‹ [Œuvres]Chapitre 147 sur 402 · LORENZO, JESSICÀ. PORTIA. BASSANIO, ANTONIO. NERISSA, GRATIANO · texte numérisé non relu

LORENZO, JESSICÀ. PORTIA. BASSANIO, ANTONIO. NERISSA, GRATIANO

PORTIA

C'est donc vous, voyageur?

BASSANIO

Moi-même, ou plutôt nous; Car, ma belle Portia, j'amène à vos genoux Antonio, mon ami : celui de qui la vie Était, et pour moi seul, par le juif poursuivie, Celui qui succombait pour un heureux absent, Celui qui rachetait mon bonheur de son sang, Le voilà !

PORTIA

Votre dette au moins est acquittée Envers votre ami? .

BASSANIO

Oui, car je vous ai quittée.

PORTIA

Sacrifice bien grand !

BASSANIO

Plus que vous ne pensez; Il me rend mieux justice et dit...

PORTIA

Assez! assez!

Cette comparaison est vraiment un blasphème. Vous n'êtes pas ici chez moi, mais chez vous-même, Monsieur; racontez-nous du moins votre procès.

gratiano, se disputant avec Xerissa.

Non, l'accusation est injuste à l'excès; C'est à ce jeune clerc que j'ai donné...

portia, continuant.

Quels hommes Vous troubleraient encor dans l'asile où nous sommes?

antomo, lui baisant la main. Vous l'ouvrez au malheur.

JESSICA

Et même aux bienheureux !

lorenzo, à Jessica.

Grâce à toi, douce enfant du plus dur des Hébreux....

portia.

Antonio, lisez-moi ces lettres, je vous prie ; Je les reçois pour vous à l'instant. Je parie Qu'elles n'annoncent rien qui vous doive affliger.

amonio. les ouvrant.

Eh! quoi, madame ! eh! quoi! savez -vous diriger La tempête, les vents, la Méditerranée?

Réglez-vous la saison et hâtez-vous l'année? Quatre de mes vaisseaux sont entrés dans le port! Après l'homme éloquent qui m'évita la mort, C'est à vous que je dois toute ma gratitude.

gratiano, continuant sa querelle avec Xerissa. 0 querelle de femme! 0 folle inquiétude! Reproche ridicule et petit! sot tourment! Débat d'enfant! soupçon de Mégère!

PORTIA

Eh! comment!

Là-bas une querelle?

GRATIANO

Oui, déjà, oui, madame, Me voilà querellé par ma future femme Pour une pauvre bague, un malheureux bijou Qui ne vaut pas le quart d'une obole ou d'un sou, Avec une devise, en vérité, moins forte Que celles des couteaux qu'aux enfants on apporte; C'était : Pensez à moi, souvenez-vous de moi! Deux cœurs brûlants percés d'un trait ! je ne sais quoi ! . . . Et c'est pour cela...

HERISSA.

Non, c'est une bagatelle

Page 1