablonneux; au Sud les arbres viennent jusque dans la nier. A l'Ouest il doit y avoir une embouchure de fleuve. Le cap Roon est prolongé, vers l'Est, par un récif qui s'avance assez loin dans la mer. Les arêtes i\^> dernières collines de ce cap ont de nouveau une direction presque parallèle à la cote. Au delà du récif dont on vient de parler, on en trouve encore deux autres absolument isolés et recouverts par la mer : le premier à trois quarts de mille du cap, et le deuxième à 1 mille. (Mi put passer entre les deux, parce ([lie le temps était clair.

Entre le cap Roon et le cap Wrangel qui est très proéminent, s'ouvre un très grand golfe, le llessen Bucht : il est peu profond et est divisé lui-même en deux petits golfes, par une pointe plate.

Devant le golfe, se trouve l'île Dampling.

An fond du llessen Bucht on remarqua une embouchure de rivière assez large, et comme sa vallée s'ouvre profondément vers le Sud, il parut nécessaire d'explorer cette rivière.

Le Samoa entra alors dans le golfe, il jeta l'ancre par 17 brasses de fond un peu au Sud de l'embouchure cl à une encablure du rivage où l'on voyait un village abandonné. Relèvements pris au mouillage : Cap de Roon

N. 1/4 N.-E; CapWrangel S.-E. l/4E.Les îles Longuenu1 et Dampling abritent ce port contre les principaux vents et contre la grosse mer.

Von Schleinitz entra dans la rivière ; son embouchure qui a 200 mètres de large est défendue par du ressac. mais bientôt la largeur diminue jusqu'à 100 mètres et la profondeur n'est plus que de une à unebrasse et demie ; le fond est caillouteux. Cette rivière reçut le nom de Stein.

Les rives riaient couvertes d'une espèce d'arbre que von Schleinitz crut être le cedar tree de la Nouvelle- Guinée anglaise.

A un demi-mille de l'embouchure, de nombreux bancs de cailloux, diminuent la profondeur de l'eau. Malgré un courant de 4 à 5 nœuds, on traîna le canot sur un de ces bancs derrière lequel on retrouva une eau profonde et on put ainsi parcourirune nouvelle distance de 1 mille et demi jusqu'à un endroit où la rivière reçoit du Sud un gros affluent ayant environ 15 mètres de largeur. Comme la rivière principale n'était plus navigable, on la suivit dès lors à pied [tendant 2 milles, en marchaiil dans son lil pierreux, souvent large de lOOàloO mètres. La rivière elle-même coule au milieu du lit pierreux, elle a alors une largeur de 20 à 25 mètres. Elle décril de nombreuses courbes qu'on eul souvent à traverser.

On arriva enfin à une chaîne de hauteurs, qui l'ait infléchir la rivière vers le Sud ; plus loin, elle se dirige de nouveau vers l'Ouest. Là elle reçoil un petii affluent du .Nord. De ce point on pouvail emltrasser de l'œil une grande partie de la vallée du llenve principal, el l'on ne vil aucun obstacle pouvanl empocher de pénétrer dans

L'intérieur, il serai! même possible d'employer ici (les botes do somme.

Comme il était déjà tard, l'expédition dut rebrousser chemin, parce qu'on voulait franchir avant la nuit les rapides assez dangereux qui sont à moitié barrés par des troncs d'arbres el (tardes branches. .Néanmoins, après avoir rejoint son canot, von Selileinilz visita encore une partie du cours de L'affluent venant du Sud. Le courant était très violent el il faillit faire chavirer le canol au moment où il se préparai! à redescendre. Ici, de même que plus au .Nord. Les oiseaux de paradis sont abondants. M. Schneider tua successivement trois mâles sur le même arbre.

Le lendemain 12 octobre, le Samoa continua sa route en naviguant entre la côte el les îles Dampling et Longuerue; c'esl probablement le premier navire qui, à partir de la pointe l'arsee, ait suivi celte roule, car des rapports et des sondages de Moresby, il résulte qu'il est resté en dehors des îles avec le Basilisk et qu'il a seulement envoyé quelquefois son embarcation à vapeur en- Ire les iles et la terre ferme. Le capitaine Sechstroh rapporta à von Schleinitz que Le Samoa, lors du voyage du docteur Finsch, était également resté en dehors des îles et qu'on n'avait pas relevé celle côte en détail; c'est peut-être la cause pour laquelle le docteur Finsch dit qu'il n'existe pas de port dans cette région. Ces lies sont toutes rocheuses et élevées, il est à supposer qu'elles sont la continuation des montagnes de la terre ferme. L'île Longuerue possède deux pics, celui du Nord surtout est très aigu.

Au Sud du cap Wrangel, qui est entouré de petits récits, s'ouvre un golfe qui, jusqu'au cap Bronsart, n'a que des grèves étroites; on découvrit l'ouverture d'une vallée renfermant deux villages, on crut même di>linguer une embouchure de rivière entre les deux.

Les montagnesde L'intérieur ont des versants abrupts, elles sont assez élevées et semblent courir vers le Sud- Est.

Les contreforts qui forment les caps ont une direction Est-Nord-Est.

Devant le cap Bronsart s'étend un grand récif qui s'avance d'environ 1 mille en mer.

Il n'était pas facile de se rendre compte s'il existait un bon passage entre le cap et ce récif; comme derrière le cap s'ouvrait un golfe profond, le Samoa y entra à 8 heures du matin.

Ce golfe forme un bon port entouré de hautes terres; au fond se trouve un gros village très peuplé; à trois quarts d'encablure de ce dernier on trouve encore 3 brasses d'eau.

Relèvement des deux pointes formant le golfe :

N.-E. 1/4 N. et E. 3/4N.

Entre les deux caps, on voit l'île Longuerue et les petites îles situées au Sud, en sorte que le golfe est absolument entouré de terre de tous côtés, et par suite est à l'abri des vents et des grosses vagues ; il fut appelé lia (Ici) Ma Ici).

An Nord du pori se jette nu petit cours d'eau; on trouve un excellent mouillage par 15 brasses de fond. Après cette exploration rapide faite sans mouiller, von

Schleinitz quitta ce golfe vers 9 heures du matin pour entrer dans le golfe situé plus au Sud. Celui-ci est également profond et une petite île, appelée Boyen, se trouve

à son entrée. Le Samoa, passa entre elle et le cap Gôben qui est également entouré de récifs.

On ne trouve de terrain plat que dans le sud du golfe; sur le reste de son contour les montagnes tombent à pic dans la mer. et à leurs pieds on voit quelquefois des massifs de palétuviers. On ne vit aucun village ni aucun cours d'eau. Dans l'intérieur du golfe on trouva un fond boueux par 25 brasses; dans l'angle Sud-Est la profondeur doit être moindre.

Relèvement de la pointe Sud. N.-E. 1 \ N.; l'autre N. Entre les deux promontoires on voit la pointe Sud de l'ile Longuerue dans la direction N.-N.-E. en sorte que ce port, appelé Wurtemberg Bucht par von Schleinitz, est presque entouré de terres de tous côtés. Du liant du mât le capitaine Sechstroh crut distinguer dans le Nord du golfe, près de la terre, deux endroits où l'eau paraissait peu profonde, on pourrait y trouver un bon mouillage ; il crut également voir un endroit pareil sur le côté Sud. Les montagnes sont couvertes de forêts. Dans ces deux golfes il n'y a point de houle et la mer est aussi calme qu'à la surface d'un étang.

Du haut du mât on pouvait voir un récif, entre l'ile Boyen et l'île Longuerue; en sortant du golfe dans la direction N.-E. 3/4 N. on le longe à une distance de 1 mille environ.

Le cap suivant, qui fut appelé cap Verdy, est constitué par des rochers abrupts et est entouré d'un petit récif;

à l'Est de Longuerue s'étend un récif plus grand. Le golfe suivant esl inoins profond et a une direction 0. -S. -0. 1/2 0. Dans le fond on crut voir l'embouchure d'une rivière. La cote est ondulée, et la principale chaîne de montagnes est assez en arrière, les versants en sont peu inclinés, en sorte qu'il aurait été intéressant d'explorer la rivière qu'on avait entrevue ; cependant von Schleinitz négligea ce golfe parce qu'il était en train de mesurer une base, opération qu'il n'avait pu encore exécuter n'ayant jamais été à même de naviguer pendant 1 mille en ligne droite. Le cap suivant. Blumenthal Spitze, a sa pointe Nord entourée de récifs. Au delà s'ouvre un golfe dans la direction S.-S.-O. Au Sud du golfe, on voit dans la montagne une dépression ressemblant à un ancien cratère.

Comme von Schleinitz supposait que le golfe pourrait être en communication avec un lac qui se trouverait dans ce cratère, il s'enfonça dans la partie la plus profonde du golfe en suivant une direction Sud-Ouest. En passant devant le soi-disant cratère, on constata que ce n'était qu'un bras du golfe.

La pointe Nord est prolongée par un récif dans la direction N.-O. 1/4 0., il a environ trois encablures de long. La pointe Sud est aussi entourée d'un récif étroit qui s'étend sur toute la longueur de la côte Ouest du golfe secondaire. A une encablure du fond du golfe principal qui est fermé par une paroi de rochers, on trouva "l'A brasses de fond.

Uelèveinenl des deux pointes formant le golfe : N.-E. 1/4 E. et E.-N.-E. Dans l'angle Sud se trouve une petite

embouchure de rivière ; comme la profondeur de Tenu était assez grande, von Schleinitz résolut d'explorer encore la baie latérale qu'on avait prise pour un cratère. Quand on est arrivé au milieu de ce bassin, le cap qui est au Nord de son embouchure, recouvre la pointe Nord du golfe principal, de sorte qu'on se croirait au milieu d'un lac entouré de montagnes et qui aurait un diamètre variant de un demi-mille à trois quarts de mille. A environ une demi-encablure, <»n trouve un tond boueux par 14 brasses. Von Schleinitz nomma ce golfe, qui forme un port tout à fait sûr, Braunschweig Hafen.

Vers 1 heure, en sortant de ce golfe, on mesura une nouvelle base.

Comme le temps fixé pour ce voyage «'lait limité, on ne put explorer à fond les trois baies suivantes : les deux premières doivent probablement offrir de bons mouillages; quant à la dernière, qui est peu profonde, elle est limitée au Sud par le cap Longuerue. Von Schleinitz avait l'intention d'aller jusqu'à la dernière des îles Struggling avant de rentrer à Finsch Hafen. Cependant, en passant entre les îles et le cap Longuerue, on vit des eaux troubles qui ne pouvaient provenir que d'une grande rivière.

Elles remplissaient à moitié Deatb Adder Bay. C'est là que Moresby avait fait du bois en 1874, et comme il ne parle d'aucun lleuve dans sa relation, von Schleinitz supposa qu'il devait se trouver plus au Sud. Cette supposition fut plus lard confirmée, par le fait qu'à cette époque de l'année les courants portent vers le Nord en entraînant avec eux les eaux troubles. Au Sud du cap

Longuerue et au delà de la baie Death Adder, on vit un cap adosséà une colline d'alluvions et qui se trouve sur le prolongement d'une longue vallée. Les conditions orographiques pouvaient faire croire à L'existence d'un fleuve.

Le Samoa se dirigea sur ce cap cl se trouva bientôt en présence d'une embouchure de 200 métrés de large, où malheureusement il y avait un fort ressac. Le Samoa mouilla un peu au Sud, à une encablure du rivage par 14 brasses de fond. Von Schleinitz essaya immédiatement de remonter le fleuve, <|iii a une profondeur variant de 1 brasse un quart à 3 brasses, mais plus généralement 1 brasse et demie, ce qui est bien suffisantpour Les petits vapeurs. Le ressac empêcha de l'aire des sondages devant L'embouchure; cependant von Schleinitz ne croit pas que la profondeur en cet endroit soit inférieure à 2 brasses. Vers le Nord de L'embouchure, le ressac est plus faible, c'est là qu'on le traversa. Comme la journée était déjà avancée et qu'une pluie violente tombait en ce moment, on ne put remonter le cours d'eau que pendant 1 mille un quart : Le courant avait une vitesse de 3 à 4 meiids. La profondeur du cours d'eau paraît èlre assez régulière, il n'en est pas de même de s;i largeur; dans une courbe (die se rétrécit jusqu'à 20 mètres, cl plus loin elle en mesure 50. Il est probable qu'on pourrait remonter assez liant avec une chaloupe à vapeur, mais en tout cas il sérail intéressant d'explorerce fleuve, qui recul le nom de .Margot ; les rives sont boisées; il esl étonnant (pie Moresby. qui a dû passer tout près, n'ait pas remarqué celle embouchure.

11 en est de même pour une île élevée assez grande. située à peu de distance au Sud du cap qui se trouve près de l'embouchure; il est probable que le Basilisk a passé dans ces parages avec une pluie intense.

A 6 heures et demie on rentrait à bord, et le Samoa se dirigeait par un temps pluvieux vers Finsch Hafen, où il arrivait le 13 au matin.

Au cours de ce voyage, von Schleinitz avait découvert S haies et î» cours d'eau plus ou moins importants.

D'après von Schleinitz, une expédition pourrait parfaitement pénétrer dans l'intérieur du pays, en partant de l'un de- points rencontrés sur la côte Sud du golfe Huon et en traversant la chaîne de montagnes.

Contrairement à ce qui a lieu pour les environsdu port Finsch et pour la côte qui s'étend au Nord, jusqu'au cap du Roi Guillaume, on ne rencontre, sur la côte Sud du golfe Iluon. aucune formation calcaire récente, ni aucun soulèvement de récif corallien.

Par contre, on y trouve exclusivement, même au niveau de la mer, des roches primitives ou métamorphiques, des terrains sédimentaires anciens et même des formations volcaniques.

Il n'est pas du tout impossible de croire qu'il existe dans cette région, pour pénétrer dans l'intérieur, des chemins beaucoup plus faciles que ceux qu'on trouve dans les contrées calcaires.

lài effet, les eaux ne creusent pas de gorges aussi abruptes dans les roches dures que dans le calcaire.

Les vallées relativement larges, qu'on rencontra, semblent confirmer cette opinion. Les plateaux et les vallées

de celle région montagneuse doivenl assurément offrir

de meilleurs terrains de culture que les formations calcaires dont la surface, sillonnée par des gorges à parois à pic, présente de nombreuses collines abruptes et peu développées en largeur. En outre, il y a à tenir compte de la facilité de pénétration de l'eau à travers le sol.

En revanche, la région visitée par von Schleinitz sur le golfe Huon, ne possède sur la côte aucun terrain plat qui ne soit marécageux : en cela elle est bien inférieure aux terrains calcaires. Il est probable cependant qu'on trouverait une certaine compensation, dans la fertilité des plaines alluviales formées par la rivière Markham et les autres cours d'eau explorés.

La côte possède des ports sûrs et les cours d'eau peuvent être remontés sur une certaine distance, par de petits navires, ce qui esl très important au point de vue de l'industrie forestière, car les forets y sont nombreuses.

On a déjà constaté que les montagnes couvertes d'herbes, comme on en rencontre dans 1rs antres parties de la Nouvelle-Guinée allemande, foui absolumenl défaut, jusqu'à un point situé à l'Ouest du cap Parsee. Il en est absolumenl de même pour les versants de montagnes <»ii les plaines qui en Nouvelle-Guinée son! couvertes de broussailles ou d'arbrisseaux.

Les collines et les montagnes, sur la côte en question, sonl couvertes d'arbres depuis le niveau de la mer jusqu'au sommet. La configuration du sol se prête aisément à ni xploitation lucrative du bois, mais le transport des troncs d'arbres paraît difficile; néanmoins il sérail possible de les amener sur le rivage même au

moyen «lu traînage. On peut aussi utiliser les rivières en faisant flotter les arbres, si du moins on n'a pas affaire à des bois trop lourds.

Les uombreuses baies découvertes par le Samoa permettraient aux navires de venir tout près du rivage, aux endroits où le bois serait rassemblé, et de l'embarquer tout en restant à l'abri du vent et de la mer.

Note anthropologique rédigée par le capitaine Dreger.

La taille des indigènes est plus petite que celle des gens df Jabim et de Tanii. cl ils ne sont pas aussi bien constitués. Ils mit le tronc proportionnellement long, il en est de même des bras ; les mains cl les pieds sont relativement grands. Leur apparence rappelle souvent, d'une façon étonnante, celle des montagnards Koi. La couleur de la peau des habitants de la région, comprise entre le llenve .Markliam el le cap Parsee, est rougeàtre, rappelant l'ocre brûlé; on put s'assurer que cela n'était pas dû à un barbouillage. Au Sud de la pointe Parsee, la peau des indigènes devient plus noirâtre; par suite, ils se rapprochent plus du type nègre que ceux qui habitent les enviions du port Finseh. L'aspect du visage diffère beaucoup; quelques individus ont de très beaux traits, d'autres au contraire ont des ligures bestiales. On

rencontra plusieurs fois un type juif très accentué; en plusieurs endroits, ce type est encore plus accusé par la façon de porter les cheveux et par une longue moustache; c'est surtout au nord de la pointe Parsee qu'on le rencontre1. La coiffure ne change pas seulement suivant les villages, car, dans le même endroit, on y rencontre des individus ayant les cheveux arrangés de façons différentes.

Les uns les ont colorés en rouge et réunis en petits paquets, d'autres les laissent tomber sur les épaules, en les réunissant par un lien. On rencontre beaucoup d'hommes ayant de la barbe, ce sont surtout des vieillaids. En s'approchant de ces indigènes, on s'aperçoit qu'ils dégagent une odeur suigeneris beaucoup plus forte que celle des autres individus rencontrés jusqu'alors.

L'éléphantiasis semble plus répandu qu'aux environs du port Finsch, il en est de même des plaies malignes et purulentes des jambes, associées à la paralysie. Le buste est souvent couvert de cicatrices énormes semblant provenir de brûlures.

La langue parlée dans la région visitée par le Samoa diffère beaucoup, même au poinl de vue des consonances, de celles connues sous le nom de Taini. Jabim et Saleng. Cette langue possède de nombreux sons gutturaux, tout particuliers, ainsi que (\r> claquements de langue inconnus des habitants des environs du port Finsch.

!. A comparer javec les observations analogues, déjà faites par plusieurs voyageurs dans des régions '1'' la Nouvelle-Guinée très éloignées les unes des autres.

Néanmoins dans cette région, on comprend certains iimls de la Langue Jabim, par exemple :

Abumatau = chef.

Xniam = bon.

Keckum = perles.

Gnap — bouteilles.

Kl = \\>v.

Ce dernier mol était dans tontes les bouches et était prononcé d'un son tout particulièrement quémandeur. Les explorateurs n'eurent pas le temps de taire des recherches Linguistiques plus développées.

Autant qu'on peut en juger, les mœurs et coutumes diffèrent peu de celles des environs dn port Finsch. On constata par deux fois (pie le t'ait d'offrir en cadeau des chiens doit rire interprété comme un témoignage de dispositions pacifiques, car les indigènes qui s'approchaient du navire pour commercer n'avaient avec eux que quelques lances de paix, c'est-à-dire des lances richement ornées de plumes, (-'est cette coutume qui avait failli être L'origine d'un conflit entre les indigènes cl L'équipage du liasi/is/; commandé par Moresby. En effet, la première fois que ce fait se présenta pour les marins du Basilisk, L'intention fut mal interprétée par eux. Le navire anglais se trouvait à l'entrée du Détroit de La Chine, au milieu d'un groupe d'îlots dont les habi- I ci h (s semblaient montrer des dispositions peu pacifiques. Deux on trois canots pleins de combattants étaient venus d'un air très menaçant à la rencontre de l'embarcation du lieutenant Mourilyan, mais la résolution

et le sang-froid de cet officier avaient imposé aux indigènes et, au lieu d'attaquer, ils finirentpar se consulter

entre eux. Quelques-uns retournèrent au rivage et revinrent immédiatement, rapportant un de ces maigres chiens qui infestent leurs villages. Ils grimpèrent alors aux lianes du Basilisk et leur chef qui portait le chien dans ses bras lui brisa la tète sur la dunette, avant que personne eût pu l'en empêcher. Aussitôt tous les indigènes montés à bord, en même temps que l'homme au chien, changèrent d'allures et se montrèrent très désireux d'entamer de bons rapports en faisant leurs bizarres saluts habituels.

Malheureusement, la colère de l'officier de quart et des officiers subalternes fut telle, à la vue de la dunette d'un navire de la marine royale ainsi souillée, ([lie les sacrificateurs du chien furent immédiatement chassés du navire et leur victime jetée par-dessus bord.

Le capitaine Moresby, qui était alors dans sa cabine, fut fâché d'apprendre ce traitement sommaire, car il pressentait que le rite en question avait sans doute une signification religieuse dans l'esprit de ceux qui l'avaient accompli, ou qu'il était destiné à sceller avec eux des liens d'amitié. Il se rendit de suite à terre sur un point où une foule compacte était à se consulter tumultueusement autour du cadavre du chien. On lit des signes amicaux qui furent compris, el Moresby reçut un si bon accueil, qu'il n'hésita pas à se rendre avec son compagnon an village de leurs nouveaux amis.

Ce simple l'ait démontre, d'une façon fort claire, ce qu'on ne saurait trop répéter : à savoir que les conflits

entre Européens et indigènes sont presque toujours causés par les civilisés, qui, ignorant les usages des indigènes, les insultent gravement en ne les observant pas; et le primitif, étant très susceptible, en vient immédiatement aux actes de violence, pour venger l'affront qui lui a été lait par des hommes qu'il considère dès lors comme ses ennemis.

Dans une autre circonstance, une centaine de naturels sans armes vinrent à la rencontre des voyageurs; le premier en tète portant dans ses bras le chien destiné an sacrifice, et les autres un cochon les jambes passées dans une perche de bambou, lue fois en confiance, ils prirenl le chien par les pattes de derrière, suivant la coutume, et lui brisèrent le crâne contre le bordage du canot, puis, hélant une pirogue qui passait, ils envoyèrent le corps de la malheureuse bête à bord du Basilisk où, par ordre du commandant, il fut reçuavectout le respect voulu. Dans le village on offrait des noix de cocos aux hôtes.

In vieux guerrier paralysé donna des renseignements sur la façon de combattre des indigènes. D'après cet individu, ses compatriotes n'aiment pas les corps-à-corps et. pai' suite, ils ne luttent pas avec leurs épées de bois. Ils commencent par jeter leurs lances contre leurs ennemis et achèvent avec leurs épées ceux qui sont tombés. Pour chaque ennemi tué, ils font une entaille sur leur épée, ce sont pour eux des signes glorieux auxquels ils tiennent beaucoup. Ils ne se cachent pas pour avouer qu'ils mangent les corps de leurs ennemis tués.

Leurs morts sont enterrés au milieu du village, tout

près dos maisons. Les tombes, recouvertes de sable et

ornées de fleurs, sont abritées sous un toit, tout comme à Port Finsch. Dans cette région, les explorateurs constatèrent d'une façon certaine une coutume qu'ils n avaient pas trouvée ailleurs, c'est celle de déposer des offrandes sur les tombes. Sur l'une d'elles, il y avait un plat de bois; sur une autre, une épée de bois; sur d'autres, une épée et un bouclier; tous ces objets, exposés à la pluie et aux vents, portaient des signes indubitables de leurs longs séjours à la même place. C'était en outre des objets n'ayant jamais été utilisés.

Le costume des habitants des rives du golfe Iluon. ainsi que leurs ornements, diffèrent peu de ceux des riverains de Port Finsch.

Cependant les articles d'habillement et d'ornementation des riverains du golfe Huon sont beaucoup plus grossiers et d'un travail beaucoup moins soigné.

La plupart de leurs objets ne sont pas ornés; même leur unique vêtement, appelé obo, qui est destiné à couvrir les parties génitales, était en loque et horriblement sale; il était même si court, qu'il ne pouvait dépasse!1, soitpar devant, soit par derrière, la corde qui leur

ceignait les rein

Les vieil laids portent autour de la tète un morceau du tissu qui sert à faire Vobo; du reste, le même usage existe à Port Finsch. En dehors de quelques ornements tels que : rangées de coquillages, de noyaux rouges d une Certaine plante, dénis de sangliers, dents de chiens, bracelets et boucles d'oreilles en écaille, ils n'avaient rien autre sur le corps. Quelques indigènes avaienl le visage

barbouillé d'argile rouge, mais on ne vit jamais de visage point en noir.

Les objets d'un usage journalier (''(aient rarement ornés, leurs lances n'étaient, à peu d'exceptions près, que de tonus hâtons à peine polis.

Leurs canots ^<»nl assez mal construits, aucun n'a de bordages en planches ajustées, de plate-forme élevée on de mats. Aucun n'était peint on orné, dépendant tons avaient à Leurs deux extrémités de petites sculptures, reproduisant toujours le même type.

Par contre, ces indigènes savent faire de plus belles nattes qu'au Port Finsch ; ils fabriquent des objets, tressés d'une façon remarquable, tels que : paniers, bracelets en paille jaune et rouge, filets fins, etc.

L'arc et la flèche leurs sont inconnus, ce qui est étonnant; en revanche, ils connaissent déjà l'emploi du fer pour la fabrication des haches, et cet article était très demandé.

Les villages que rencontra l'expédition avaient un nombre considérable de maisons, généralement une trentaine, mais souvent plus. Les villages sont très rapprochés les uns des autres afin de pouvoir mieux résister à L'attaque îles ennemis; du moins ce qui le ferait croire, c'est que beaucoup de villages sont entourés de palissades et qu'au Sud du cap Parsee on ne trouve presque pas de population, mais bien, de-ci, de-là, quelques huttes abandonnées. Du reste, tous ces villages, à en juger d'après les plantations de cocotiers, sont d'origine récente.

Partout les membres de l'expédition rencontrèrent la

plus grande méfiance e1 une hostilité non déguisée, chaque fois qu'ils tentèrent de pénétrer dans un village, Raremenl vit-on quelques indigènes manifester l'intention de montera lx>ni; après avoir longtemps tourné autour du navire, ils s'éloignaient sans oser risquer l'aventure.

De ces faits, les membres de l'expédition purent conclure, sans probablement se tromper beaucoup, que des blancs étaient venus il y a peu de temps enlever sur ces côtes des soi-disant travailleurs libres. Cette supposition tut (dus lard confirmée par un des pilotes du Truganini. Dans un des villages visités, les maisons se distinguaient de celles des environs du Port Finsch, en ce que les cloisons séparant les chambres étaient en planches comme aux îles Tami, et non en nattes.

(les planches étaient grossièrement sculptées: on y remarquait surtout des poissons et des crocodiles.

Dans les autres villages les maisons étaient semblables à celles déjà vues. Souvent les habitations ne consistaient qu'en immenses toits posés sur le sol. Les 3 maisons en troncs d'arbres que l'on rencontra ne servaient pas d'habitation, mais de poste d'observation. Elles étaient complètement isolées el situées en des points d'où Ion découvrait un vaste horizon. Elles n'étaient point cachées dans le feuillage d'un arbre. mais bien établies au sommet d'un tronc dépouillé. Une se trouvait en un point du rivage d'où pari un chemin qui conduit ;'i un village dans la montagne, la seconde était sur une bailleur, la troisième était construite sur la rive d'un cours d'eau à environ 1 mille el demi dans l'intérieur.

Les indigènes choisissent très habilemenl les lions emplacements pour y établir leurs villages, mais ils l'on! aussi preuve de bon goût en choisissant souvent pour arrière-plan à leurs villages des forêts an feuillage multicolore, ce qui forme un contraste agréable avec leurs cocotiers, la plupart <ln temps fort jeunes.

Les plantations se trouvent toutes sur (les pentes élevées et assez escarpées.

Le principal produit est le taro que les indigènes offraient toujours en échange; on v rencontre également la canne à sucre, la noix «le bétel et le tabac.

Les animaux domestiques sont le chien indigène bien connu, une belle variété <le poules et des cochons très gros.

Voyage du capitaine Dreger '

DO 2f» NOVEMBRE AI' 13 DECEMBRE 1886

Le but de celte expédition exécutée avec le Samoa était de compléter les recherches exécutées du 7 au 13 octobre 1886, parle gouverneur de la Nouvelle-Guinée allemande sur le cours inférieur du fleuve Markham. Le Samoa transporta d'abord le docteur K. Schneider et. M, Hunstein, ainsi que 20 porteurs indigènes, de l'archipel Bismarck au port Samoa dont les environs de-

1. D'après le rapport (lit capitaine Drcgcr. Nachriehten... 1887, pp. 164-178.

vaient être explorés au point de vue géologique parle docteur Schneider. Le 1er décembre 1886, le Samoa arriva vers midi devant l'embouchure du fleuve Markham.

Après avoir traversé le banc de bouc qui s'étend jusqu'à la pointe Steinmetz, le Samoa poussa jusqu'à 20 mètres de l'embouchure du fleuve Markham, sans pouvoir toucher le fond avec la sonde. On trouva enfin un bon mouillage sur la Rade de Prusse par 34 mètres de fond. De nombreux canots indigènes vinrent audevant du navire, mais ces Papouas se conduisaient avec un tel sans-gène qu'il devint nécessaire d'expulser par la force ceux des plus hardis qui, en dépit de la défense faite, remontaient toujours sur le pont.

Vers le soir, la chaloupe à vapeur fut envoyée vers la Herzog Greek qui avait été découverte le 6 octobre dernier. Elle remonta le bras Nord qui est presque parallèle à la côte et, après avoir dépassé plusieurs affluents, ou constata que la creek n'avait plus que 1 mètre de profondeur. La faible salure de l'eau, le courant insignifiant et le nom indigène balattu, « lils du fleuve », font supposer que cette creek est en communication avec le fleuve.

Le 2 décembre au matin, on commença à remonter le fleuve avec la grande chaloupe traînant à la remorque une embarcation contenant une provision de charbon el le bateau transportable <vn toile. Il y avait à bord le capitaine Dreger, Schollenbruch et ."> hommes de l'équipage du Samoa. I >n avait pour (> jours de vivres ; pendant ce temps le Samoa retourna à la haie qui porte son nom pour y protéger l'expédition Schneider. Dès le début, on

s'aperçut qu'il faudrait lutter contre des difficultés beaucoup plus grandes que ne le faisait supposer le rapport de lexpédition d'octobre 1886. De fortes pluies avaient tellement gonflé le tleuve que les eaux se précipitaient vers la mer avec une violence inouïe, en entraînant de gros troncs d'arbres. La profondeur du lleuve n'était que de 1 mètre à lm,7S à l'intérieur de la barre. On suivit d'abord un bras secondaire où l'eau était calme, mais bientôt il ne fut plus navigable, car sa profondeur tomba à 0m,7o au bout d'une demi-heure de voyage. (Point a de la carte.)

Par suite, on fut obligé de reprendre le bras principal; malgré les sondages exécutés par le bateau transportable, la chaloupe échoua plusieurs fois et n'atteignit que vers le soir le point b de la carie où elle fut poussée par le courant sur un banc de gravier.

Après de grands efforts on réussit à remettre la chaloupe à Ilot, mais le courant la saisissant et la machine étant impuissante, elle fut entraînée au milieu de l'obscurité ; on réussi! néanmoins à l'amarrer à un tronc d'arbre.

Pendanl la nuit, il tomba une pluie torrentielle et on constata la présence d'indigènes dans les environs.

Le lendemain malin, en voulant se mettre en route, on s'aperçut bientôt que le courant était trop violent pour la machine. Le bateau remorqué fut donc abandonné; néanmoins l'expédition ne put pas parcourir plus de 100 mètres. La chaloupe fut arrêtée par le peu de profondeur de l'eau des canaux séparant les nombreuses îles situéeseii cet endroit du lleuve. Dans l'après-

midi, le capitaine Dreger, accompagné de deux matelots, entreprit une reconnaissance avec le bateau de toile. Une épaisse couche de boue et une forte végétation empêchèrent de descendre à terre; en revanche, on put remonter le fleuve dont le lit est caillouteux en cet endroit.

Cette navigation difficile dut être bientôt interrompue, parce que Ton entendit du côté de la chaloupe des coups de fusil et des coups de sifflet, ce qui annonçait que les indigènes menaçaient l'embarcation.

Lorsque le capitaine Dreger arriva à la chaloupe à vapeur, il apprit que les indigènes l'avaient entourée en grand nombre, mais qu'ils avaient bientôt disparu.

Le 4 décembre 1886. un nouvel essai fut tenté avec le bateau transportai) le, et le capitaine Dreger arriva jusqu'au point c de la carte, en utilisant un bras secondaire du fleuve déjà reconnu la veille (point b).

Les rives étaient impraticables aux piétons, à cause de la végétation épaisse qui les couvre. Pour avancer, on utilisa les endroits couverts d'alang-alang ' ou de cannes à sucre sauvages qui se trouvent, soit sur les rives, soit sur les îles, dont quelques-unes sont cependanl dépouillées de toute végétation.

Quand la végétation devenait trop épaisse, on longeail dans l'eau les rives du fleuve e| ou traversait à gué le bras qui les séparait des îles. Quand cela n'était plus possible, on remontait en bateau et l'on ramait, mais souvent le courant saisissant L'embarcation lui faisait

l. ïmperata anindinacea. H. Grevclink : l'ianten v. Ned.-Indië.

perdre en quelques minutes une centaine de mètres très péniblement franchis.

Il ne fallut que cinquante minutes pour parcourir au retour les 8000 mètres qui séparent les points c et b. Le lit du fleuve est si irrégulier qu'on ne pouvait songera employer la chaloupe à vapeur.

Pendant la nuit, la pluie tomba de nouveau aussi abondamment que les jours précédents, ce qui eut pour résultat de faire gonfler rapidement les eaux du fleuve, et les troncs d'arbres flottants devinrenl plus nombreux. L'ancre ne pouvait plus tenir sur le sol affouillé du fond du fleuve, et ce n'est qu'au bout d'une demi-heure qu'on put employer la vapeur pour éviter de laisser échouer la chaloupe sur un des nombreux bancs de sable.

Le S décembre vers midi, le capitaine Dreger, accompagné de deux matelots et muni de provisions pour trois jours, quitta de nouveau la chaloupe avec le bateau de toile.

Il passa la nuit sur une lie située en C.

Dans la matinée du (> décembre, on essaya de remonter le fleuve en suivant la rive gauche, mais tous les efforts turent inutiles (\a'c côté. Cependant l'après-midi on arriva jusqu'au point d de la carte, au pied d'un contrefort abrupt des Herzog Gebirge qui, avec les monts Markham, forment ici un défilé.

Le 7 décembre, on atteignit le point le plus éloigné de la cé>te (e de la carte). A partir de là. la portion visible de la vallée se dirige vers le .Nord; perpendiculairement à sa direction, s'étendent des petites chaînes de montagnes

peu élevées, appelées HailS et SchloSS.

L'expédition fut obligée de rebrousser chemin de suite

à cause dune voie d'eau qui s'étail produite la veille lorsque le canol s'étail heurté contre un tronc d'arbre et qui, maintenant, allait toujours en s' agrandissant. La vitesse du courant est tellenieiil grande que le retour se lit en quatre heures seulement.

Pendant celte descente, on pul constater que Le cours du fleuve avait changé d'une façon notable, pendant le peu de temps «[n'avait duré le voyage.

Plusieurs îles avaient, disparu, d'autres avaient tellement été rongées parles eaux, qu'elles étaient devenues méconnaissables; enfin de nouvelles avaient surgi.

Le voyage de retour, de la chaloupe jusqu'à l'embouchure du fleuve, ne se lit pas sans toucher plusieurs fois le fond.

Le 8 décembre 1886, à midi, toute l'expédition était de retour à bord du Samoa qui, après être revenu du port Samoa, attendait le capitaine Dreger sur la rade de Prusse. Dans l'après-midi, on visita encore l'Herzog Creek ; le seul acte d'hostilité des indigènes avait été de la barrer avec des cordes de rotang. Cette creek fut explorée avec plus de soin et on découvrit qu'elle aboutit à une grande nappe d'eau, entourée de palétuviers, pareille à celle qui existe dans le porl Alexis. Il s'y trouve trois villages sur pilotis. La chaloupe à vapeur surpril les femmes de ce village en train de sauver leurs biens à l'aide de nombreux canots.

Au retour, toute la population masculine, rassemblée autour de son village, offrit des noix de cocos en présent. En même temps, des danses étaient exécutées dans les canots.

— oli —

Le 9 décembre, vers 10 heures du malin, le Samoa leva l'ancre el arriva vers 3 heuresel demie devant l'embouchure de la rivière Nassau où l'expédition Schneider avait été obligée de combattre avec les indigènes. Le jour où ce conflit eul lieu, l'expédition Schneider avait été transportée par le Samoa du port de ce nom jusqu'à l'embouchuTe du fleuve en question où se trouve un village d'une vingtainede buttes. Le docteur Schneider avait renoncé à v entrer à cause de l'attitude des indigènes hostiles dèv le début; néanmoins une chaloupe du navire, qui revenait de faire une reconnaissance de la rivière, fut attaquée par les indigènes qui jetèrent contre elle une nuée de lances, «-ans néanmoins l'atteindre.

L'embarcation retourna au Samoa pour y prendre des armes et des munitions, afin d'exécuter le projet que le chef de l'expédition avait résolu.

Les hommes débarquèrent sons la protection d'une fusillade nourrie, partant du Samoa.

Les indigènes avaient abandonné leur village, mais afin de les punir de leur attaque, des huttes et des canots furent brûlés. La conséquence de cet acte fut que les indigènes qu'on rencontra les jours suivants témoignèrent une amitié très vive pour les blancs.

Le 9 au soir, l'expédition Schneider, qui se trouvait dans le Sachsen Bucht, remontait à bord du Samoa.

Le 10 et le 11 décembre, toute l'expédition visita la rivière Franziska, qui se jette dans le Bayern Bucht.

A.près avoir traversé des marais et des plantations très étendues, on atteignit un point éloigné de la mer de \ kilomètres.

Les indigènes furent très réservés et se montrèrent sans armes.

On ne rencontra que quelques barrières sur le chemin ; elles furent du reste facilement écartées.

Le 12 décembre, le capitaine Dreger se dirigea avec le Samoa vers l'embouchure de la rivière Ailler. Mais le mauvais temps qui dura toute la journée suivante empêcha d'explorer le terrain.

Le 13 au soir, le Samoa rentrait à Port Finsch où la nouvelle du combat livré sur la rivière Nassau I avait déjà précédé.

La distance qui sépare Port Finsch du point où a eu lieu le combat est de 170 kilomètres en suivant la côte.

CARTOGRAPHIE

Croquis I

Cette petite carte indique comment Les géographes se figuraient la partie orientale de la Nouvelle-Guinée à la lin du siècle dernier.

Ce croquis est extrait de La carte suivante de L'ouvrage de Fleurieu déjà cité, page :i : « Carte réduite des découvertes des Français en 1768 et 1769 dans le Sud-Est de la Nouvelle-Guinée. Dressée sur 1rs nouvelles observations P.M.L.C.D.F. 1790. » Les noms qu'on peut lire sur ce

croquis sont ceux qu'on trouve dans les cartes de Dampier". de Bougainville, de Carteret et de Cook.

L'indication relative à la ente soi-disant découverte par le Geelvink, en 1705, est une grossière erreur; mais il faut se rappeler qu'à celle époque on n'avait, relativement au voyage de ce navire, que les vagues renseignements fournis par Nicolas Struyck (voir page 4).

Croquis II

Le croquis n" - donne l'hydrographie du golfe Huon, telle qu'elle résulte du voyage de D'Entrecasteaux ; les grandes lignes en on1 été reconnues exactes depuis. Le croquis es! extrait d'une carte de Beautemps-Beaupré, faisant partie de l'atlas joint à la relation du voyage de D'Entrecasteaux déjà cité, page 4 :

<< Hyd. Fr. n" (il T. .Y" 30. Carte <lu détroit de Dampier situé entre la Nouvelle-Guinée et lu Nouvelle-Bretagne, découvert par Dampier en 1700 et reconnu 'par le contreamiral Bruny If Entrecasteaux en juin 1793 (An /er de F Ere française). Levée et dressée par C.-F. Beautemps- Beaupré, ingénieur hydrographe. » La nomenclature du golfe est entièrement due à D'Entrecasteaux.

Croquis III

Ce croquis donne l'hydrographie du golfe Huon corrigée et augmentée après le voyage de Moresby sur le Basilisk; on voit que ce navigateur a imposé beaucoup de noms anglais à des points de la côte nouvellement

découverte; le croquis n° 3 esl extrail d'une carte de l'amirauté anglaise donl le titre suit :

« Y° 2764. Australia. Coral see <m<l Gréai Barrier Rcef shewing the inner and outer routes to Torres Strait. Sheet 2 compilée, chiefly from the surveys of captains Flinders, Blackwood, Stanley, Yule and Denham, H. N. 1802-1860, with additions from the Sort h East coast of New Guinea by captain Moresby and lieutenant Dawson, R. N.. 1874. M = 0.04. »

Croquis IV

On a vu, par les croquis précédents, par quelles phases a passé l'hydrographie du golfe Huon et le croquis n° 3 montre ce qu'elle était au moment de l'entrée en ligne des Allemands; le croquis u° 4 résume ce que nous savons actuellement de cette région.

Les cartes qui nous ont servi à dresser ce croquis sont les suivantes :

A. — Karten Skizze vom linon Golfnach den Aufnahnii'n des Landeshauptmanns Freihern von Schleinitz

aufder Fart der Samoa am 7-13 October 1886. Massstab

jOII.IIIHl"

Les levés ont été exécutés par le capitaine Dreger et le docteur Schneider au cours du voyage que nous avons résumé pp. 14-42.

La carie a élé dressée par le docteur Schneider el les profils sonl dus au capitaine Dreger.

L'itinéraire du voyage dll Samoa esl tracé sur celte carie.

tiO -

B. — Skizze der Nord-Ost-Ecke des Huon-Goifes (Kaiser-Wilhems-Land, New-Guinea). Aufgenommen und gezeichnet von Eauptmann Dreger, der grôssere Theil von Bukaua nach Angaben von Schollenbruch. Massstab

Les données qui oui servi à construire cette carte proviennent de plusieurs voyages.

Le levé du porl Dreger fut exécuté par le capitaine de ce nom, au cours du v<>\ âge dont nous avons parlé.

La partie de la côte qui s'étend entre le port Dreger et le 147°40' a été reconnue par Schollenbruch, au cours d'un voyage à pied qu'il lit pendant que le Samoa explorait le Dreger Bafen. Ce voyageur parvint jusqu'en un point où les tribus diffèrent absolument de celles qu'on rencontre aux environs du Porl Finsch; le dernier cap qui lui atteint par lui. reçut le nom de cap Schollenbruch.

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