SCÈNE V
LA FÉE, LOLOTTE, petite 611e.
LOLOTTE , à part y regardant de tous côtés. Ah! m'y voici déjà.
LA FÉE
Eh! ma poulette, par quelle aventure êles-vous dans ces lieux ?
LOLOTTE
En allant chez ma marraine, j'ai vu des gens qui lisoient une affiche. Je suis un peu curieuse. J'ai demandé ce que c'éloit. On me l'a appris, et aussitôt j'ai dit en moi-même : mon Dieu ! que je voudrois bien voir cette belle foire des fées ! Et dans le moment, crac , je me trouve ici.
LA FÉE
Voilà votre curiosité satisfaite. Vous voyez notre foire. Regardez toutes ces boutiques j n'y a-t-il rien qui vous accommode ?
LOLOTTE
Quand j'y verrois quelque chose qui me plairoit, je serois bien attrapée ; car je n'ai point d'argent.
LA FÉE
L'argent n'est point ici nécessaire pour faire des emplettes ; tout s'y donne gratis ; on n'a qu'à souhaiter.
DES FEES. igi)
liOLOTTE.
Ah ! que j'en suis aise !
liA FÉE.
Voulez-vous du croquet , des ratons ?
LOLOTTE
Fi donc ! Est-ce que votre foire est comme celle de Saint-Laurent ? Oh ! je ne viens point ici chercher des gâteaux et des dragées.
LA FÉE
Vous cherchez peut-être de belles poupées ?
LOLOTTE
Encore moins. H y a plus d'un an que je ne m'amuse plus à ces badineries-là.
LA FÉE
Non,dà?Eh! quelle marchandise demanderiezvous donc, s'il vous plaît?
LOLOTTE
Ma mie m'a conté cent fois que les fées ont fait des dons à des filles j je voudrois que vous m'en fissiez un.
LA FÉE
Vous n'avez qu'à parler.
LOLOTTE
Je voudrois une chose.
LA FÉE
Quoi?
Le Sage. Ihme Xy. ig
LOLOTTE
Oh! mais, c'est une chose bien difficile! bien difficile!
liA FÉE.
Voyons.
liOLOTTE.
Je voudrois toul-d'un-coup devenir grande comme ma sœur Angélique.
Peut-on savoirpourquoi vous avez cette envie-là ?
L,OLOTTE.
Oh! dame! c'est que je sens bien qu'il y a plus de plaisir à être grande que petite.
LA FÉE
Qui vous fait sentir cela ?
LOLOTTE
Je ne sais combien de choses, que je vois tous les jours.
liA FÉE.
Mais encore?