SCÈNE V
POLICHINELLE, ARLEQUIN, PIERROT, COLOMBINE , LE COCHER , en habit et casaque ver'ts avec un galon aurore, et un fouet à la main.
LE COCHER, « Gribouri.
Air : Allons gai. n." 28, Ta voix s'est fait entendre Jusqu'au fond des enfers ; Je viens ici me rendre Pour te chanter mes airs :
Allons , gai ,
D'un air gai , etc.
PIERROT
Ma foi , voilà un bon vivant de trépassé. GRIBOURI, aw cocher.
A\r : Apprends-moi ., cher amant. n.° 869. Mets cette troupe mal-liabile , En c'tat de briller ici :
Apprends-leur , cher ami , Comme on fait, comme on dit un vaudeville^ Apprends-leur , cher ami , A chanter io/j^rt, mi.
LE COCHER
Air : J''oJfre ici mon sai^oir-jaive. n;' 95. Puisqu'ainsi tu le souhaites.
Je les prends pour mes écoliers j J'en ferai de bons chansonniers, Et je les rendrai tous poètes.
J'en ferai de bons chansonniers, Et je les rendrai tous poètes.
PIERROT
Si vous faites ca , la vache est à nous. GrRiBoURi, au cocher.
Air : Flon .,JIon. n.° 121.
Donnez sur les e'paules Deux ou trois coups de fouet A chacun de ces drôles , Le charme sera fait.
i-E COCHER leur donnant de son fouet.
Flon , flon , Larira dondaine , Flon , flon , Larira dondon.
POLICHINELLE, serrant les épaules.
Tout beau , monsieur le coclier , tout beau ! Me prenez-vous pour quelque cheval rétif ? PIERROT, portant la main à son gosier.
Ahi! ahi ! je sens quelque chose qui me chatouille là.
ARLEQUIN
Je ne sais ce qui me démange dans la gorge.
4G l'ombre
GRIBOURI.
Ha ! ha ! c'est le fouet qui a opéré.
PIERROT
Air : Un certain je ne sois qu'est-ce. n." 340. Quel changement se fait en moi ,
Par la vertu diablesse !
Ma langue [)rend de la souplesse , Et dans mon gosier , par ma foi , Je sens un certain je ne sais qu'est-ce, Je sens un certain je ne sais quoi.
GRIBOURI.
C'est la voix qui te gagne. Et loi, Arlequin voyons à-présent comme tu chantes?
ARLEQUIN
Air : Lon lan-la , derirette. n.° 46. Soit par bécarre ou par bémol , Je chante comme un rossignol,
Lonlanla, derirette.
Ah! que je vais être applaudi:
Lonlanla , deriri.
GRIBOURI.
Fort bien.
POLICHINELLE
Qu'on m'écoute aussi.
Air .* Le Ions de çà , le long de là ' n .° 363 . Ce feu meneur de carrosse Vient de me rendre .savant , Ma voix , comme un pois sans cosse. Va rouler dorénavant
Le long de çà.
Le long de là.
Le long de ma bosse.
Par-derrière et par-devant.
GRIBOURI.
Cela est à merveille,
POLICHINELLE
Que] plaisir de savoir chanter !
LE COCHER
Çà , mes enfans, vous êtes à-présent en état de faire revivre l'Opéra-Comique. Vous allez attirer tout Paris.
PIERROT
Peste !
GRIBOURl.
Je vais pour cela leur donner deux pièces tirées du magasin de la nièce de Polichinelle. L'une intitulée : Le Remouleur d^ Amour ^ et l'autre. Pierrot Romulus.
PIERROT
Je crois que cela sera drôle.
Air : Ho ! ho ! tourelouribo. n.» 112. Du fameux cocher , chantons la gloire.
Ho ! ho !
Tourelouribo.
rf ous allons , s'il faut l'en croire ,
Ho! ho!
Tourelouribo.
PIERROT
Triompher à cette Foire.
48 l'ombre
C H (ffi U R.
Ho ! ho !
Toureloiiribo.
Air parodié de Phaéton. n.° Syo.
Le cocher qui nous fait braire , N'a rien fait qui n'ait su plaire.
Chantons, ne -cessons jamais De publier ses couplets.
GRIBOURI.
O VOUS , citoyens du Poni-Neuf 1 venez tous rendre hommage au fameux poète du cheval de bronze.
L^ orchestre joue l'air : Flon, flon.
POLICHINELLE
Ils vont paroître. J'entends i^/o7Z^072, la marche du Pont-Neuf.