‹ ŒuvresChapitre 183 sur 229 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ALMANZINE, ACHMET.

ACHMET, se jetant a ux pieds cV Almanzine . Air : Dans un couuent bien heureux, n.» 349. Quoi! de ma témérité.

Oubliant mou injustice.

ET AliMANZINE. 4l9

Vous voulez être complice !

Quelle générosité!

Pouve/,-vous , ô cœur tle reine !

Pour moi vous mettre en danger?

Est-ce ainsi que votre iiatne Prend plaisir à se venger?

AliMANZINE.

Air : Quand on a prononcé ce malhevreux oui. n.» 2 1 5. Je n'ai pas cru devoir écouter ma colère, Contre un fils qui s'immole au repos de son père. Votre vertu , malgré le péril que je cours, A su m'inléresser à conserver vos jours.

ACHMET

N'attribuez point à ma vertu ce qui n'est qu'un effet de mon désespoir. Mon père est dans la même erreur que vous.

Air: Petits oiseauar^ rassurez-poits. n.® 468. Il est charmé de mon bon cœur ; Il croit qu'en fils et frère tendre , Au sérail je ne viens me rendre Que pour lui conserver ma sœur.

C'est l'amour et sa violence Qui m'ont conduit dans ces terribles lieux; Et , bien loin d'y venir offenser vos beaux yeui , Hélas ! j'y viens pleurer l'effet de leur puissance.

AliMAM ZINE.

Vous n'y pensez pas. Vous oubliez que je suis cette même esclave , en qui vous aviez trouvé tant de défauts.

Air: Petite hrnnette aux yeux doux, n.® 464. Se peut-il qu'un cœur amoureux Insuite l'objet qui l'engage , Par mille discours dédaigneux ?

420 ACHMET

ACHMET

Oui, c'est quelquefois son langage.

Air : Vous voir , Cloris , et vous aimer, n.» 465. Voir vos appas , en être ëpris , Ce fut pour moi la même chose j Et si j'en rabaissai le prix , Mon amour seul en fut la cause.

Voir vos appas , en être e'pris , Ce fut pour moi la même chose.

Quand je préférois les charmes de Zélica aux vôtres, ce n'étoit que pour obliger mon père à la choisir pour Soliman.

ALMANZINE, à part.

Hélas !

ACHMET

Mais, enfin, le malheur que je voulois prévenir est arrivé. Je ne puis plus vous enlever au sultan j et quand je le pourrois , votre cœur, sans doute, n'y consentiroit pas.

ALMA.NZINE, à part.

Fatale destinée !

ACHMET

Air : Par Jiazard sur la fougère. n.*466. Aussi , d'aucune espérance Je ne flatte mon amour ; Je n'attends que l'assistance De la mort dans ce séjour.

Du trépas l'image aflfreuse Pour moi n'a rien que de doux , Puisque ma flamme amoureuse "N'est plus un secret pour vous.

ET ALMANZINB. 421

AliMANZINE.

Air : Les triolets, n.' 2^9.

Deviez-vous me tirer d'erreur ! J'aurois passe des jours tranquilles :

Vous allez faire mon malheur :

Devicz-vous me tirer d'erreur !

Le sultan , pour gagner mon cœur , Va prendre des soins inutiles.

Devicz-vous me tirer d'erreur!

J'aurois passe' des jours tranquilles.

ACHMrT.

Air : Iris , devenez plus sage, n.' 467. Grands dieux ! est-il donc possible Qu'Achmet, à ses tendres ardeurs , Ait su vous rendre sensible ?

ALMANZINE.

Ke le voit-il pas à mes pleurs ?

ACHMET

Vous m'aimez ?

AEMANZINE.

Plus que moi-même.

ACHMET

Est-il un mortel plus heureux ?

X^uoi ! vous m'aimez ?

AL.MANZINE.

Je TOUS aime.

Tfous sommes à plaindre tous deux.

ACHMET

Non, non, belle Almanzine. Ce que vous m'apprenez change bien la face de nos affaires. L'espérance tout-à-coup vient ranimer mon courage. Je me flatte de pouvoir bientôt vous tirer du sérail.

422 ACHMET

ALM ANZINE.

Ciel ! cela se pourroit-il ?

ACHMET

Oui. Mon père est adoré des troupes. Je l'engagerai par une lettre à exciter un soulèvement, à la faveur duquel nous nous sauverons tous deux.

ALMANZINE.

Quoi ! vous croyez cpae le grand-vizir voudra bien

ACHMET

N'en doutez pas. Sa tendresse peut aller jusque-là pour moi. Mais, en attendant, j'appréhende une chose.

ALMANZlNE.

Qu'appréhendez-vous ?

ACHMET

Air : Je ne suis né ni mi ni prince, ji." 36. Je crains la flamme Tiolente D'un maître que voire œil enchante.

11 peut vouloir....

AliM A NZINE.

Ne craignez rien.

Reposez-vous sur ma prudence.

Allez , allez , je saurai bien Lui faire prendre patience.

ACHMET

Ah ! si cela est, je vous réponds du reste.

ET ALMANZINE. 423

Air: Ne Jais point tant la tigrosse. n.° 468. Cette flatteuse assurance Dissipe tout mon souci.

ACHMET

Livrons-nous à l'espe'rancc De sortir bientôt d'ici.

ALMANZINE.

Dans cette agréable attente , Vivons tous deux , cher amant.

Goûtons la douceur charmante De nous voir à tout moment.

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