‹ ŒuvresChapitre 109 sur 229 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LA FOLIE, UN PEINTRE, Arlequin.

LE PEINTRE

Air: Vraiment ^ ma commère voire, n.® 278. Wépouse-t-on pas ici?

Oui-dà, mon compère, oui.

LE PEINTRE

Et n'êtes-vous pas la Gloire ?

Vraiment, mon compère , voire.

Vraiment, mon compère, oui.

LE PEINTRE

Ah ! charmante Gloire ! votre vue a mis le feu aux quatre coins de mon cœur! Pour éteindre cet incendie, j'ai recours aux pompes de vos bontés. ( // veut la caresser. )

Air : Hé! zing, zing ^ zing. n." 416, L'ami, tout doux !

Craignez d'attirer mon courroux.

Quelles qualités avez-vous , Pour vouloir être mon époux?

EE PEINTRE

Je suis, ma petite, Tout plein de mérite , Et sur-tout un bon gaillard , Qui ne fera point lit à part.

Hé! zing , zing, zing, Madame la mariée, Cla, cla, cla , Lira , lironfa ,

Gué, gué, gué, Le joli panier Va danser.

Doucement ! Vous me paroissez un plaisant original. Qui étes-vous ?

LE PEINTRE

Air: Le gourdin. n.° 843.

Je suis un homme tout divin , -^

Qui meurt de soif et de faim ; Je suis , malgré la censure , En grand comme en miniature.

Le rival de la nature , Ture, ture, turelure, lure j Déesse , je suis peintre enfin.

Gueredin , din , Gueredin , din , din , Gueredin , din , din , din , din.

Ah ! VOUS êtes peintre ! Effectivement , vous avezlà un habit enluminé, qui ne convient pas mal à votre profession.

202 I,E TEMPIiE

liE PEINTRE.

C'est ma palette, quand je travaille. Me faut-11 du rouge? tac , ( Il fait t action de prendre avec un pinceau de la couleur sur son habit, ) j'en prends ici. Du bleu? toc, j^en prends là. Du blanc? de ce côté-ci ; du jaune ? de celui-là.

liA FOLIE , lui mettant la main sur le front. Et du verd , vous en prenez là ?

liE PEINTRE.

Vous touchez là l'étui de la plus fertile imaginalion du monde..

Je le crois.

Air : Je ne suis né ni mi ni prince, n." 36. Et dans quel genre de peinture Excellez-TOu;s ?

LE PEINTRE

En portraiture Mes ouvrages sont ressemblants.

Je gage de tous faire père De demi-douzaine d'enfants, Qui ne vous ressembleront guère.

LE PEINTRE

Vous vous égayez, madame la Gloire !

Mais, avec toute votre habileté , vous ne pouvez éloigner de vous la gueuserie.

LE PEINTRE

Ma foi , nous sommes faits à-présent l'un à

l'autre ; nous avons bien la mine de ne nous point quitter.

Tant pis. Hé ! quelle rage avez- vous de vouloir épouser la Gloire , qui n'a point d'autre dot à vous apporter que de la fumée ?

LE PEINTRE

Ah ! cette noble fumée m'est plus chère que toutes les mines du Pérou.

Air : Laire-la , laire lan-laire . n."> 28. Mon enfant , vous feriez bien mieux ,

Croyez-moi , de jeter les yeux Sur quelque bonne boulangère.

LE PEINTRE, hranlantlaiéte.

Laire-la , laire lanlaire , Laire la, Laire laa-la.

Air: Vivent les gueux. 11.» 167.

Si je comblois votre envie ,

Noble ouvrier , ( h'\s. )

Vous finiriez votre vie

Sur un fumier. ( hi$, )

LE PEINTRE

Avec vous j'y mourrois heureux.

Vivent les gueux !

Je vous aime de cette huraeur-là ; et je ne vou? ai contredit d'abord , que pour vous éprouver.

LE PEINTRE, charmé.

Est-il vrai?

Air: Si mon ami reste, n.» 417.

Que je suis charrnL-e Dans ce doux moment , De me voir aimée Si parfaitement !

Vous serez d^-s ce jour-ci, Mon gen , mon gen , Mon gentil petit mari.

LE PEINTRE

Je ne me possède pas.

Allez de ce pas prendre possession de votre

demeure immortelle.

{IL se retire.)

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