SCENE X
LA MARÉCHALE, seule.
Elle tombe sur son fauteuil en pleurant.
Ah ! voilà le dernier coup... Trahie de tous côtés. Toujours trahie. Hélas! avec une existence entière.... une existence sévère , toute de sacrifice et de vertu , avez un moment de pitié!... 0 mon Dieu!... Ayez un
ACTK IV, SCENE \ir. 301
sourire ou une larme jour un souvenir bien peu coupable, et c'est assez pour tout perdre à jamais!
Elle se lève et se promène.
Quelle humiliation ! ô Seigneur ! quelle humiliation ! Certainement, cette femme une femme de rien! aura droit de me dédaigner. Et penser que l'homme qui nous aime le plus se fait si peu scrupule de nous tromper! Et pourquoi? pour arracher à une femme l'aveu quelle ne l'a pas oublié, l'aveu qu'elle est faible, qu'elle est femme! Ah! Borgia! Borgia ! c'est bien mal !
Elle pleure et tombe a genoux, elle crie.
Ah! prenez ma vie! prenez loute ma vie! vous m'avez déshonorée! Mais... ces pauvres enfants! mes pauvres enfants! mes enfants adorés ! qu'ont-i!s fait? Où sontils, mon Dieu? dites-le-moi!
Elle demeure à genoux par terre devant le fauteuil.