‹ ŒuvresChapitre 145 sur 229 · L'OBSTACLE · texte numérisé non relu

L'OBSTACLE

/. isPINETTE.

Qu'est-il donc arrivé ?

NANETTE

Mon parrain , que vous a-t-on fait ?

M, TROUSSE-&ALANT

Ah ! ah ! ah î

DORANTE

Tirez-nous de peine !

BLATSE.

Voici l'affaire en deux snllahes. Le bailh est mort d'une drogue que h a fait prendi'e monsieu Trousse-galant 5 et lei valets du défunt, quiavont voulu rendre stici responsable de ça, venont de le maltraiter.

VALÈRE

11 faut aller après ces fripons-là.

BLAISE

Bon ! Ils sont bien loin , s'ils courent encore.

DORANTE, «w docteur.

Où étes-vous blessé , monsieur ?

M. TROUSSE-GALANT

\ la tête.

Tant pis, ma foi. Il n'y a point de petite bJessure à cet endroit-là.

DORANTE

Youlez-vous bien permettre que nous voyons ce que c'est ?

favortxble. 027

arlequin.

Les duègnes comme nous s'y connoissent.

( Dorante et Arlequin observent la plaie. )

DORANTE , bas à F'alère et à Argentine

alarmés.

Ce n'est rien , ce n'est rien. {Haut.) Comment donc ? Mais voilà une plaie considérable !

ARLEQUIN

Quel abreuvoir à mouches !

DORANTE

Air : Mnn père , je viens devant vous, n." 19. Ma foi, ceci n'est pas un jeu.

M. TROUSSE-G AliANT.

Ce coup auroit-ilcle la suite?

ARLEQUIN

Vous ave^ la tête, morbleu !

Flus molle qu'une pomme cuite.

BLAISE

Ah ! monsieur , puissent ces coquins Tomber un .jour entre vos mains !

DORANTE

Le mal presse.

VALÈRE

Il nous faudroit tout-à-l'heure un chirurgien.

M. TROUSSE-GALANT

On chirurgien ! Ah ! bourreau , que dis-tu ?

BLAISE

Hé ! là, là! ne vous fâchez point tant. Quand vous en envarriezcharchcr, ils ne viandnout pas.

528 l'obstacle

Air: La ceinture, n." iio= Sont-ils p.Vs enragés tretoiis , De voir que, dans vos écritures, Vous les boutez trop au-dessous De vos doctorales figures.

M. TROLSSE-GAIiANT.

Que je suis malheureux I

lîLAISE.

Vous êtes la béte noire de la ciru^ie. Vous ne trouveriaiz tant seulement pas un fraier qui voulit, pour or ni pour argent, vous couper un poil de la barbe,

DORANTE

Vous sentez, dans ce moment , le besoin que vous avez des chirurgiens,

M. TROUSSE-GALANT

Que trop. J'enrage !

DORANTE

Vous croyez qu'ils vous haïssent tous; il y en a pourtant un qui, malgré tout ce qui s'est passé , est plein d'amitié pour vous.

M. TROUSSE- G AL A NT

Hé ! quel est donc celui-là ?

DORANTE

Dorante. Et c'est lui qui vous parle.

ARLEQUIN

Et vous voyez Arlequin , sou fraier, dans la Senora Pic ara.

FAVORABLE. O29

M. TROUSSE-GALANT

Quoi', deux garçons déguisés en filles dans ma maison !

ARLEQUIN

Et, qui plus est, une fille déguisée en garçon. Spinelte est le berger Colinel.

M. TROUSSE-GALANT

Ah ! les fripons! Ne croyez pas que je sois la dupe d'une fourberie, qui....

ARLEQUIN

Point de bruit, monsieur le docteur. Songez à l'état où vous êtes. Voulez - vous vivre , ou mourir?

DORANTE

Vous connoissez nos vues. Si vous voulez les favoriser, je vous sauve d'une mort inévitable.

Cruelle nécessité ! Mais non, je ne puis m'y résoudre.

VALÈRE

Ah! mon père, faites sur vous un effort généreux. Triomphez d'un injuste ressentiment.

ARGENTINE

Mon cher père , conservez vos jours.

NANETTE

Que nous ne soyons pas cause de votre mort , mon parrain.

35o l'obstacle favorable.

B LAI SE, « M. Trousfie-galant.

Ne laissez pas aller le seul cirui^ian qui veut biau vous secourir.

M. TROUSôE-GALANT, à Dorante.

Hé bien ! je consentirai à tout j guérissez-moi.

ARLEQ LIN.

Oh ! nous ne sommes pas si sols ! Il faut que tous nos contrats de mariage soient signés, avant que nous mettions le premier appareil.

M. TROUSSE-GALANT, déclamant.

Ciel ! aux chirurgiens je vais devoir la ^ ie ! JJ'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie? *

Fin,

* Vers du Cid.

PIÈCE EN UN ACTE

Représejitêe à la foire Saint -Laurent en iy22 , et ensuite sur le théâtre du Palais-KojaL

PERSONNAGES

MIRTIS, nymphe de la suite d'Hébé.

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