‹ [Œuvres]Chapitre 350 sur 402 · LIVRE MYSTIQUE · texte numérisé non relu

LIVRE MYSTIQUE

MOÏSE

Le soleil prolongeait sur la cime des tentes Ce- obliques rayons, ces flammes éclatante-. Ces larges traces d'or qu'il laisse dans les airs . Lorsqu'en un lit de sable il se coucbe aux déserts. La pourpre et For semblaient revêtir la campagne Du >teiile Néfoo gravissant la montagne,

fi MOÏSE.

Moïse, homme de Dieu, s'arrête, <-t, Bans orgueil, Sur le Nastc horizon promène un long coup d'œil Il voit d'abord Pbasga, que des figuiers entourent ,

Puis, au delà des monts que ses regards parcourent

S'étend tout Galaad, Épnraïm, Manassé,

Dont le pays fertile à sa droite est placé ;

Vers le Midi, Juda, grand et stérile, étale

Ses sablesoù s'endort la mer occidentale;

Plus loin, dans un vallon que le soir a pâli,

Couronné d'oliviers, se montre Nephtali;

Dans des plaines de (leurs magnifiques et calmes

Jéricho s'aperçoit, c'est la ville des palmes;

Et, prolongeant ses bois, des plaines dePhogoi

Le lentisque touffu s'étend jusqu'à Ségor.

Il \oit tout Clianaan, et la terre promise,

Où >a tombe, il le sait, ne sera point admise.

Il voit; sur les Hébreux étend sa grande main,

l'ids vers le baut du mont il reprend son chemin

MOÏSE

Or, des champs de Moab couvrant la vaste enceinte,

Pressés au large pied de la montagne sainte, Les enfants d'Israël s'agitaient au vallon Comme les blés épais qu'agite l'aquilon.

Dès l'heure où la rosée humecte l'or des sables

Et balance sa perle au sommet des érables,

Prophète centenaire, environné d'honneur,

Moïse était parti pour trouver le Seigneur.

On le suivait des veux aux llammes de sa tète..

ht, lorsque du grand mont il atteignit le faite,

Lorsque sou front perça le nuage de Dieu

Qui couronnait d'éclairs la cime du haut lieu,

L'encens brûla partout sur les autels de pierre,

El >ix cent mille Hébreux , courbés dans la poussière,

A l'ombre du parfum par le soleil doré,

Chantèrent d'une voix le cantique sacré;

Lt les fils de Lévi , s'élevant sur la foule ,

Tels qu'un bois de cyprès sur le sable qui roule,

Du peuple avec la harpe accompagnant les voix ,

Dirigeaient vers le ciel l'hymne du Roi des Rois

8 MOiSE.

Et, debout devant Dieu, Moïse ayanl pris place Dans le nuage obscur lui parlait l'ace à face.

Il disait au Seigneur « Ne tinirai-je pas.' Où voulez-vous encor que je porte mes pas Je vivrai donc toujours puissant et solitaire? Laissez- moi m 'endormir du sommeil de la terre. Que vous ai-je donc fait pour être votre élu? J'ai conduit votre peuple où vous avez voulu Voilà que son pied touche à la terre promise ; De vous à lui qu'un autre accepte L'entremise, Au coursier d'Israël qu'il attache le frein ; Je lui lègue mon livre et la verge d'airain

Pourquoi vous fallut-il tarir mes espérances , Ne pas me laisser homme a>ec mes ignorances

MOÏSE

Puisque «lu mont Horeb jusqoes au mont Nébo

Je n'ai pas pu trouver le lieu de mon tombeau ! Bêlas! ?ous m'avez, t'ait sai:e parmi le- sages! Mon doigt du peuple errant a guidé les passages .J'ai fait pleuvoir le feu >iir la tête des rois; L'avenir à genoux, adorera mes lois ; Des tombes des humains j'ouvre la plus antique, La mort trouve a ma voi\ une voix prophétique, •Je suis très-grand, mes pieds sont sur les nations Ma main fait et défait les générations. — Hélas! je sui-, Seigneur, puissant et solitaire, Laissez-moi (n'endormir du sommeil de la terre'.

Hélas ! je sais aussi tous les secrets des deux . Et vous m'avez prêté la force de vos yeux. Je commande à la nuit de déchirer ses voiles ; Ma bouche par leur nom a compte les étoiles, Et, dé> qu'au firmament mon geste l'appela, Chacune s'est hâtée en disant : Me voilà.

lu MOÏSE.

J'impose mes deux mains sur le front des nuages

Pour tarir dans leurs flancs la source des oragi

J'engloutis les cités sous les sables mouvants;

Je renverse les monts sous les aile> des vents;

Mon pied infatigable est plus fort que l'espace ;t

Le fleuve aux grandes eaux se range quand je pass

Ht la voix de la mer se tait devant ma voix.

Lorsque mon peuple souffre, ou qu'il lui faut des lois .

J'élève mes regards, votre esprit me visite;

La terre alors cbancelle, et le soleil bésite ,

Vos anges sont jaloux et m'admirent entre eux —

Et cependant, Seigneur, je ne suis pas heureux;

Vous m'avez fait vieillir puissant et solitaire,

Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre.

Sitôt que votre souflle a rempli le berger,

Les hommes se sont dit . 11 nous est étranger;

Lt leurs yeux se baissaient devant mes veux de llamnu

Cai ils venaient, hélas! d'j voir plus que mon amè*

MOÏSE

J'ai vu l'amour s'éteindre et l'amitié tarir, Les vierges se voilaient el craignaient de mourir M'enveloppant alors de la colonne noire, J'ai marché devant tous, triste et seul dans ma gloire Et j'ai dit dans mon cœur : Que vouloir à présent? Pour dormir sur un sein mon front est trop pesant. Ma main laisse l'effroi sur la main qu'elle touche, L'orage est dans ma voix , l'éclair est sur ma bouche; Aussi , loin de m'aimer, voilà qu'ils tremblent tons . Et, quand j'ouvre les bras , on tombe à mes genoux — O Seigneur! j'ai vécu puissant et solitaire, Laissez-moi m'endormir du sommeil de la terre.

Or, le peuple attendait , et, craignant son courroux Priait sans regarder le mont du Dieu jaloux ; Car s'il levait les yeux , les flancs noirs du nuage Roulaient et redoublaient les foudres de l'orage . Et le feu des éclairs, aveuglant les regards. Enchaînait tous les froids courhésde toutes parts

Il: moisi:.

Bientôt le haut du mont reparut sans Moïse. — Il fut pleuré. — Marchant wms la terre promise Josué s'avançait pensif, et pâlissant, Car il était déjà l'élu du Tout-Puissant

LA SOK l R 1) E S \\(i ES.

MYSTEEE.

f.'esl le serpent, dit-elle, je l'ai écoulé,

et il m'a trompée.

GERfeSI

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