‹ Œuvres, 1884-1888Chapitre 63 sur 65 · octobre · texte numérisé non relu

octobre

Le 7 octobre 18Kl>, von Schleinitz, se rendait avec le Samoa aux îles Gin gala, situées près du cap Crétin. C'est un archipel composé de six grandes îles et de deux petites. Il commence un peu au Sud du golfe Langemak et s'étend parallèlement à la cote. In cap, appelé parles indigènes Xababangedu, le divise en deux groupes.

D'après les observations faites par MM. Dreger, Schneider et Schollerihruch pendant un voyage en canot à l'île Crétin, il semblait que l'on devait y trouver un bon port.

1. D'après le rapport de von Schleinitz: Nachrichten. .. 1886, pp. 5-23.

D'après les reconnaissances faites par von Schleinîtz à bord du Samoa, il résulte que le continent et les îles sont reliés par des récifs. Au Sud de chaque groupe, il v a un passage; celui qui est au Sud du groupe septentrional n'est praticable que pour les petits navires, pendant que celui du Sud l'est pour les vaisseaux de toute grandeur et même pour les voiliers.

En pénétrant par la passe Sud entre la terre et les îles, on découvrit un port liés spacieux et abrité. A l'Ouest, il esl limité par la terre ferme, à l'Es! par l'île Maturaou Nubaling(ce qui signifie « lie longue »),et vers le Sud par l'île la plus méridionale du groupe. Quand on esl au milieu du port, on ne voit aucun passage entre les iles, parce que les passes sont recourbées de telle façon que les iles entre lesquelles on doit circuler, se recouvrent mutuellement. Au Nord seulement le port esl ouvert sur une étendue de ^5o0 métrés, mais de ce côté, il est abrité contre la houle du large par un récif barrant cette entrée. Sa profondeur varie de 1:2 à 20 brasses. La superficie du port sur laquelle les navires peuvent ancrer est double de celle du port Finscb. La côte esl plate et basse, ce qui lui donne un air de ressemblance avec ce dernier port.

Par contre, le rivage, au lieu d'être formé de nombreuses collines, monte tout doucement jusqu'au point culminant d'une chaîne montagneuse appelée Luganeng; cette montagne unique, autant qu'on peut en juger de loin, forme une plaine élc\ ée, car ses arêtes, de quelque côté qu'où les regarde, onl l'aspect de plateau. Otle formation orographique est heureuse pour le port.

On y trouve également de l'eau douce : le cours d'eau qui la fournit s'appelle Bubarum. Ce porl ayant été signalé pour la première fois par le capitaine Dreger, on lui donna le nom de cet officier.

Pendant que von Schleinitz explorait le Sud et le Sud-Ouest du port, il envoyait le capitaine Sechstroh, vers le Nord, pour explorer les récifs ei pour sonder le passage situé au nord de Nababangedu, ce dernier donnant accès dans le porl septentrional. Le capitaine trouva un étroit passage tout près d'un rocher appelé Siana : il a une profondeur de 3 brasses, et par suit»4 était praticable pour le Samoa; d'ailleurs, ce port est aussi bon que le port Dreger; il fut nommé Porl Schneider, parce que ce fut le docteur Schneider, en compagnie ducapil.iuie Ducker, qui, le premier, le visita en bateau. Os deux explorateurs avaient d'abord dit que ce port était inaccessible ;ui\ navires, parce qu'ils n'avaient visité que les passes .Nord et Est, en négligeant celle du Sud : de là leur erreur. Immédiatement au Sud-Ouest du port Dreger. la côte forme un golfe dans lequel le Samoa entra pour y visiter un cours d'eau qui s'y jette et qui porte le nom de Bugaim. Celte rivière n'a que 10 mètres de large et parait peu importante; à son embouchure se trouve un banc de sable et de cailloux.

Le courant est faible; les cailloux recueillis sont presque tous calcaires, on n'y trouva qu'un petit morceau de pierre volcanique.

Le Samoa se rendit ensuite aux îles Tami, pour rechercher et déterminer exactement la place d'un récif que le capitaine Dreger aurait vu et qui ne serait pas

sans danger pour la navigation. Le groupe Tami se compose do quatre îles et de deux rochers, les unes sont hautes et les autres plates. Ces îles coralligènes sont habitées par une population qui vit surtout de pêche. Les cultures sont peu développées.

Les indigènes possèdent de grands canots à voile solidement construits et jouissent d'un bien-être relatif assez considérable.

La situation de ces iles était indiquée plus exactement sur les cartes de l'amirauté anglaise que sur toutes les autres.

Le Samoa se dirigea ensuite vers la False-Island des cartes. On y arriva dans la soirée, mais comme il faisait déjà sombre on dut s'éloigner des hauts-fonds environnants, pour louvoyer toute la nuit dans le golfe lluon. La pluie, qui commença alors à tomber violemment, dura pendant toute la matinée suivante ; von Schleinitz avait l'intention d'explorer soigneusement le golfe lluon qui jusqu'alors avait été dès mal décrit.

En outre il voulait trouver dans cette région un point d'où l'on pourrait pénétrer facilement dans l'intérieur. Comme on ne connaissait pas de bons ports en dehors du port Adolpb. il voulail voir si on ne rencontrerait pas au moins un mouillage abrité derrière la pointe Parsee, et peut-être même un port; de plus il voulail explorer le fleuve Markham.

Avant même de voir la terre, on rencontra beaucoup de bois flottant, ce qui lil supposer qu'on se trouvait dans le voisinage d'uni' grande rivière.

Pendant un instant la pluie cessa de tomber et von

Schleinitz put apercevoir dans le Nord-Ouest une côte plate et au milieu une ouverture qui paraissait formée par un»' embouchure de rivière.

On s'approcha jusqu'à 200 mètres de la cote, sans trouver un bon mouillage.

L'embouchure de la rivière a -200 mètres de large: on y trouve une barre caillouteuse dépassant le niveau de la mer.

Il n'y a qu'un petit passage de i) à 10 mètres. Do cette ouverture, sort un violent courant d'eau verte, que ne | » i ■ t pas surmonter le bateau envoyé par von Schleinitz, pour explorer la barre cl rapporter des échantillons de cailloux. Dans le passage, la mer est très agitée, cependant il n'y a pas de ressac proprement dit et cette agitation, pas plus que le courant, n'empêcherait une chaloupe à vapeur de remonter le Ûeuve. Il serait cependant bon d'explorer ce cours d'eau, car il coule dans une plaine s'étendant au loin dans l'intérieur et qui n'est traversée que par quelques petites lignes de collines.

Le capitaine Dreger et le docteur Schneider débarquèrent non loin de l'embouchure et suivirent pendant un certain temps la rive droite du fleuve; mais ils furent bientôt arrêtés par d'épais fourrés.

Le Samoa s'avança alors plus près de l'embouchure jusqu'à l'endroit où la mer est très agitée, c'est-à-dire à 60 ou 70 mètres de la barre; là on trouva encore une profondeur de 10 à 13 brasses.

Ce cours d'eau, porté sur les cartes de l'amirauté anglaise, reçut de von Schleinitz le nom de rivière

Adler. A partir de ce point le Samoa suivit La côte Jusqu'à la rivière Markham.

C'est le capitaine Moresby <pii avait baptisé ce cours d'eau; voici ce qu'il en dit dans sa relation :

« Le lendemain matin, j'allais examiner une rivière qui décharge une grande masse d'eau au fond du golfe Huon, mais une barre empêcha les bateaux de passer et les rives étaient trop marécageuses et trop couvertes d'arbres pour nous permettre de mettre pied à terre. » En dépit de cette remarque, laissant peu d'espoir d'obtenir quelques résultats d'une petite exploration, von Schleinitz s'était décidé, comme on l'a déjà dit. à se rendre compte personnellement des difficultés existantes à l'embouchure de cette rivière. Le temps étant devenu plus clair, l'entreprise fut beaucoup plusfacile. Il reconnut que cette rivière draine une plaine qui s'étend profondément dans l'intérieur entre les deux chaînes côtières. Yon Schleinitz avait dit au capitaine Sechstroh qu'il désirait suivre de très près la côte située au Nord de L'embouchure de la rivière. Il avait calculé que par suite de L'action de L'alizé Sud-Est et des courants correspondants, la barre signalée par Moresby devait se trouver vers Le Sud, et que, par suite, le Samoa pourrait franchir la passe au Nord.

Le capitaine Sechstroh en doutait, et assurait que la barre existait, car il s'en était assuré lorsqu'il avait visité ,.,. point avec le docteur Finsch; il disait mêmequ'à une grande distance de L'embouchure il n'avait trouvé que 7 brasses «le profondeur. Le Samoa se dirigea vers Le Sud-Esi en suivant de lié- près la côte, et il arriva

dans li> voisinage immédiat de l'embouchure de la rivière. sans, avoir vu aucun indice signalant la présence dune barre; cependant il doit y avoir des hauts-fonds vers le Sud. On ne trouva pas le fond avec une ligne de lbbrasses, et ce n'est qu'à 200 mètres de L'embouchure où le courant est très violent que Ton compta 1-4 brasses; là on jeta l'ancre, mais L'ancre ue put tenir le fond, montant trop rapidement vers la côte, et on dut la relever. En cherchant un nouveau mouillage, on arriva sur le sable abrupt, une digue en forme de brise-lame qui se trouve en travers de l'embouchure, et au Nord-Ouest de Laquelle se jette la rivière. Malgré sa marche lente et le calme de la mer, le Samoa toucha un instant le fond, quoique un moment auparavant on n'eût pas trouvé le fond avec une ligne de 15 brasses.

Von Schleinitz envoya un bateau faire des sondages dans la rivière même, afin de voir s'il serait possible de la remonter avec le Samoa ; malheureusement le fond remonte subitement de 15 brasses à 3 et même à une et demie; on dut donc abandonner ce projet.

Le Samoa dut regagner des eaux plus profondes, en se dirigeant vers les hauts-fonds déjà signalés, et où Ton avait aperçu des troncs d'arbres. Mais ce banc est si abrupt au Sud-Est, qu'il parait difficile d'y mouiller, une sonde ayant donné de 15 à 17 brasses, le coup de sonde suivant ne donna plus (pie 2 brasses, et cependant le Samoa marchait lentement. On essaya sans succès de jeter l'ancre par 14 brasses de fond, mais on dut s'éloigner.

Von Schleinitz dit qu'il n'a vu de parois aussi raides

que sur les récifs de corail, mais jamais sur Les bancs de sable et de boue comme ceux-ci.

Von Schleinitz visita ensuite, avec Dreger et Schneider, un petit cours d'eau très étroit et ayant peu de courant, qui se jette dans la mer en face du fleuve Markham.

Cette reconnaissance fit constater que cette rivière coule en décrivant de nombreuses courbes au milieu d'un terrain couvert de palétuviers, qu'il n'a qu'une profondeur de 1 à -2 brasses, et qu'en outre il se bifurque à peu de distance de l'embouchure. Comme il était déjà tard, et comme le faible courant tendait à taire supposer que ce cours d'eau était plutôt parallèle à la côte que perpendiculaire à celle-ci. on ne le remonta que pendant un mille ; l'eau en était douce.

On se rendit ensuite au fleuve Markham; les hommes eurent à ramer vigoureusement [tour remonter le fort courant de ce dernier et cependant, à la tombée de la nuit, on n'avait parcouru que l mille marin un quart. Le cours d'eau a de 300 à 500 mètres de large, il forme de nombreuses îles; le terrain environnant ainsi que la végétation sont les mêmes que sur le fleuve Augusta, mais jusqu'au point où il a été remonté, il n a que lu\b0 à i)m,oO de profondeur.

Von Schleinitz voulait surtout savoir si une chaloupe à vapeur pourrait remonter ce fleuve, et si. par suite. il serait facile à de petits vapeurs d'en faire autant, car jamais il ne serait possible de remonter bien loin ce courant rapide avec des bateaux à raines.

D'après les recherches de von Schleinitz, une barque à vapeur peut remonter une bonne partie de ce fleuve;

il ajoute qu'il serait très important de pouvoir l'explorer,' car il coule dans une vallée intéressante. <m ne vit que deux petites chaînes montagneuses et une colline sur le bord de la mer; cette vallée doit s'étendre très loin dans l'intérieur. Si le fleuve pouvait être remonté très haut par les petits vapeurs, cette région aurait beaucoup d'avenir, caries plus gros navires peuvent venir jusqu'à l'embouchure même ei y jeter l'ancre.

Ce mouillage, à l'abri de tous les vents, fut nommé par von Schleinitz : Preussen-Rhede. Les navires d'un moindre tirant d'eau peuvent entrer dans l'embouchure, qui a été visitée par von Schleinitz et qui est située à trois quarts de mille au Sud. Du reste, cette dernière communique peut-être avec le fleuve Markham, par un bras étroit; en tous cas, on y trouve de 3 à 4 mètres d'eau. Comme les renseignements donnés par Moresby ne coïncident pas avec ceux de von Schleinitz, il est à supposer que le navire de .Moresby, venant du Sud-Est, a dû être arrêté par le banc qui s'étend au loin dans cette direction et qui a été formé par le fleuve. (La même chose arriva au docteur Finsch lors de son voyage sur le Samoa.) Moresby envoya alors ses chaloupes qui se dirigèrent probablement sur l'éclaircie produite, dans la forêt, par l'embouchure du fleuve et qui, de loin, la fait reconnaître. La digue eu forme de brise-lame, qui semble fermer le fleuve, empêcha les officiers montés dans les canots, trop peu élevés au-dessus du niveau de l'eau, de voir au delà de son embouchure. De ce qu'il ne signale pas la seconde entrée, on peut conclure que les canots sont restés assez lourde l'embouchure du fleuve Markham.

Le Samoa passa la nuil à l'ancre sur le banc, pour permettre à von Schleinitz de continuer, le lendemain, sos explorations, qui avaient pour but la découverte d'un bon mouillage, sur la côte Sud du golfe Iluon.

Jusqu'à Parsee-Point la côte est formée par des chaînes de bailleurs, rangées les unes derrière les autres, et ayant une altitude de 300 à 700 mètres.

Les versants de ces montagnes, inclinés vers la nier, ne laissent entre leurs pieds et celle-ci qu'une étroite bande de terrain plat.

Sur d'autres points, la chaîne principale détache des rameaux perpendiculaires dont les extrémités forment des caps tombant à pic dans la mer.

Von Schleinitz donna à cette chaîne, non encore nommée sur les cartes, mais pourtant très imposante, le nom de Herzog Gebirge.

Çà et là, et en particulier au Sud de la pointe Parsee, la chaîne principale se transforme en une arête, avec des contreforts semblables à ceux qu'on trouve dans les montagnes appartenant aux formations primitives. Entre les contreforts, on rencontre quelquefois d'assez grandes vallées renfermant de petits cours d'eau.

Cette chaîne de montagnes, orientée an Nord-Nord- Ouest, tombe sur la vallée du fleuve Markham en pente relativement douce; celle vallée et la chaîne principale forment entre elles un angle aigu.

Pendant 7 OU 8 milles au Sud de l'embouchure du fleuve Markham, on trouve encore des mouillages de 3 à lo brasses, jusqu'à quelques milles du rivage.

A partir de ce point, la côte devient abrupte; elle

forme d'abord un golfe peu profond, puis en avançant verj la pointe Parsee, les golfes deviennent plus accentués et sont formés par les chaînons delà chaîne principale, qui viennent se terminer en forme de cap, comme nous l'avons déjà dit plus haut. Ces caps sont généralement entourés de récifs plus ou moins étendus, ce qui esi cause que ces golfes ne présentent que des mouillages passables, car on ne peut moui lier par loà25 brasses qu'à une ou deux encablures du rivage.

Dans le plus septentrional de ces golfes, von Schleinitz trouva même à un demi-mille du rivage (o encablure-: une profondeur d'eau de 6 brasses, en sorte qu'en cet endroit on a un abri passable, les alizés Sud-Est soufllanl généralement du Sud-Sud-Est au Sud-Est. La mousson du Nord-Ouest ne doit pas être sensible ici; en revanche on n'est pas abrité contre les vents de l'Est el du Nord-Est.

Plus au Sud, la profondeur de l'eau augmente dans le voisinage de la côte.

Le Samoa passa tout près de la pointe Schneider; au Nord de celle-ci coule un petit ruisseau; cette pointe porte trois villages dans une charmante situation au pied de montagnes. Autour du cap, s'étend un assez grand récif que le Sa n ma dut éviter en faisant un grand détour. Le temps couvert qui ne permit de voir ce récif que lorsqu'on en fut tout près, força le Samoa à marcher très lentement, et lui fit perdre beaucoup de temps.

Le Samoa entra dans le golfe au Sud de ce cap et y jeta l'ancre, par 16 brasses de profondeur, à environ une encablure du rivage.

Von Schleinitz voulait se procurer des échantillons minéralogiques provenant de ce cap; on s'y rendit en canot et on constata que chacun des villages signalés plus haut se compose de trente maisons environ, mais les habitants les avaient abandonnés, en n'y laissant pour les garder qu'un vieillard armé d'une lance et dune massue.

Cei individu, qui visiblement était tort effrayé, se conduisit néanmoins très bravement et essaya d'empêcher von Schleinitz d'entrer dans les villages. Les femmes cl les enfants s'étaient enfuis dans la montagne, les hommes montés dans leurs canots évoluaient cependant autour du Samoa. On vit à la lois jusqu'à 50 canots montés chacun par un nombre de rameurs variant de 3 à 10.

Les environs de l'embouchure du fleuve Markham paraissent assez peuplés.

Dans le dernier golfe visité par le Samoa, se jettent plusieurs ruisseaux insignifiants qui paraissent être les déversoirs des lagunes alimentées par les eaux provenant des pentes escarpées de la chaîne côtière. A plusieurs endroits, on trouve des cordons littoraux sablonneux de lm,50 à 4 mètres de hauteur, qui ont été formés par la mer cl derrière lesquels le sol se déprime et se couvre d'une végétation luxuriante.

Malgré la faible largeur de celle région côlière abso-

lumenl plate et parsemée de flaques d'eau stagnante, il doit néanmoins v avoir encore de bons terrains, car les

indigènes essavèrenl d'empêcher qu'on passai par les

sentiers qui conduisent aux villages situés dans l'intérieur. On vil de nombreuses plantations dans les nion-

tagnes. Malheureusement, on ne put, faute de temps, faine d'exploration plus complète, car von Schleinitz désirait visiter Le même soir le golfe situé au Nord de la pointe Parsee et y jeter L'ancre, pour y passer la nuit si cela devenait nécessaire.

Le cap suivant est entouré d'un récif encore plus étendu que celui qu'on vient de signaler.

La pointe suivante appelée pointe Rtanteunel est entourée d'un récif un peu plus petit, qui esl surtout important sur sa côte Est. Derrière ce cap s'ouvre un profond et beau bassin qui esl difficilemenl reconnaissable du dehors. Le Samoa entra de suite dans ce port magnifique auquel von Schleinitz donna le nom de son navire. Il est abrité contre tous les vents, un très grand nombre de navires peuvent y ancrer par toute profondeur, un ruisseau de montagne fournit de La bonne eau douce.

La partie la plus reculée du port présente une profondeur d'eau uniforme de 2 mètres jusqu'à (rois quarts d'encablure du rivage Sud, et jusqu'à une cl demie ou 2 encablures des autre- rivages. Comme Les vagues du large ue se font pas sentir dans Le port, les navires d'un tirant d'eau inférieur à 10 pieds peuvent mouiller partout; les navires d'un tiranl d'eau inférieur doivent rester dans la partie la plus extérieure du bassin où cependant ils sont aussi en sûreté. Le fond est formé d'un sable quartzeux et, en quelques endroits, boueux.

Le Samoa mouilla par 3 brasses trois quarts. Relèvement du cap Parsee (pointe Nord de ce promontoire et non pointe Nord-Est qui est invisible d'ici), N.-N.-E. 4/2 E.

Relèvement de la pointe Steinmetz, à 10 milles de distance. N.-N.-O.

On voit, d'après ces données, que ce port n'est ouvert que du côté du Nord. Mais les grosses vagues ne peuvent pas venir dans cette direction, car à 18 ou °20 milles se trouvent les cotes Nord du golfe Iluon.

Au Nord-Est, le port est limité par la chaîne montagneuse dont la pointe Nord-Est a été appelée Parsee Point parMoresby. Cette hauteur a été autrefois une île, mais actuellement elle est réunie à la terre ferme par une digue sablonneuse boisée qui à sa partie la plus étroite n'a que 60 pas de large. De l'autre côté de cet isthme se trouve également une belle baie, moins profonde il est vrai; elle fut baptisée Bayern Bucht.

Dans l'angle Sud-Ouest de la baie Samoa, se jette un petit fleuve qui parait colliger les eaux d'une vallée s'étendant assez loin dans l'intérieur.

Cependant, d'après ce qu'on a pu voir, il ne paraît pas prendre de suite cette direction. Il n'a que 8 à 15 mètres de large et environ 1 mètre de profondeur; il coule du milieu de forets de palétuviers. On ne peut le remonter que pendant 1 mille .2 ; à cet endroit un barrage naturel de troncs d'arbres empêcha d'aller plus loin.

Les montagnes à H luest du port sont moins abruptes que celles qu'on voit pins au Nord, e1 parsuite elles sont d'un accès plus facile. Ici on voit quelques versants couverts d'herbes, comme on en rencontre partout dans la Nouvelle -Guinée allemande, en en exceptant les

autres montagnes de ce golfe.

Il serai! intéressant de savoir si cela dépend de la

constitution géologique du sol. Il parait difficile d'expliquer ce phénomène par une différence de climat, c'està-dire par la quantité d'eau tombée, car la cote Nord du golfe linon reçoit probablement pins d'eau que sa rive Sud et que la région côtière des environs de Port- Finsch, ainsi que celle qui s'étend au delà.

De ce côté de la baie <>n crut voir un village sur une colline: du moins une butte était visible au milieu des arbres.

On débarqua près du petil ruisseau de montagne qui se jette dans la baie. On v recueillit quelques échantillons minéralogiques, mais il faisait déjà trop sombre pour chercher un sentier conduisant sur la montagne.

Le jour suivant, dimanche 11 octobre, le Samoa reprit son voyage le long de la côte; en longeant la montagne qui forme la pointe Parsee, on passa devant six villages : quelques-uns sont dans la montagne, les autres sur le rivage, presque Ions se trouvent au milieu de bouquets d'arbres. Parsee esl entouré d'un récif, s'avançant d'un demi-mille marin dans la mer. Le Samoa entra dans le Bayern Bucht el jeta l'ancre dans l'angle Sud-Est à environ 200 mètres du rivage par IN brasses de fond.

Relèvemeni de la pointe Parsee. N. par 0. 1/2 0. elle côté Nord du cap Rawlins, E.-S.-E. 1/2 E.

L'endroit où se trouvait le Samoa est abrité contre les vents dominants; cependant il est gênant d'être obligé de mouiller si près de la terre.

Dans l'angle Sud-Est de la baie, se jette un petit cours d'eau d'environ 150 mètres de large, ensablé à son embouchure et n'ayant que 0m,60 de profondeur d'eau.

Sur la rive droite, près de l'embouchure et vis-à-vis de L'emplacement du mouillage du Samoa, se trouve un petit village; un peu plus au Nord, on en voit deux autres beaucoup plus grands.

Beaucoup de canots vinrent autour du Samoa. Von Schleinitz remonta le petit Ûeuve pendant 10 milles, il le nomma Ûeuve Franziska. Une pluie violente étant venue à tomber et le courant devenant très rapide, il dut rebrousser chemin, parce qu'il aurait fallu beaucoup trop de temps pour remonter plus haut avec un bateau à rames.

Le fleuve a de 50 à 150 mètres de large; son fond est rocheux ou caillouteux; il coule parfois au pied des rochers abrupts; la vallée qu'il traverse est très jolie. En certains endroits elle est assez large et pourrait parfaitement être cultivée. On ramassa de nombreux échantillons géologiques. On rencontra des terrains primitifs, du quartz et aussi des terrains sédimentaires. En quelques endroits, on crut apercevoir des traces de minerai. A cause du peu de profondeur de l'eau à sou embouchure, cette rivière n'est pas navigable pour une barque à vapeur; cependant un peu plus loin, dans l'intérieur, elle atteint une profondeur de l'V20 à l'",o(); plus baut, elle redevient peu profonde; il faudrait un bateau Iransportable si l'on voulait la remonter plus loin.

Après que la pluie eut cessé do tomber, le Samoa quitta son mouillage vers -1 heures do l'après-midi, pour se diriger vers le Sud.

Un peu au Sud de la pointe Parsee, les chaînes do montagnes commencent à changer de caractère.

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