‹ [Œuvres]Chapitre 148 sur 402 · ACTE ITT, SCENE XIV · texte numérisé non relu

ACTE ITT, SCENE XIV

Mais vous avez juré jusqu'à l'heure mortelle De conserver ce gage, et vous l'avez donné.

gratia.no.

Mais à qui donc? un clerc sans barbe, un nouveau-né, Une espèce d'enfant, pas plus haut que vous-même. Un petit bavard blond, d'une finesse extrême. Qui m"a tant demandé cet anneau, que, ma foi...

PORTIA

Franchement, Gratiano, c'est un manque de foi, Une atteinte au serment de l'amour conjugale. Je perdrais la raison pour une offense égale! Demandez à celui que j'aime s'il voudrait Renoncer à ma bague, et s'il la donnerait. bassanio , cachant sa main derrière le dos de Poriia

comme pour la caresser.

Je voudrais à présent que ma main fût coupée. Ce serait une excuse.

portia, pr enant la main de Bassanio malgré lui. Eh! me suis-je trompée'.' Ne l'avez-vous plus ?

BASSANI 0

Non. Si vous pouviez savoir Quel homme a votre bague, et voulut recevoir La bague seulement, et quelle fut ma peine A lui céder la bague, et combien était vaine Ma lutte pour garder la bague, vous verriez Que ce n'est pas ma faute, et vous vous calmeriez.

PORTIA

Si vous eussiez connu la valeur de la bague, Vous sentiriez l'excuse insuffisante et vague; Si la bague pour vous confirmait le bonheur, Vous porteriez la bague, et cela par honneur. Nerissa, nous verrons ma bague à quelque femme.

NERISSA.

C'est certain.

BASSANIO

Non vrai ment, sur l'honneur, non, madame; Il l'a fallu donner, c'est un juge qui l'a.

PORTIA

C'est un juge, monsieur? Eh bien! ce juge-là,

Croyez que ce n'est point une vaine menace, Puisqu'il a voire anneau, va prendre votre place.

NBRÎSSA, se tournant vers Gratiano.

Son clerc prendra la tienne, et ce sera bien fait.

GRATIANO

Si je l'y vois jamais, je lui dirai son fait.

portia, à Bassanio.

Je l'invite ce soir à m'apporter ma bague.

BASSANIO

Je l'invite ce soir à rencontrer ma dague.

nerissa, à Gratiano.

J'ai pour lui donner l'heure un billet de bon ton.

GRATIANO

Moi. pour papier son dos, et pour plume un bâton.

Que je suis malheureux de causer ces querelles!

PORTIA

Xe vous affligez pas trop gravement pour elles ; Vous qui savez si bien servir de caution, Donnez-lui cet anneau. Plus de précaution Et plus d'art à juger les traits de mon visage, C'est à quoi maintenant cette bague l'engage.

BASSANIO

C'est la mienne.

ANTONIO

Eh quoi!

PORTIA

Oui, la vôtre; car je fus Le juge, et Nerissa le clerc.

bassanio. lui baisant la main droit:

Je su s coi fus !

C'était vous Portia!

ANTONIO, lui baisant la main yauch-\ Trompeuse bienfaisance !

JESSICJ.

Absence bienheureuse !

GRATIANO

Adorable présence !

LORE.NZO.

Céleste ruse!

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