ACTE 11 L SCENE IV
LE COMTE DE LA PENE, CIVCC HU'/iaîïCe.
Adieu, madame, adieu. Je vous remercie des bontés que vous avez eues pour nous.
Madame île Rouvres sort la tête baissée. LA MARÉCHALE.
Ah ! cette femme m'a fait trembler avec son air contraint et forcé. Tout ce que vous dites est vrai , je le sens; je sens qu'un grand malheur m'enveloppe; je vous connais, d'ailleurs, vous êtes du sang des Borgia. S» c'est vous qui avez résolu ce qui doit arriver, je sais que cela ne peut pas changer ; vos colères italiennes sont inaltérables. Vous et Concini, vous nourrissez une haine dont j'ai été la cause bien innocente. Mais n'importe ; si votre parti est pris, le mien l'est aussi. Comme il y a eu quelque chose de généreux à venir vous-même ici dire : Je vais vous perdre et j'ai conspiré avec vos ennemis, moi je vous dis : Vous êtes dans mes mains ; je pourrais vous faire arrêter. Mais vous vous êtes souvenu de votre amour pour m'avertir : je m'en souviendrai pour me confier à vous. — Voici les otages que je vous donne.
BORGIA
Quoi! les enfants de...
Oui, les enfants de Concini. Et si vous êtes un galant homme , vous les sauverez. Donnez-moi votre main , promettez-moi leur vie. Après moi et leur père, après vous-même, qu'on les donne à M. de Fiesque. Voilà ce que je veux; si je suis en péril de mort, vous le savez mieux que moi. Je n'y veux plus penser. Acceptez-les; nous voilà tous dans vos mains.
BORGIA
Eh! ne voyez-vous pas bien qu'après tout je suis venu pour vous revoir et vous sauver?...
On vient. Quelque nouvelle qu'on m'apporte , je compte sur votre parole.
Elle pose sur la table le portrait de Borgia qu'elle avait été de son sein.