SAM TEL
Ma mémoire en est pleine , et fermée comme mon coffre-fort. Tout peut y entrer et y tenir, mais rien n'en sort. Je garderai donc votre secret ; mais vous ne la verrez pas.
borgia, il s approche pour entendre.
Depuis un mois à Pans, suis-je déjà épié par ces rusés jeunes gens?
Vous croyez l'aimer ?
FIESQUE
J'en suis, parbleu! bien sûr.
borgia, à Samuel, trés-bas.
Si tu lui réponds, tu es mort. (// se retire.)
216 LA .MARECHALE D'AINCRE.
fiefque, n'ayant rien remarqué .
Tu commenceras par prendre pour elle ce beau diamant, monté autrefois par Benvenuto Cellini.
Samuel prend le diamant, fait signe qu'il consent, et s'éloigne.
fiesque, les suivant.
Ensuite, tu m'attendras à ton cinquième étage...
Samuel se retire encore.
Et puis tu lui feras la leçon... Mais réponds donc.
Samuel lui fait un signe de silence en mettant la main sur la bouche, et sort.
Mais prends bien garde que madame la Maréchale n'en apprenne rien; je suis trop en faveur à présent pour risquer de me brouiller avec elle; entends-tu bien? Elle a des espions ; les connais-tu ?
Samuel se retire en faisant signe qu'il les connaît.
Eh! bien! coquin! répondras-tu?
Samuel s'évade, et Borgia se trouve nez à nez avec Fiesque. BOBGIA.
Je vous répondrai, moi, monsieur.
A quelle question, monsieur?
BORGIA
A toutes, monsieur.
FIESQUE
Eli bien! voyons pour votre propre compte. Qui ètesvous?
BORGIA
Ce que je vous souhaite d'être : un homme.
FIESQUE
Homme, soit; mais gentilhomme, tout au plus.
BORGIA
Noble comme le roi. J'ai mes preuves.
fiesque, lui tournant le dos.
Ma foi ! il faut que je les voie avant de croiser le fer. N êtes-vous pas un des serviteurs à mille francs du Maréchal? Quelle est votre place parmi ses amis9 la dernière?
BORGIA
La première parmi ses ennemis et les vôtres.