‹ ŒuvresChapitre 32 sur 229 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

HERSILIE, SABINETTE.

SA33INETTE.

Air : Belle brune , belle brune. x\*. i3g.

IIERSILIE !

Hersilie !

Ne fercz-vous jamais mieax L'emploi de fille ravie ?

Hersilie !

Hersilie,

HERSILIE

Même air.

Sabinette !

8o PIERROT

Sabinelte!

Romulus à tout moment Pleure on chante une bruuette.

Sabinelte!

Sabinette!

SABINETTE.

Quoi ! depuis une année entière que Romulus "VOUS a enlevée dans celte maudite foire où nous voici encore , il n'a fait que pleurer à vos genoux comme un veau !

HERSILIE

Air : Lonlaifla , derirette. n." 46. Cesse de blâmer un amant Qui m'aime si parfaitement.

SABINETTE, d^un tou TTioq ueur.

Lonlanla , derirette.

Ah ! c'est un ravisseur poli !

SABINETTE.

Lonlanla , deriri.

HERSILIE

Air: L'amour n'o-t-'l dnnc que cela ? n." 389. Pour mes seuls appas Romulus respire j Il se plaint tout bas , Sans cesse il soupire.

Il souffre, hélas!...

SABINETTE.

Ah! le pauvre sire !

O lonlanla , Ne TOUS veut-il donc que cela ?

ROMULUS. 81

Ce n'étoit pas la peine de vous enlever.

HERSILIE

Point de plaisanicrie , Sabinelte.

SABINETTE.

Je ne plaisante point. L'année passée il invita les Sabins et les Sablnesà la foire de poterie qu'il établit. Ces fripons de Romains, en nous voyant promener dans la foire , s'écrient :

Air : Ah ! mon Dieu ! n." 890.

Ah ! mon dieu ! que de jolies filles Que l'on voit ici!

A ces douces paroles, les Sabines minaudent;

les Romains les abordent, eai leur présentant du

croquet et des ratons; et puis, crac, ils nous

enlèvent.

HERSIIilE, soupirant.

Hélas !

s ABINETTE.

Romulus s'empare de vous comme de raison; il étoit bien juste que le roi de Rome eût le j^ros lot; mais qu'a fait votre ravisseur depuis ce tempslà ? Il a chanté :

Air: Charmante reine. n.» 391.

Charmante reine de mon co&nr , Sans espoir , sans désir , mon ame vous adore.

HERSILIE

Air : Ah! que monseigneur est charma-ni .' n." 892. Ah ! que Romulus est charmant!

S ABINETTE.

C'est un joli garçon, vraiment.

Le Sage. Tome, XF~. 6

82 PIERROT

IIERSIIilE.

S'il éloit un peu plus pressant ,

J'en ferois la folie.

Ah! que Romulus est charmant!

Faut-il que je l'en prie?

SABINETTE, soupirant.

Ha ! ha !

Je l'adore aussi, Sabiiietlej mais je n'ose le lui faire paroître.

SABINETTE.

Vous êtes l'un et l'autre trop discrets. Ma foi , madame, il y a bien du vide dans cet amour-là. Si Romulus étoit comme un autre, vous auriez dû lui chanter, le premier jour de votre enlèvement :

Air : Ah ! mon mal ne fient que d'aimer, n." 206. Vous chiffonnez mon falbala, Ah! fripon, que faites-vous là?

HERSILIE

Tais-toi donc , folle.

SABINETTE.

Je le suis moins que vous. J'ai été enlevée aussi j mais , par ma foi, mon ravisseur n'est pas uu Romulus.

Air : J''en suis bien contente. n*. 2^5. C'est un gaillard jouvenceau ,

Son humeur m'enchante :

Il n'est ni poli , ni beau , Lamirtamplain , lantirlan'got ;

Mais j'en suis contente.

Air ; Sens-dessus-dessous, n.* 176.

II me déclara brusquement

ROMULUS. 83

Qu'il vouloit être mon amant.

Le drôle s'y prit de manière ,

Sens-dessus-dessous ,

Sens-dèvant-derrière, Que je l'acceptai pour ëponx ,

Sens-devant-derrière,

Sens-dessus-dessoùs.

HERSILIE

Toutes nos Sabines ont fait comme toi.

SABINETTE.

Oui, vraiment. Ah ! qu'il s'est fait de mariages de rencontre à cette foire traîtresse ! JSousy venions acheter des cruches; mais nous avons bien paj^é le» pois cassés.

HERSILIE

Paix 'y voici Romulus.

Page 1