ROI'.GIA
Dites seulement que vous ne lavez jamais aime ; seulement cela, et je rends ces lettres à vous ou à lui,
LA .MARECHALE.
Lui rendrez-vous ces lettres?
BORGIA
Cela ne le sauvera que du roi ; mais je le ferai, je vous les rendrai à vous-même.
LA MARECHALE.
Elle s'approche de la porte, et l'ouvre pour ne plus être seule avec Borgia, el fait un geste pour appeler madame de Rouvres; puis revient, et lire de son seiu un portrait.
Voilà ma réponse, Borgia : c'est votre portrait.
Quoi! vous l'aviez gardé!
LA MARECHALE.
C'était pour vous pleurer. Maintenant, par pitié, ne m'en parlez pas! je vous le rendrais. Madame de Rouvres, amenez mes enfants!
Madame de Rouvres parait et sort à l'instant. La Maréchale se rassied, et prend la main à Borgia.
Asseyez-vous près de moi; calmons-nous. Ne me parlez pas, je vous en supplie, pendant un instant. Vous m'avez troublée jusqu'au fond du cœur : c'est une grande faiblesse à moi; mais vous reparaissez ici avec des souvenirs d'amour et des cris de haine ; les uns m'effraient pour moi , les autres pour ma famille. Écoutez , je ne suis plus à moi; je suis épouse, je suis mère; je suis amie d'une grande reine et comme gouvernante d'un grand royaume. J'ai besoin de toute ma force. Oh! par grâce . ne me l'ôtez pas en un jour. Dites vrai , dites tout. Je ne vous demande pas le nom des conjurés . mais seulement ce qu'ils doivent faire. Puisqu'enfin vous aviez voulu me sauver, que ne les avez-vous arrêt
BORGU.
Je le pouvais pour quelques heures, et je lai fait. C'est le temps que nous perdon? ainsi.
En sommes-nous donc là? Eh bien! ne pensez plus ;i me sauver, car il est trop tard.
niants entrent avec madame de Rouvres.
— Voici mes deux enfants : prenez-les tous deux en pitié.