‹ ŒuvresChapitre 7 sur 229 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

MOMUS, DORIMÉNE.

MO M us , à part.

Ventrebleu ! Voici de l'nsiensile pour le régiment. ( Haut cl Dorimène. ) Bon jour, aimable jouvencelle.

DORIMÈNE

Air : Si ma Phi lis: vient t-n vendange, n." 36i. Salut au dieu de la satire.

Qui peut ici vous atlirer ?

Êtes-vous du corps ?

DORIMÈNE

Non , vraiment.

MOMUS

C'est-à-dire Que vous venez vous faire incorporer.

DORIMÈNE

Ma physionomie vous paroît-elle demander de l'emploi dans le régimeuj,?

MOMUS

Sans doute ; ei j'aurois envie de vous mettre à

la queue de la brigade des endormis , pour les

réveiller.

DORIMÈNE

Oui-dà !

LE RÉGIMENT

MO M US

Air : Quel plaisir de voir Claudine ! n." 25. Pour mettre un cœur à la chaîne, Il ne vous faut (ju'un souris ; Vous devez , ma belle Hélène , Avoir nombre de Paris.

DORIMÊNE.

Air : Landeriri. n.° SS.

Plus de cinquante tour-à-tour , Sont venus me faire la cour,

Landerirelte ^ Mais je n'en ai plus aujourd'hui,

Landeriri.

MOMUS

Cela m'étonne.

DORIMÈNE

Il m'a d'abord passé parles mains un joueur,

MOMUS

Mauvaise pratique ! D y a bien des vicissitudes dans la dépense de ces gens-là.

DORIMÈNE

Je vous en réponds. On ne peut manger avec eux une perdrix , qu'avec la paroli , ou d'une réjouissance.

Air : Les Feuillantines.

La cuisine de messieur|

Les joueurs Est sujette aux non-valeurs j Aujourd'hui bécasse et truite; £t demain (&if) point de marmite.

MOMUS

Oh ! dame , ce n'est pas là la marmite des cbanoin/es.

permission d'un

DE LA CAIiOTTE. Î21

DOllIMÈNE.

Au joueur a succédé un agioteur.

MO M us.

Cela est plus solide.

DORIMÈNE

Point du tout. L'agiot a ses révolutions comme le jeu.

Air: On ii aime point dans nos^forêts. n." 32, La maison d'un agioteur , Qui paroît si bien élofFee , Ressemble au palais enchanteur Que d'un mot bâtit une fée ; Ce n'est qu'un objet décevant :

Autant en emporte le vent.

MOMUS

Oui 3 un coup de baguette fait cette affaire- là.

DORIMÈNE

Après l'agioteur , il se présenta un jeune musicien.

Air : Tourelourirette. n." 222.

Du dieu de Cythère,

C'étoit le minois ;

De plus , le compère Avoit un, tourelourirette, Avoit un , lonla derirette ,

Un beau son de voix.

MOMUS

Air : Est-ce ainsi qu'on prend les belles, r." 225. Ce rossignol de ruelles , Par sa voix vous enjôla ?

DORIMÈNE

Il m'ofFrit chansons nouvelles ;

22 JLE RÉGIMENT

Mais il n'avoit que cela.

Est-ce ainsi qu'on prend les belles?

Lonlanla , O gué lonla. '

MO M US

Il VOUS falloit un autre rossignol que celui-là. Et quel autre araant obtint la survivance de votre petit Orphée-?

DORIMÈNE

C'est ce que j'ai oublié. J'en ai depuis congédié je ne sais combien , qui ne me convenoient pas plus que lui.

MOMUS

Air : Adieu , paniers^ vendanges sont faites. ».** 164. On ne peut fixer les coquettes.

DORTMÉNE.

Les hommes sont-ils plus constants ?

Dès que nous les rendons contents , Adieu , paniers , vendanges sont faites.

MOMUS

Cela est vrai. Les petits-maîtres ont corrompu la masse de la galanterie.

DORIMÈNE

Air du Menuet des huit sous, n." 862, Dieux des plaisirs , fils de Vénus , Que devient ta gloire ?

On ne voit plus Que chez RacchuK Des gens assidus ; On suit trois jours

Les amours, Quelle victoire.'

DE liA CALOTTE. 25

Les foibles amants sont las , Des qu'ils font seulement quatre pas.

MOMUS

Je vois bien que vous connoissez les hommes.

DORIMÈNE

A merveille ; et je viens exprès à la revue de voire régiment, pour chercher mon fait.

MOMUS

Air : Comme un coucou que l'amour presse. n.° 2y. Je veux bien vous rendre service.

Pour mieux vous choisir un amant, Je vous établis inspectrice De mon célèbre régiment.

Dorimèjie fait une référence , et se retire. 3Iomus , pendant qu'elle s'en va , dit à part :

Voilà unepellle friponne d'inspectrice , qui ne souffrira pas les traîneurs.

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