‹ [Œuvres]Chapitre 130 sur 402 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ANTONIO, BASSANIO. le geôlier.

BASSANIO

Voilà bien le coquin le plus dur qui jamais Ait vécu parmi nous.

ANTONIO

Laissons-le désormais, Car le prier serait une inutile chose.

Il veut avoir ma vie, et j'en sais bien la cause. A ce persécuteur j'ai souvent arraché Maint pauvre débiteur que je tenais caché, Et pour qui je payais. De la me vient sa haine.

BASSANIO

Le Doge voudra-t-il que cette indigne chaîne...

ANTONIO

Le Doge, mon ami, doit respecter la loi, Et lui laisser son cours est son plus bel emploi. Tout l'état souffrirait si nos mœurs inégales Otaient aux étrangers leurs sûretés légales. Son commerce est fondé sur le facile abord De chaque nation dans notre vaste port.

Riant aniLTcuiciit.

Ainsi donc, en prison. Mes désastres, ma peine, Jusqu'à ce soir, je crois, me laisseront à peine Cette livre de chair que veut mon créancier. Je suis anéanti ; venez, partons, geôlier.

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