ACTE I, SCENE V
Les ducats, avec vous désormais il peut vivre En ami?
ANTONIO
Non, jamais! — Garde bien ton trésor, Car de chez moi mon pied te chasserait encor.
SIIVLOCK.
Pourtant de vous servir je me mets en mesure, Et je ne prendrai pas un seul denier d'usure.
antonio , étonné.
Vraiment?
SHTLOCK.
Chez un notaire, avec moi, vous viendrez, Et (pour nous divertir) chez lui vous écrirez Que, si tel jour la somme entre nous convenue Manque, je pourrai prendre à l'époque venue (C'est un jeu. car Shylock n'est pas un assassin) Une livre de chair autour de votre sein.
ANTONIO
Par ma foi, je souscris à la plaisanterie Et vous en saurai gré.
BASSANIO
Mon ami, je vous prie, Ne signez pas pour moi ce billet dangereux.
Bah ! cet engagement n'est pas fort onéreux, Car, ce soir, je reçois dix fois plus qu'il ne donne.
SHYLOCK
Père Abraham ! entends leurs propos et pardonne ! Qu'est-ce que ces chrétiens? comme avec dureté Ils cherchent des périls dans notre probité !
A Bassanio.
S'il ne me payait pas, où serait l'avantage D'avoir choisi sa chair et son sang pour otage? Qu'en ferais-je, et pourquoi ce bizarre marché Si de votre embarras mon cœur n'était touché ? C'est mal interpréter une offre très-louable.
A Antonio.
Signez donc ce billet s'il vous est agréable, Ou quittons-nous.
ANTONIO
Non! non! je signe.
SHYLOCK
Dans ce cas, J'irai souper et vais vous chercher vos ducats.
ANTONIO
Va! très-aimable juif.
BASSANTO.
Je crains cette promesse.
antonio. riant.
Non, c'est un saint: bientôt il entendra la messe.
Ils sortent tous deux.