PREMIER GENTILHOMME
Qui vivo?
PICARD
Garde bourgeoise !
Il s'approche tenant une lanterne et un portefeuille. — A M. île Tbiennes, Il salue.
Ah! monsieur de Tbiennes, je vous reconnais. Vous êtes à M. le maréchal d'Ancre, et je m'adresse à vous pour cela.
DE THIENNES.
Qu'avez-vous à faire à lui"?
PICARD
Je vous prie de lui rendre ce portefeuille qu'il a laissé tomber. Voici ce qu'il contient. Tenez. — Des bons sur tous les marchands de l'Europe. Tenez. Cent mille livres sur Benedetto de Florence. Cent mille sur le sieur Feydeau. Six, sept, huit, dix-neuf cent mille livres. — Et il sortait avec cela sur lui, dans sa poche! — Comme ça ! — Comme on y jette un doublon. Dixneuf cent mille livres! — J'aurais travaillé dix -neuf cents ans avant de les gagner. Et il en a peut-être neuf fois, vingt fois autant, s'il a pris seulement la fortune de tous ceux qu'il a fait pendre. — Toutefois voici le portefeuille. Si vous savez où est Concini, vous lui rendrez ça.
DE THIENNES.
Je lui dirai votre nom. Picard. Brave homme, vraiment. Brave homme.
PICARD
Je n'ai que faire qu'on le sache. H. de Thiennes; bien sur je n'en ai que faire. — J'ai pris la pique à regret, parce que je sens bien que l'on n'y peut attacher un de vos drapeaux sans s'en repentir, et qu'après