‹ [Œuvres]Chapitre 232 sur 402 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

On vient lui dire je suppose), on vient lui dire : « Jl » aime une autre femme!... » que soufîrira-t-elle?

Une torture affreuse! la mienne!

ISAHELLA.

La mienne? — Attendez. — On vient lui dire : « Il » est à ses genoux ! cette femme est charmante ! elle » est imposante et superbe ! »

Elle regarde la Maréchale plus fixement. LA MARÉCHALE.

De qui parle-t-elle?

isabella. poursuivant.

On lui dit : « Tous les deux se rient de vous : c'est » presque toujours ainsi que cela se passe. » Quand on lui dit cela, que devient-elle?... Quand on me dit cela?

LA MVRÉCHALE.

A vous?

isabella, se remettant tout à coup, et devenant froide

et sévère.

Eh bien! oui, à moi! Je le tiens d'un chanteur italien nommé Concini.

la maréchale, se levant.

Où est-il? où vous a-t-il parlé'/

ISABELLA

A mes pieds, à genoux, là !

Ah! c'est une fille perdue!

isabella, levant les bras au ciel, avec désespoir. Oh! oui, perdue!

Un mot seulement, et sortez ensuite. M. le maréchal d'Ancre est-il en péril de sa vie?

S'il est caché chez quelque femme mariée, ne mérite-t-il pas que le mari de cette femme aille le tuer ?

Vous l'accusez là d'un double crime!

ISABELLA

En parlerez-vous , vous qui séduisez le mari d'une autre femme?

LA MARÉCHALE, Sô levant.

Qui? moi! moi! Que voulez-vous dire? Vous a-t-on payée aussi pour m' insulter?

ISA BELL A

Et Borgia, qu'en dites-vous?

Quoi ! il était marié? — Oh ! quelle honte ! oh ! quelle fausseté ! Lui marié !

ISABELLA

Vous l'aimiez doue, et vous l'avouez?

la maréchale, d'une voix entrecoupée et avec dédain. Je ne m'en souviens pas ; et vous voyez que je le connaissais mal, car j'ignorais...

ISABELLA

Que j'étais sa femme?...

la maréchale, avec mépris.

Vous?...

Vous vous en souviendrez, à présent.

Elle veut sortir.

la maréchale, l'arrêtant par le bras.

Ah ! vous ne me quitterez pas ainsi ! Vous avez pu me dénoncer faussement; vous ou une autre, il fallait un faux témoin, peu m'importe : mais vous n'avez pas le droit de me croire humiliée devant vous. Je jure que....

ISABELLA

Tenez. Jurez par son portrait trouvé chez vous !

Elle lai montre le portrait de Borgia, et sort violemment.

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