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CONCLUSION

Tandis qu'il jouit de ce changement inespéré , le pays désert s'anime et s'embellit de nouveau ; les fleurs s'élèvent en foule sur les gazons rajeunis; les bocages retentissent de mille chants harmonieux , et les branches des arbres se courbent sous le poids des plus beaux fruits.

Bardouc reste quelques moments plongé dans une espèce d'extase. Il regarde son fidèle compagnon : quelle est sa surprise ! quelle métamorphose ! A la place du sage à longue barbe, il voit une jeune femme d'une

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beauté céleste. Le sourire le plue doux l'épanouil sur ses lèvres ; le paix brille dans son regard el un les traita nobles <'t touchants : aa roix est douce el légère comme le zéphyr, lorsqu'il semble craindre, ni caressant les fleura ,

d'effeuiller leur ciliée.

Bardouc veut tomber à ses pieds ; elle le retient , et lui dit: « Reconnais en moi la raison, ce guide toujours certain, dont l'homme est si Ber, et qu'il suil si mal ; et dans ta petite gazelle , reconnais l'image «1rs fuissions qui t'ont si long-temps égaré. Tant qu'elle a régné despotiquement sur ton âme , l'enchanteresse a fasciné tes yeux , et m'a donné cette apparence ridicule et bizarre, cet air rurle , sauvage et pédanlesque. Elle aurait du perdre son empire en tombant sous la faux du temps; mais non, elle vivait encore dans ta pensée, et je ne devais paraitre à tes regards dans tout l'éclat de ma gloire et de ma beauté, qu'au moment où la vertu bannirait de ton cœur des regrets inutiles et profanes. Je vais maintenant régner sur toi sans partage; je flatterai tes penchants sans jamais t'égarer ; je te donnerai des espérances sans emprunter un autre langage que celui de la vérité. »

Ainsi parla cette céleste houri. Bardouc f éclairé par ses discours , ne pouvait se lasser de l'entendre. Il connut enfin le bonheur dont sa petite gazelle Pavait si longtemps éloigné. L'homme pourrait-il n'être pas heureux, lorsqu'après avoir perdu ses passions mensongères, il a pour le conduire , le consoler et le défendre , les conseils de la raison et l'amour des vertus ?

« Ah ! s'écrie Bardouc, transporté de joie, divine houri ! sublime émanation de l'être éternel dont la voix toute-puissante a créé le monde ! comment ai-je pu si long-temps méconnaître tes charmes ! Que je hais maintenant , que je méprise l'être fantastique et léger qui m'a fait dépenser en illusions une existence que j'aurais dû te consacrer tout entière ! fiai? on , fille du ciel , sois désormais mon seul guide ; ne nous séparons plus. Oui : je le

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jure par Mahomet! je ne veux plus entendre une autre voix que la tienne; je veux t'obéir en toutes choses ; je suis ton esclave, mais un esclave qui t'aime, qui l'adore... Que mes jours vont être heureux ! quelle douce et riante perspective! je sens une vie nouvelle circuler dans mes veines... Une nouvelle jeunesse fait palpiter mon cœur d'un amour inconnu, d'une espérance... d'une volupté... d'une... Il veut continuer, mais, au milieu de cette délicieuse extase , sa pensée reste immobile , sa langue s'embarrasse , la parole expire sur ses lèvres tremblantes : ses yeux lancent encore une brillante étincelle ; c'est la lampe qui va s'éteindre : ses genoux lléchissent ; il tombe; il a cessé de vivre. Cette existence nouvelle, ces rêves de bonheur, ces projets de sagesse , vont, sans doute, se réaliser dans un monde meilleur; car telle est ici bas la destinée de l'homme, il n'apprécie la raison qu'au moment où il n'a plus besoin de ses conseils.

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