MOMUS, LA FOLIE, PANTALON
Je vous présente le seigneur Pantalon.
MOMUS
Eh ! que vient-il faire ici?
PANTALON , saluant Momus.
Sondeputato délia mia compania. . . .
MOMUS, le contrefaisant.
Mia compania. Oh ! que dia])le , gardez votre
a4 LE RÉGIMENT
italien pour la ville ; il faut parler françois dans les faubourgs.
PANTALON
Air : Faites boire à triple mesure, n." ^']']' Mes camarades voadroient être Acteurs de votre régiment ; Je viens ici, souverain maître , Vous demander votre agrément.
MO M US
Voilà les Italiens , ils veulent être par-tout.
Air : O reguingué ., ô lon-lan-la. n.» ^.
Momus, il faut les recevoir. ( his)
Très-volontiers, s'ils me font voir, O reguingue', ô lon-lan-la , Des titres qui soient authentiques.
PANTALON
Nous en avons de magnifiques.
Primo. Nous avons quitté notre hôtel ,
.Air : Jardinier., ne pois-tu pas. n.* yj. Kt transporté noblement *
Noire laboratoire.
Au faubourg de Saint-Laurent, Appelé vulgairement, La foire , la foire , la foire.
Air : Le long de çà , le long de là. n." 363. Nos partisans font l'éloge De ce déménagement :
* Les Italiens, en s'établissant à la foire Saint-Laurent (comme il en est parlé dans l'avant-dcrnicre scène du Rappel ) , annoncèrent dans leur affiche qu'ils joueroicnt une telle pièce sur leur théâtre du jauhciirg Saint-Lauient , pour éviter le mot f^ire.
( JXote de l'Auteur.)
DE liA CALOTTE. 2a
Nous prenons un air de doge; Nous affichons fitrement Le long de çà , Le long de là, Le long de la loge , Par-derrière et par-devant.
Voilà de bons litres , cela !
MOMUS
Point du tout. Puisque le spectateur fuit les Italiens dans la ville , ils font bien de le venir chercher à la foire.
Air : Tolalerire. n." 77.
Momus est par trop difficile.
MOMUS. Mais je ne vois point là de rats.
Quoi ! vouloir lutter contre Gille !
MOMUS
Pourquoi non ?
PANTALON
Vous ne tiendrez pas Contre ce que je vais vous dire.
MOMUS, branlant la tête.
Talaleri, talaleri, talalerire.
PANTALON
Air : Quand la mer rouge apparut. n.° 864. Nous avons, pour plaire aux yeux * , Fait grande dépense,
* Les Italiens firent une dépense prodigieuse en décorations et .en habits pour une pièce qui n'eut pas un grand succès.
{Note de l'Auteur. )
z6 LE RÉGIMENT
Croyant qu'on n'aime en ces lieux
Que vaine apparence j Mais le trait original , C'est d'imaginer un bal *
Dans la ca , ca , ca ,
Dans la ni , ni , ni ,
Dans la eu , eu , eu , Dans la ca^ dans la ni, dans la eu.
Dans la canicule.
Chose ridicule !
liA FOLIE, â3Iojnus.
Hé bien ?
MOMUS
Oh ! Je me rends à cela.
Air : Amis . sans regretter Paris. u,° 21. Je vois , mon ami Pantalon ,
Que ta troupe mérite , A ce brillant échantillon , D'être ma favorite.
PANTALON, faisant une profonde révérence à Momus.
La ringratio , signor j la ringratio.
MOMUS
Allons ; vous serez reçu lout-à-l'heure pour vous et vos confrères.
Il faut remettre à demain les autres réceptions. MOMUS, cl la cantonnade.
Kiv : Bupons à nous quatre. n.° 365. Folâtre milice
* Ils donnèrent à la foire , pendant la canicule, un bal qui codta beaucoup , et où personne n'alloit. {Note de l'AïUeur. )
Qui suivci mes loix, Accoure/, tous à ma vois; Et qu'on applaudisse A mon juste choix.