‹ ŒuvresChapitre 24 sur 88 · I.A II I M Il MMI U TRI H. Ml · texte numérisé non relu

I.A II I M Il MMI U TRI H. Ml

figure , migré tout ta enorti qu'elle rail pour lesempecher de couler ; toute la forer de son âme est épuisée; il n'\ ,i plu- de plaoe pour L'orgueil dans un cœur rempli tout entier par les regrets el la tendresse. . Elle \<m encore ajouter quelques roots; mai-, dansée mosMnt, elle

seul un bras le gliasej furtivement autour de sa taille; elle m détourne, lève les yeux et reconnaît.... M. de Bel* le/.ine | Bile ne sait si elle doit se jeter aux pieds de son mari; elle hésite ; il lui tend les bras, elle y tombe presque >ans connaissance. Elle croyait trouver en lui un juge sevei e, elle ne trouve qu'un ami qui la presse avec transport contre sou cœur. Elle veut s'accuser; il l'arrête et lui dit en riant : « Allons , allons, ne parlez plus de tout cela ; vous n'êtes qu'un enfant ! — Quoi ! vous me pardonnez !.... vous pouvez oublier mes folies! — Ce cœur ne se souvient que d'une seule chose, du serment qu'il a fait de t'aimer toujours. — Comme tout le monde s'entendait pour me tromper !... Vous seul, cher Bellezane... — Moi ! je vous ai trompée comme les autres , et même beaucoup mieux que les autres. -— Comment donc ? — J'ai abusé d'un moment de verve, d'enthousiasme, d'exaltation.... — Je m'y perds ! — Quoi! vous ne vous rappelez pas le jour où je suis entre si mal à propos dans votre cabinet? vous étiez dans le feu de la composition, et vous auriez voulu me voir bien loin. J'ai mis très-adroitement cette circonstance à profit , et je vous ai escamoté votre signature. — Eh bien ! quel usage?... — lime fallait une procuration qui m'autorisât à retirer votre fortune des mains de ce Dorneval. —Et vous l'avez fait? — N'en doutez pas. — Je ne suis donc pas ruinée ? — Pas le moins (.\v monde; vous n'avez rien perdu. »

Je laisse ces deux jeunes époux se livrer, entre leurs amis, à toute, la joie de leur réconciliation. C'est madame de Bellezane qui m'a conte sa propre histoire. Elle peint avec des couleurs si naïves et si plaisantes l'exigence et la susceptibilité d'une passion qui l'a rendue si mal-

2ô6 CONTES NOUVEAUX ET NOUVELLES NOUVELLES, heureuse, qu'on voit bien qu'elle est radicalement guérie.

Valrose ne tarda pas à recevoir la juste récompense de sa bassesse et de son orgueil. Littérateur subalterne, voué tour à tour aux partis les plus opposés, louant le même ouvrage dans un journal et le critiquant dans un autre, pour diner aujourd'hui chez l'auteur et demain chez ses ennemis , il s'est vu bannir de toutes les sociétés où Ton exige au moins l'apparence de la probité. La vanité le dévore, la misère, le ridicule et le mépris le poursuivent; toutes les coteries littéraires et politiques le rejettent et le désavouent, quoique l'esprit de coterie ne soit pas difficile sur le choix de ses instruments.

Enfin M. de Bellezane , possesseur d'une belle fortune dont il jouit en homme de goût, mais sans ostentation, aimé , estimé de tout ce qui l'environne , a retrouvé la femme aimable , douce , bonne et modeste qu'il avait perdue , et qui le dédommage de tous les chagrins que lui donna quelque temps une femme bel esprit.

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