LELIO, ARLEQUIN
ARLEQUIN
Le joli garçon ! Quoi ! vous pouvez vous résoudre à prendre un habit de coquin ?
liÉLIO.
Ne vas-tu pas encore moraliser ?
DE l'amour. i5i
ARLEQUIN
Le moyen de s'en empêcher! Quelle honie de vouloir épouser une pareille crcalure !
LÉLIO
Tli ne veux donc pas finir?
ARLEQLIN.
Vous ferez mourir voire bon-homme de père.
LÉLIO
Encore ?
ARLEQUIN
Toute la cour de Naples , instruite de votre
«cjuipée
LÉLIO, tirant son épée.
C'en est trop, maraud. 11 faut que je me délivre d'un censeur importun.
ARLEQUIN, se jetant à genoux.
Pardon , seigneur ! Ne voyez-vous pas que c^est pour rire? Je voulois éprouver votre tidelité pour l'Egyptienne.
LÉLIO, renga in ant.
Tu fais Lien de le prendre sur ce ton-là.
ARLEQUIN
Ma foi , cette fiUe-là est adorable. Vous n'en sauriez trop faire pour elle.
LÉLIO, soupirant.
Ahi!
ARLEQUIN
Abandonnez- VOUS à votre passion; faites de petits Egyptiens, et moquez-vous du reste.
l52 LAFORCE
LÉLIO
Ah ! mon pauvre Arlequin ! Au-lieu de m^nsulter par des railleries , ou de m'accabler de reproches , plains-moi plutôt. Eh ! penses-tu que je cède sans remords à la puissance qui me domine ?]Non , mon ami. Il se livre dans mon ame de rudes combats entre la raison et mon amour. ARLEQUIN, attendri.
Vous me fendez le cœur.