SCÈNE IV
POLICHINELLE, GRIBOURI, PIERROT, ARLEQUIN, COLOxMBINE.
POLICHINELLE
Mes enfants , vous voyez un grand enchanteur qui veut bien faire quelque diablerie pour nous-
GRIBOURI.
Oui. Vous pouvez compter sur moi.
Nous vous sommes bien obligés.
GRIBOURI.
Pour vous donner le talent qui vous manque , je vais évoquer l'ombre poétique du célèbre cocher , qui a si long-temps entretenu les opéra ambulants de Paris par ses tavelure.
PIERROT, effrayé.
Mais prenez bien garde à ce que vous allez faire , au-moins.
GRIBOURI.
Ne craignez rien.
42 l' O M B II E
Il fait avec sa baguette des gestes cabalistiques en prononçant ces paroles :
Mirlababi, serlababo, Mirlababibobelte.
( Il chante ensuite. )
Air des Folies d'Espagne. n.° 3i.
Grand Apollon de la Samaritaine, Fameux cocher, père des livres bleus, Tes laire la , tes diguedon dondaine , A tout jamais ylvront chez nos neveux.
Air : Je ne suis né m roi ni prince. n.° 36. Devant ta burlesque éloquence.
Tout rimeur doit baisser la lance; Et comme on garde à Montpellier De Rabelais la souquenille.
Dans le poétique atelier , Les muses gardent ta mandille.
Air : Je suis lajleur des garçons du village, n." i6o. Sors des enfers
coiiOMBiNE , j[70M55rt/î^ un grand cri.
Ah!
POLICHIJS ELLE.
Hoïmé !
ARLEQUIN
Poveretto mi!
PIERROT
Miséricorde !
GRIBOURI.
Rassurez-Yous.
( // reprend Vair commencé.)
Sors des enfers, où l'on t'a mis, sans doute, près du célèbre Anacrcon ;
A CCS acteurs viens enseigner la route De ton chansonnier Hélicon.
PIERROT
Hé ! y-allons donc vîle , monsieur le fiacre des muses ! Dla-hur-hiau !
GRIIÎOURI.
Tais-toi donc avec ion dia-hurhiau ! Il semble que tu parles à un boueur.
( Il sort des flammes de dessous le théâtre. )
COLOMBINE
Que de feux sortent tout-à-coup de la terre !
POLICHINELLE
Som,mo perduti.
ARLEQUIN
Au feu ! au feu !
PIERROT
Les pompes ! les pompes ! Elles viendront quand
nous serons rôtis !
G^RJBOURI.
Paix donc , braillards ! Laissez-moi acheverr
POLICHINELLE
\ oilà bien des cérémonies, pour faire venir un cocber.
GRIBOURI.
Air : V auance , y auance. n.° 58.
Rotoniago , double le pas ;
Viens donc , cocher, ne tarde pas :
INous implorons ton assistance :
Y- avance, y-avance, y-avance.
Honore-nous de ta présence.
44 li'OMBRE
Il va venir. ( On entend claquer un fouet. )
Air : Quand le péril est agréable, n." 2. J'entends déjà son fouet qui claque.
IVous Talions Toir. Il est bien près.
Le voilà. Je le reconnoi»
A sa verte casaque.
ARLEQUIN
Il est jaune et vert.
PIERROT
Il faut qu'il soit fils de quelque perroquet