‹ [Œuvres]Chapitre 108 sur 402 · LA M IT · texte numérisé non relu

LA M IT

GRATIANO; LORENZO rentre a droite de la scène; JESSICA rentre un moment, puis demeure dans la porte entrouverte, avec un chapeau d'homme sur sa tète et un manteau.

LORENZO

Mon beau-père le juif est décampé. — Suis-moi. Je promets. Gratiano, d'en faire autant pour toi, Si d'un enlèvement il te prend fantaisie, Et pour celle qu'alors ton cœur aura choisie

le forai sentinelle autant que l'on voudra, Courte échelle, embuscade, et tout ce qu'il faudra.

GBATIANO.

Je ne tarderai guère à te mettre à l'épreuve ; Pour un Vénitien ce n'est pas chose neuve Qu'aventure de femme et propos de muguet, Et près de la maison je vais faire le guet.

Il s'écarte de quelques pas, tandis que Lorenzo s'approche de la fenêtre.

LORENZO

Est-ce vous"?

jessica, derrière la porte.

Est-ce vous?

LORENZO

Moi.

JESSICA

Moi.

LORENZO

Qui, VOUS?

JESSICA

La juive Qui vous aime toujours.

LORENZO

Eh bien! qu'elle me suive, Je suis son bien-aimé.

JESSICA

Qui le prouve, seigneur, Et quels sont vos témoins?

LORENZO

Le ciel seul et ton cœur.

jessica. Elle lui donne sa main qu'il couvre de baisers. Oui, c'est vous, car quel autre en connaît le mystère? # — Quel autre sait que j'aime un homme sur la terre, Et que je viens ici me mettre en son pouvoir? Heureuse qu'il soit nuit, et qu'on ne puisse voir De quel déguisement je me couvre dans l'ombre ! Mais l'Amour est aveugle , et le ciel est bien sombre : Seule, je rougirai d'avoir pu m'oublier Jusqu'à prendre pour vous l'habit d'un cavalier. — Gardez cette cassette, elle en vaut bien la peine.

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