SCÈNE VIL LÉLIO , SPINETTE , ARLEQUIN, CLARIN
CLARIN.
Ha ! lia ! Vous paroissez émus l'un et l'autre. Avez-vous eu quelque dispute?
SPINETTE, lui donnant le poî'trait.
Oui, mon frère; en voici le sujet. Lélio a laissé tomber ce porlrait, qui est, dit-il, celui d'une parente qu'il n'a jamais vue, et qu'il venoit épouser. CLARIN , regardant le portrait.
La charmante personne ! Quel air piquant î SPINETTE.
Vous la trouvez belle , à ce que je vois.
CLARIN.
J'en suis enchanté ! ( A Lélio ). Est-ce bien sincèrement que vous lui préférez ma sœur.
LÉLIO
Ma coaisine fùt-elle encore cent fois plus belle, j'en ferai le sacrifice avec plaisir.
CLARIN.
Spinette est trop heureuse.
Dr, LA MOU R. 109
S r 1 N E T T E , d son frère.
Lélio vousparoît faire une soLiise , n'est-ce pas ? Et vous ne seriez pas iàchc d'en profiler ? CLARIN.
Je serois ravi, je l'avoue, d'avoir un entretien avec une dame si aimable.
SPINETTE
La cliose est possible.
Si elle a autant d'esprit que de beauté, je ferois mon bonheur de lui plaire.
SPINETTE
Tentez l'avenlure. Vous pourrez peut élre vous convenir tous deux. Je voudrois qu'elle fut déjà votre femme.
ARLEQUIN, à part.
On la lui garde.
SPINETTE
Si le seigneur Lélio y veut consentir, nous en verrons bientôt l'effet.
Qui? moi ! Vous plaisantez , Spinelte.
\ SPINETTE
'(■■ Nullement ; la chose dépend de vous. Comme
^ votre cousine ne vous a point vu , il sera fort aisé { à mon frère de passer pour vous.
!. LÉLIO
De passer pour moi !