S O LIAI AN
Dans mon premier mouvement, peu s'en est fallu que je n'aye été aussi cruel que loi; mais la justice et la raison m'ont parlé pour ces infortunés. Je ne vois plus en eux de coupables.
Air : La jr-urie ahbesse de ce lieu, h." 80. Je ne vois dans Amulaki , Qu'un père à qui sa fille est chère.
Et dans Achmet, qu'un étourdi.
Qu'un fol amour rend téméraire :
D'Almanzine, hélas I j'aurois le ccrur, S'il n'eût brûlé d'une autre ardeur.
ALI
Eh ! pourquoi donc, seigneur, les envoyezvous chercher avec main-forte ?
SOLIMAN
C'est de peur qu'ils ne se dérobent par la fuite, aux bontés qu'ils n'ont garde de s'imaginer que je conserve pour eux.
Air : Vaudeville du nouveau monde, n." 3i8. Je me fais un secret plaisir
ET ALMANZINE. 4Gl
De rendre AlaliJe au vizir; A son fils l'objet qui Tcngage.
ALI
Mais , seigneur , vous ne savez, pas Jusqu'à quel point tous ces ingrats Peuvent vous avoir fait outrage.
SOLIMAN
Hé î que peuvent-ils aoir lait de plus?
Je ne sais; mais il me vient un affreux soupçon.
SOLIMAN
Quoi ?
ALI
Rappelez-vous toutes les instances qu'Almanzine vous a faites pour vous obliger à laisser auprès d'elle Atalide. Souvenez-vous que la perfide, par une feinte jalousie , vous a toujours empêché de voir la fille du vizir: cela m'est suspect. Neseroit-ce point Achmet lui-même , sous les habits de sa sœur ?
SOLIMAN
Que me fais-tu penser ?
ALI
Son père peut lui avoir suggéré cet artifice.
SOLIMAN
Air : Lp grondeur. n.° 489.
S'ils avoient eu l'insolence De former un tel dessein , A ma juste violence Je ne mettroi'' aucun frein.
Oui , dans ma fureur extr'îme, J'aurois bientôt inventé
462 ACHMET
Des rhâlimenis , dont loi-mcme Tu serois épouvanté.
Mais non, lu le irompes, ils ne saurolent avoir poussé rauctace jusque-là.
Je n'en sais rien.
SOLIMAN
Voici Zerbin ; nous allons être éclaircis de tout.